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Le Noël laïc? Il se porte extrêmement bien, merci!

Andrés Allemand rappelle la pérennité des festivités liées au solstice d'hiver.

Non, la fête de Noël n’est pas en perte de sens. N’en déplaise à tous ceux qui, année après année, proclament que le consumérisme a eu sa peau. À les entendre, les adorateurs du dieu shopping auraient réussi à dévoyer sa véritable signification: la naissance de Jésus, le Messie, le Sauveur, lumière du monde. Avant de conclure avec mépris ou tristesse: «Ce n’est plus qu’une fête commerciale!»

Rien n’est plus faux. Aujourd’hui, à l’évidence, ce qui est au cœur de cette fête, c’est la réunion de famille, les plaisirs de la table, l’échange de cadeaux, la chaleur des liens humains qui réconfortent en plein hiver, dans le froid et les interminables nuits…

Et franchement, ce n’est guère nouveau. On le sait bien: de mémoire d’homme – et de femme – il y a toujours eu dans nos contrées une telle célébration, liée au solstice d’hiver, la date à laquelle la nuit est la plus longue, donc au moment où les jours vont commencer à reprendre le terrain perdu.

Bien avant que l’Église chrétienne ne songe à choisir une date stratégique pour célébrer l’anniversaire de Jésus, en l’occurrence le 25 décembre, les Romains en avaient fait le Dies Natalis Sol Invictus – jour de la naissance du soleil invaincu. Il était précédé des Saturnales, grandes réjouissances populaires au cours desquelles on organisait des repas, on échangeait des cadeaux, on plaçait des plantes vertes dans les maisons… Tiens, ça vous rappelle quelque chose?

«On le sait bien: il y a toujours eu dans nos contrées une telle célébration, liée au solstice d’hiver»

Bien sûr, on peut comprendre que des chrétiens regrettent de voir Noël perdre sa signification religieuse. On peut même le déplorer d’un point de vue strictement culturel. Les symboles qui gardent la cote aujourd’hui sont d’origine païenne (le sapin, la bûche) ou alors ils ont été laïcisés (le Père Noël).

Et bien évidemment, on est en droit de critiquer le consumérisme débridé, reflet de notre époque. Il n’est pas idiot de s’interroger sur notre propension à nous précipiter dans les magasins pour acheter des cadeaux, plutôt que de s’obliger à prendre le temps de concevoir des petites attentions et ainsi offrir un peu de soi…

Mais sur le fond, il n’en demeure pas moins que Noël, fête laïque, se porte très bien, merci! Des valeurs, elle en a conservé d’importantes. On pourrait même lui prêter, en ces temps de crise climatique, une paradoxale modernité. Parce qu’elle nous rappelle cette vérité têtue: nous restons tributaires des éléments. La nature s’invite dans les salons, même dans les familles les plus urbaines. Quant à la surconsommation, parce qu’elle est plus spectaculaire que le reste de l’année, elle nous fait enfin réagir, peut-être même culpabiliser un peu.

Qui sait, ce rappel débouchera-t-il sur de bonnes résolutions à Nouvel-An? Dans nos sociétés dites «individualistes», il n’est certainement pas anodin de réunir sa tribu ou encore d’offrir à ses connaissances un vœux tout simplement humain: Joyeux Noël!

Le Noël laïc? Il se porte extrêmement bien, merci!

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