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Lionel Buiret vient jouer de la musique au chevet de personnes immobilisées

Ce musicien de Saint-Oyens a créé l’Association Les Notes pétillantes pour offrir du réconfort.

Ce vendredi 23 décembre, lorsqu’on pénètre dans la chambre de Frieda Aigroz, le silence est pesant et la luminosité basse. Mais, dès que Lionel Buiret apparaît avec son accordéon et sa guitare, l’atmosphère se détend. Il est attendu comme le Messie. Deux minutes pour écarter le fauteuil roulant, relever la tête de lit et sortir les instruments de leur housse, et Lionel s’assoit sur son siège portatif au chevet de la vieille dame de 86 ans, immobilisée dans cette chambre de l’EMS de la Fondation Baud, à Apples, à cause de l’opération d’une hanche.

«Un petit Ländler?» propose l’accordéoniste, qui connaît les origines suisses allemandes de son auditrice. Dès les premières notes, le regard de Frieda s’illumine et se pose au loin, dans ses souvenirs. Après un morceau de Bach et Le petit paysan, la dame, qui a passé la majeure partie de sa vie dans une ferme de Vaux-sur-Morges, demande si Lionel peut jouer «l’hymne suisse allemand vaudois». Et le voilà parti pour la Schneewalzer

Des chansons colorées

Puis le musicien se tourne vers la voisine de chambre, saisit sa guitare et entonne des chansons françaises: La ballade irlandaise, de Bourvil, L’important c’est la rose, de Gilbert Bécaud, Le gamin de Paris, d’Yves Montand… des chansons douces qui contiennent toutes des images, des senteurs et des couleurs qui égayent la pièce. Mais il est déjà l’heure d’aller faire une autre visite. Lionel Buiret est chaleureusement remercié, et on se réjouit de le revoir. «Si on est encore là», lance Frieda, ragaillardie.

A l’étage en dessous, nous sommes reçus par Muguette Moret, qui a longtemps fait partie du chœur mixte L’Envol de Morges. Grand-mère de la triple championne suisse de tennis de table Rachel Moret, elle se réjouit de se retrouver dans le journal pour lui faire un peu concurrence au niveau médiatique.

Lionel Buiret entame son miniconcert par une chanson de Jean-Pierre Ferland, Je reviens chez nous, qui plonge aussitôt Muguette dans la nostalgie. Les larmes ne sont pas loin. Une fois l’air terminé, elle remarque: «C’était un peu la chanson mélancolique du chœur, que j’accompagnais au piano.» Puis on passe à Chez Laurette, de Michel Delpech, on poursuit avec Le métèque, de Georges Moustaki. Et, pour finir sur une note plus gaie, Lionel Buiret chante encore La ballade des gens heureux, de Gérard Lenorman. «Je suis gâtée», lance la Morgienne de 86 ans, le regard tout pétillant, clouée au lit à cause d’une satanée tique.

Déclic pour les souvenirs

Ces moments de partage musicaux privilégiés, le musicien de l’Association Les Notes pétillantes en propose régulièrement. «Pour ces personnes isolées, c’est d’abord une manière d’être reconnectées au monde extérieur, souligne Lionel Buiret. En plus, la musique permet d’amener de l’émotion et des souvenirs. Souvent, je leur demande de trouver le nom de la chanson ou du chanteur. Cela crée un déclic et tout s’enchaîne. Parfois, les gens qui ne se souviennent pas de ce qu’ils ont fait il y a dix minutes arrivent à chanter toute la chanson. C’est magnifique.»

Son expérience l’a d’ailleurs amené à animer un atelier de stimulation de la mémoire par des chansons à l’Unité Mémoire de l’Hôpital d’Aubonne. Il arrive aussi que Lionel Buiret soit appelé d’urgence au chevet d’une personne en fin de vie qui désire partir en musique. «C’est une approche délicate. Il faut essayer de comprendre où la personne en est. Parfois, on me demande de venir jouer à la cérémonie d’adieu. C’est une belle façon de rendre un hommage en musique.»

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