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Lettre du jourVoitures électriques en question

LUCIEN FORTUNATI

Versoix, 31 janvier

La production totale d’électricité en Suisse en 2019 a été l’équivalent de 150 centrales hydrauliques telles que celle de Verbois à Genève. Pendant cette même période, la consommation du pays a été de 130 fois Verbois.

Il y a actuellement environ 6,2 millions de véhicules immatriculés en Suisse. On peut estimer que si 10% de ce parc était en circulation, ceci représenterait l’énergie électrique de 22 centrales. La consommation totale passerait ainsi à 152 fois Verbois.

Ce chiffre est approximatif et probablement en dessous de la réalité, toutefois l’ordre de grandeur est réaliste.
N’est pas comprise dans ce dernier chiffre la quantité importante d’électricité qui sera encore nécessaire aux futures installations de pompes à chaleur pour le chauffage. La consommation dépassera alors largement la production. Il faudra beaucoup de panneaux solaires, d’éoliennes, de surélévations de barrages hydrauliques et d’économies pour compenser ce manque d’énergie.

L’importation deviendra une évidence. L’origine de cette électricité ne sera pas facile à contrôler. Centrales à charbon, fuel lourd? Ils sont extrêmement polluants. La voiture électrique résoudra le problème de la pollution locale, mais pas celui de la pollution en amont, générée par l’extraction de métaux et terres rares pour les batteries et éléments électroniques. Le supplément de cuivre à extraire, indispensable pour les moteurs, et l’amenée du courant dans les stations-service, produira également des dégâts.

On estime qu’une petite voiture électrique devra rouler au moins 50’000 km pour compenser la quantité de CO2 et autres polluants qui auront été produits pour sa fabrication. De grandes régions, hors Europe, souffrent déjà de ces dommages collatéraux. Nous déplaçons ainsi le problème de la pollution. Il est étonnant qu’on ne parle que des avantages de ce type de véhicule. Le problème n’est pas simple, mais il serait bon d’y penser avant qu’on s’aperçoive que ce n’était peut-être pas la meilleure des solutions.

Pierre Schneckenburger

16 commentaires
    Dutac Autac

    Autre mode de propulsion bien moins polluant avec zéro émission de gazes d’échappement et de particules fines et dont on parle très peu : le moteur à hydrogène. Beaucoup de progrès ont été accomplis dans la recherche dans ce domaine apparemment et en particulier chez les constructeurs automobiles. Il pourrait venir complémenter voire supplanter les moteurs électriques dans un avenir pas si lointain.