Trat, ivre de la jungle et des traditions thaïes

ÉvasionMalgré ses villages de pêcheurs et ses îles luxuriantes, la province de l'est de la Thaïlande reste épargnée par le tourisme de masse.

Un bouddha doré surplombe le petit village de pêcheurs d’Ao Salad, sur l’île de Koh Kood.

Un bouddha doré surplombe le petit village de pêcheurs d’Ao Salad, sur l’île de Koh Kood. Image: Getty Images

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Du vert partout, ou presque. Le ferry a beau s’approcher du port d’Ao Salad, au nord de Koh Kood, l’île ressemble toujours à une masse végétale et sauvage. Jusqu’aux derniers hectomètres, jusqu’à ce qu’un immense bouddha doré ne vienne rompre l’uniformité de la jungle. La statue surplombe les cabanes de pêcheurs posées sur pilotis et, quelque part au milieu, un débarcadère. Koh Kood n’a presque rien montré mais elle a déjà tout dit. Située au sud-est de la Thaïlande, où celle-ci n’est plus qu’une bande de terre qui borde le Cambodge, la quatrième plus grande île du pays (162 km²) reste propriété de la nature. À l’image de la province de Trat, dont elle fait partie, Koh Kood est épargnée par le tourisme de masse. La région se trouve à une petite heure d’avion de Bangkok, mais elle n’est pas (encore) envahie comme Koh Samui ou Phuket.

Sur l’île, la route principale (pour ne pas dire l’unique route) fend la jungle sur les côtes nord et ouest pour desservir les villages de pêcheurs et quelques resorts éparpillés au bord des plages, dont certaines ont l’air d’être privatisées tant elles sont isolées. Les voyageurs qui viennent ici pour la vie nocturne risquent d’êtres déçus, à moins qu’ils apprécient la compagnie des animaux sauvages. En forêt, singes, oiseaux, araignées, grenouilles et serpents sont les véritables maîtres des lieux. Une sangsue parviendra même à nous subtiliser un peu d’hémoglobine. Le tableau peut rebuter mais Koh Kood mérite d’être explorée. Les rivières et les cascades qui rafraîchissent l’île sont d’ailleurs, avec les plages, ses principaux atouts. Klong Chao, par exemple, sa chute d’eau la plus réputée, est accessible par un court itinéraire balisé, et se jette dans une grande piscine naturelle où il est possible de se baigner. Attention tout de même à la météo, une nuit arrosée durant la saison des pluies (mai-octobre) peut déchaîner les flots des cours d’eau et rendre impossible tout plongeon.

Plonger dans les marchés

Mais revenons sur le continent, dans cette province de Trat où bat encore le cœur d’une Thaïlande authentique voire «ancestrale». Une Thaïlande qui vit essentiellement de la pêche et de la cueillette des fruits. Pour s’en imprégner, il faut flâner dans les marchés de la ville de Trat (capitale de la province éponyme). Des allées de petites roulottes et d’étals colorés aux odeurs puissantes qui invitent à goûter les fruits tropicaux comme le durian et le mangoustan ou à se rassasier avec un poulet ou une brochette de poisson frit.

Dans la rue, dans les restaurants de quartier ou chez les chefs réputés, la province regorge d’endroits pour bien manger. À Koh Kood, il faut par exemple dîner chez Benz’s, table en plein air et sur pilotis, accessible par la route ou la mangrove. Bien que rattaché à l’incroyable et très luxueux Soneva Kiri, le restaurant respecte les portefeuilles.

Il faut également partir à la rencontre de la communauté Ban Nam Chiao, à une dizaine de kilomètres au sud-ouest de Trat. Un village où bouddhistes thaïlandais et musulmans vivent ensemble de la pêche et de l’écotourisme. Le site présente un enchevêtrement de bicoques et de pontons au milieu desquels coule un large canal. Depuis le «pont du courage» qui l’enjambe, la vue s’ouvre sur toute la communauté: sa mosquée, ses toits de tôle et ses bateaux de pêche colorés. À l’aube, ces derniers glissent à travers la mangrove pour rejoindre la mer toute proche. Les pêcheurs jettent alors l’ancre pour attraper poissons et coquillages, certains capturés à la main, de l’eau jusqu’à la taille. «Cette communauté illustre le caractère authentique de la région, raconte notre guide. C’est un village de pêcheurs qui a conservé des traditions comme le tissage à la main du ngop, un chapeau en feuilles de palmier.»

Une culture ancestrale face à laquelle se dresse Koh Chang. Principal point touristique de la région, «l’île aux éléphants» est située quelques kilomètres au large de la zone où les pêcheurs de Ban Nam Chiao se mettent à l’eau. Koh Chang c’est la grande sœur de Koh Kood. Plus vaste (650 km²), recouverte d’une forêt tropicale au trois-quarts, très vallonnée et dotée d’une côte ouest qui déroule des plages à en décorer une agence de voyages. Depuis 1982, l’île fait partie, avec une cinquantaine d’autres, du parc national maritime Mu Ko Chang. «On y recense 70 espèces d’oiseaux et jusqu’à 40 animaux différents dont des tortues, des macaques, des cerfs, des pythons, raconte la guide. Il y a aussi beaucoup de récifs coralliens qui semblent mieux protégés que d’autres sites en Thaïlande.» Le spot est d’ailleurs très couru des amateurs de snorkeling et de plongée.

C’est le développement de l’industrie touristique (ndlr: Thaï Airways propose un vol quotidien et direct Zurich-Bangkok), déjà bien avancé à Koh Chang, qui différencie les deux îles. «Ça vient de sa taille, qui permet d’avoir une offre plus importante mais également de sa plus grande proximité avec le continent. Les petites îles comme Koh Kood sont moins bien desservies, seuls quelques ferrys permettent de s’y rendre», explique l’Autorité thaïlandaise du tourisme, qui a organisé ce voyage. (TDG)

Créé: 30.12.2018, 15h18

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Sur l'eau

La plupart des rivières et des canaux peuvent être parcourus en bateau ou en canoë, ce qui permet des excursions sauvages à travers la mangrove. (Image: Getty Images)

En forêt

Au cœur de la jungle se cachent un grand nombre de chutes d’eau. Souvent accessibles après de petites randonnées, elles se jettent dans des piscines naturelles où il est possible de se baigner. (Image: Getty Images)

A table

Dans la communauté de Ban Nam Chiao, les habitants préparent des plats traditionnels comme le «khao kriab yana», de petites galettes de riz cuites à la vapeur et à garnir de produits sucrés ou salés. (Image: Getty Images)

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