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Une petite fille baptisée Clitorine

Rumeurs, bobards et ragots n’ont pas attendu les réseaux sociaux pour se répandre. Chaque week-end de l’été, une fake news millésimée.

Prénommer sa fille Clitorine: encore une belle fake news.
Prénommer sa fille Clitorine: encore une belle fake news.
GETTY IMAGEs

C’est une fillette que ses parents auraient espièglement baptisée… Clitorine. Ah, la bonne blague! Ou mieux: des jumelles nommées Vagina et Clitorine. Depuis une bonne quinzaine d’années, la rumeur de ces prénoms à lourde consonance anatomique fait frissonner les défenseurs des bonnes mœurs. Ma pauvre dame, voyez donc le laxisme dont notre époque fait preuve dans l’attribution des prénoms. Tout fout le camp. C’était mieux avant. Etc.

S’il n’est certes pas forcément confortable de s’appeler Clitorine ou Vagina toute sa vie, rien n’indique que quiconque ait eu à supporter ces fardeaux baptismaux. Comme souvent, les témoignages assurant l’existence de ces drôles de blazes s’avèrent flous autant qu’indirects. Genre: la voisine de la cousine de ma coiffeuse qui a entendu dire que l’institutrice avait eu une élève dans sa classe qui… Voyez l’écran de fumée.

Légende urbaine

En France, aucun acte d’état civil ne mentionne de Clitorine. Nulle personne ainsi nommée, y compris de manière usuelle, ne s’est jamais manifestée. Pourtant, quelques articles de la presse régionale attestent, un peu rapidement sans doute, de l’existence du prénom, en se référant à «L’anti-guide des prénoms, ou comment mettre du piment dans la vie de son enfant». Or, dans cet ouvrage, qui recense en effet les patronymes les plus improbables attribués dans l’Hexagone, les auteurs taxent précisément Clitorine de légende urbaine. Ils ont cherché, ils ont fouillé, ils ont investigué; nulle Clitorine en vue.

«Il y a autant de preuves de l’existence de Clitorine que de preuves de celle du yéti», assurent-ils.Mais la légende, elle, n’en a cure. Et continue de battre le pavé et de courir les comptoirs. Après tout, il n’existe pas de liste de prénoms autorisés en France. L’officier d’état civil ne peut refuser les trouvailles parentales, si loufoques soient-elles, à moins que «le prénom ne nuise à l’intérêt de l’enfant». Assedic, Merdive, Boghosse ou Nicotine nuisent-ils à l’intérêt du bambin? Sans doute pas, car ceux-là existent, pour de vrai.

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