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Covid-19Xi promet de partager un éventuel vaccin chinois

À l’ouverture de la réunion de l’OMS, le président chinois a fait la promesse de partager avec le monde le fruit de ses chercheurs qui s’activent pour trouver un vaccin contre le Covid-19.

Le président chinois Xi Jinping a assuré qu’un éventuel vaccin chinois contre le coronavirus serait un «bien public mondial». AFP
Le président chinois Xi Jinping a assuré qu’un éventuel vaccin chinois contre le coronavirus serait un «bien public mondial». AFP
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La Chine a promis lundi par la voix de son président Xi Jinping de partager un éventuel vaccin contre le nouveau coronavirus, à l’ouverture d’une réunion de l’OMS qui doit débattre des réformes nécessaires, après la pandémie qui a déjà fait plus de 315’000 morts.

«Espressos» de retour en terrasse en Italie, réouverture de la basilique Saint-Pierre à Rome et de l’Acropole à Athènes: l’Europe, continent le plus endeuillé, a aussi franchi lundi une nouvelle étape de son déconfinement.

Lançant la réunion de l’OMS, à laquelle prennent part lundi et mardi 194 pays en visioconférence, le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a jugé que le monde payait au «prix fort» des stratégies divergentes face à la pandémie.

Malgré l’escalade des tensions entre Washington et Pékin, les pays espèrent adopter par consensus une résolution portée par l’UE et demandant un «processus d’évaluation» des mesures prises par l’organisation face à la pandémie.

Le président chinois Xi Jinping a assuré qu’un éventuel vaccin chinois contre le coronavirus serait un «bien public mondial», en pleine rivalité américano-européenne sur un futur vaccin.

Dans un message vidéo, le président français Emmanuel Macron a également affirmé que si un vaccin est découvert, il devra être «un bien public mondial, auquel chacun devra pouvoir avoir accès».

Espresso en terrasse

M. Xi a réaffirmé souhaiter une «évaluation complète» de la réponse mondiale, mais seulement «quand l’épidémie sera enrayée».

Le chef de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, très critiqué par certains pays qui l’accusent d’être trop proche de la Chine, a promis lundi de lancer une enquête «indépendante» sur la réponse à la pandémie de l’agence onusienne et de ses États membres «le plus tôt possible au moment approprié».

Aux États-Unis, la société biotechnologique Moderna, l’une des plus avancées dans la course pour trouver un vaccin, a annoncé des résultats très préliminaires mais encourageants pour son vaccin expérimental chez huit volontaires, avant des essais à grande échelle prévus en juillet.

Dans l’attente d’un remède, le monde s’efforce de relancer des économies asphyxiées, même si le coronavirus progresse, notamment au Brésil, en Inde ou en Afrique du Sud, et que rôde le spectre d’une deuxième vague.

La Russie, deuxième pays dans le monde en nombre de cas détectés, a réussi à «arrêter la croissance» des nouvelles infections, a estimé lundi le premier ministre, qualifiant néanmoins la situation de «compliquée».

La situation est très variable selon les régions. Le président Vladimir Poutine reconnaissait ainsi lundi de graves difficultés au Daguestan, république pauvre du Caucase où les autorités ont admis des centaines de morts probablement des suites du Covid-19.

À Rome, dans le premier pays à avoir adopté un confinement total de sa population, les habitants ne boudaient pas leur plaisir de voir rouvrir commerces, cafés et terrasses, en dépit d’un temps maussade.

Cercles de distanciation

Un moment «positif»: Elena Quercia, une bijoutière romaine, déguste son café et une pâtisserie, attablée avec des amis sur une placette près du Campo dei Fiori.

Un peu plus loin, Raimondo Ricci, le patron du San Eustachio Il Caffe, accuse pour plaisanter son serveur d’avoir perdu la main après plus de deux mois d’inactivité: «Il ne sait plus ce qu’il fait !»

Autres symboles forts: la basilique Saint-Pierre au Vatican, fermée depuis le 10 mars, ainsi que l’Acropole d’Athènes ont également rouvert lundi.

Partout, des mesures de distanciation sociale sont en vigueur pour tenter d’éviter un rebond de la maladie. À New York, un parc de Brooklyn s’est ainsi doté de cercles géants permettant aux gens s’allonger dans l’herbe en sécurité.

Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel doivent pour leur part donner une conférence de presse lundi à 17h pour présenter une «initiative franco-allemande», alors que les 27 peinent à s’entendre sur une réponse commune face à la crise économique.

Celle-ci menace les moyens de subsistance de centaines de millions de travailleurs, selon l’Organisation internationale du travail (OIT).

«Retour à la normale»

Troisième économie mondiale, le Japon a confirmé lundi être entré à son tour en récession. Il a également annoncé fermer l’emblématique Mont Fuji aux randonneurs en raison du coronavirus.

Aux États-Unis, le patron de la Banque centrale, Jerome Powell, a estimé que la chute d’activité atteindrait «facilement les 20, les 30%», et que le chômage pourrait culminer à 20 ou 25%, dans un pays où la protection sociale est limitée.

Alors que le président Donald Trump plaide pour un rapide «retour à la normale», les trois géants américains de l’automobile reprennent la production lundi. Mais l’inquiétude reste grande sur les chaînes de montage où il est difficile de garder ses distances.

L’Inde a elle prolongé jusqu’à fin mai les mesures de confinement en vigueur depuis fin mars. Elle enregistre sa plus forte augmentation du nombre de cas quotidiens depuis le début de la crise.

«Rentrée masquée»

Les autorités de ce pays de 1,3 milliard d’habitants ont cependant évoqué des assouplissements pour «faciliter les activités économiques».

Comme l’Italie et la Grèce, plusieurs autres pays ont également poursuivi leur déconfinement lundi.

Certains collégiens français ont retrouvé les bancs de l’école, mais seulement dans les régions les moins touchées par l’épidémie.

En Belgique, où c’est également la rentrée, Paul Leblanc, proviseur d’un lycée d’Ixelles, près de Bruxelles, a accueilli ses élèves avec l’air du film Star Wars. «C’est une rentrée masquée», a-t-il rappelé.

Du Portugal à l’Azerbaïdjan en passant par le Danemark ou l’Allemagne, plusieurs autres pays ont rouvert lundi restaurants, cafés et terrasses, dont les fameux Biergarten, les brasseries en plein air de Bavière.

Les Allemands avaient déjà eu le privilège ce week-end de retrouver leur championnat national, premier à reprendre en temps de pandémie. Mais à huis clos.

AFP/NXP