Stéphane Guex-Pierre: L'escalade du ridicule

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Stéphane Guex-Pierre: L'escalade du ridicule

Dans la nuit de dimanche à lundi, sur un réseau social bien connu, nous a été donné le curieux spectacle d'une Escalade "revisitée" à la sauce de certains partis. Le 11 décembre étant l'ouverture officielle de dépôt des candidatures pour le Grand Conseil et le Conseil d'Etat, des formations politiques ont littéralement fait le siège du Service des Votations pour obtenir l'insigne honneur d'obtenir un numéro de liste parmi les premiers. Les divers représentants de ces partis partageant sur leurs profils respectifs, qui le véhicule bloquant l'accès au bâtiment, qui un député bivouaquant devant la porte du bureau, d'autres posant triomphalement dans le hall d'entrée. Objectivement, cela a-t-il un sens ? Apparemment si l'on en croit cette folklorique ruée pour obtenir les premières places dans la brochure officielle des candidats. Cela aurait donc un sens. Pour les partis concernés. Mais vraisemblablement aucun pour les électeurs qui, j'en suis intimement convaincu, n'y accordent aucune importance. (...) La gesticulation n’est pas un programme, pas plus qu’elle n’est un bilan. Il faut redonner aux Genevois l’envie de vivre.

Alexandre de Senarclens: Ah, la belle Escalade ! (...) À travers ses symboles devenus incontournables, la célébration de l’Escalade nous ramène à l’essence même de notre histoire. Celle d’une ville qui, depuis le Moyen- ge, défend vaillamment son indépendance et sa spécificité. Ce fameux « esprit de Genève » – comme l’exprimait l’écrivain Robert de Traz – qui depuis bien longtemps confère à notre cité un prestige et un rayonnement sans commune mesure avec sa taille. Foyer de la Réforme au 16ème siècle, témoin privilégiée de l’émergence de l’imprimerie, havre de liberté pour les philosophes du 18ème siècle, Genève semble vouée à exercer une influence progressiste sur le monde qui l’entoure. Elle le confirmera en tant que berceau du droit humanitaire au 19ème, puis comme centre de la gouvernance internationale depuis bientôt 100 ans. Peu de villes jouissent d’une telle aura, c’est à la fois une chance et une force qu’il nous faut entretenir. À l’aube de nouveaux défis, Genève dispose de nombreux atouts pour façonner une fois encore les contours du monde de demain. (....)

Mauro Poggia: La femme, vue par Roger Köppel

C’est toujours avec le plus grand intérêt que je m’imprègne de la pensée profonde de nos élites, ce d’autant lorsque je me dis qu’elles marqueront l’opinion publique de leur remarquable analyse des sujets de société du moment, si d’aventure l’initiative No Billag devait trouver grâce aux yeux du peuple. J’ai donc été particulièrement attentif aux propos tenus par le brillant conseiller national UDC Roger Köppel, rédacteur en chef de la Weltwoche, propriété de son maître à penser Christoph Blocher. Ainsi, interpellé par la RTS sur les récentes déclarations de sa collègue de parti Céline Amaudruz, laquelle avait indiqué avoir été elle aussi victime à plusieurs reprises de gestes déplacés de parlementaires à Berne, le conseiller national le mieux élu du groupe UDC (c’est dire son rayonnement intellectuel) nous a soumis sa vision de la femme. Pour lui, une femme qui porte une jupe courte ou un haut moulant n’a pas à se plaindre de harcèlement. En d’autres termes, elle l’aura bien cherché. (...)

Anne Cendre: Une mort chasse l'autre

Il arrive que deux personnalités décèdent au même moment. L’une tue l’autre en quelque sorte. La chose est arrivée à la violoniste Ginette Neveu dont la mort a été éclipsée par celle du boxeur Marcel Cerdan. Ils se trouvaient tous deux dans l’avion qui s’abattit dans les Açores le 28 octobre 1949. On ne parla que de lui. Jean Cocteau mourut le lendemain du décès d’Edit Piaf, le 11 novembre 1963. Aux funérailles, comme pour Johnny, les foules innombrables suivirent la chanteuse plutôt que l’écrivain. L’élite d’un côté, le peuple de l’autre. La mort n’en fait qu’à sa tête. Tous les journaux et revues ont mis Johnny sur leur première page. Comme j’en faisais la remarque à la buraliste, elle répondit : « C’est la vie ! ». « La mort ? N’y pensons pas trop, car elle est trop prévue et la perspective manque d’intérêt », a écrit le poète Jean-Claude Pirotte, peu de temps avant son décès en 2014. (...)

Lise Wyler: Papier ou numérique

Il n'y aura finalement pas de guéguerre entre les livres imprimés et les éditions sur tablette numérique- C'est en tout cas ce que les professionnels affirment, libraires en tête. Et finalement, je suis bien d'accord avec eux. (....) Vous allez en librairie, vous humez l'air du temps, déchiffrez les titres, reconnaissez un auteur au passage. Surtout vous pouvez prendre le livre pour le feuilleter (avec précaution) et le reposer. Puis vous passez au suivant. Ces opérations vous font déjà plaisir et vous donnent un avant goût du bonheur que vous aurez lire. Devant tant de tentations, vous êtes incertain, hésitant et vous faite appel au libraire . Il vous oriente, répond à vos questions et vous recommande parfois tout autre chose, ce qui vous surprend. (...)

Maurice-Ruben Hayoun: Le «Kafka» de Saül Friedländer

(...) D’aucuns pourraient se demander ce que vient faire l’historien de la Shoah, du pape Pie XII et le IIIe Reich dans la littérature allemande du début du XXe siècle… Eh bien, ce n’est pas du tout une incursion indue dans un domaine qui n’est pas le sien. C’est que l’un comme l’autre, Kafka et Friedländer ont un lien constant avec la ville de Prague, l’un y a grandi, l’autre y est né, avant de fuir sa ville natale et de se réfugier à Paris après d’incessantes tribulations. Ce livre réussit à nous apprendre bien des choses nouvelles, ce qui est un tour de force… Friedländer consacre quelques sagaces réflexions à ce qu’il nomme l’homo-érotisme de Kafka. Certaines descriptions glaçantes du corps fané (le ventre mou, les seins flasques, le visage anguleux, etc…) de quelques vieilles prostituées tranchent avec d’autres déclarations où il dit clairement que la traversée de rues peuplées de péripatéticiennes l’excite… Pourtant, il reconnaît que ces visites ne l’apaisent pas. Ainsi, évoque-t-il avec une certaine agressivité la détresse d’une jeune prostituée en ces termes : …

Cédric Segapelli: Olivier Norek

Ayant entamé une carrière d’écrivain dans le domaine du polar, Olivier Norek est un lieutenant de police en disponibilité depuis quelques années et l’on peut parier qu’au vu du succès qu’il rencontre, il le restera probablement encore très longtemps. Nul doute d’ailleurs qu’il figurera parmi les célèbres auteurs populaires du roman policier ou du thriller, comme Thilliez, Chattam ou Minier auxquels il emprunte la même écriture convenue que j’ai pu parcourir avec Code 93, premier roman de la série du capitaine Victor Coste, dont j’ai abandonné la lecture après deux chapitres évoquant pour le premier, la sempiternelle scène gore d’examen médico-légal et pour le second, l’habituel réveil du flic buvant son café avant de se rendre sur les lieux d’un crime. Je suis donc passé à côté des aventures du capitaine Coste et de son équipe officiant dans le département de Seine-Saint-Denis et dont les enquêtes ont fait l’objet de trois romans assurant une notoriété grandissante pour un auteur faisant valoir des récits réalistes basés sur son expérience de policier. Néanmoins avec la parution de son dernier ouvrage intitulé Entre Deux Mondes, Olivier Norek a laissé de côté les protagonistes de la série Coste pour dépeindre la bouleversante destinée de migrants échouant dans la tristement célèbre Jungle de Calais. (TDG)

Créé: 12.12.2017, 16h06

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