Passer au contenu principal

L’ e-sport genevois en quête de reconnaissance

Ce samedi se tient le Forum genevois du sport électronique. L’occasion de découvrir une discipline montante qui souffre encore des clichés véhiculés sur les jeux vidéo.

DR

Les clichés ont la vie dure. «L’image des jeux vidéo est lentement en train de changer, mais beaucoup de personnes continuent de percevoir les gamers comme des gens asociaux et en échec scolaire», constate Gregory Locatelli, membre du comité de la fédération Geneva e-sport. Afin de changer la perception des Suisses, la fédération faîtière des sports électroniques à Genève organise ce samedi 13 mai le premier Forum genevois du sport électronique, à l’Uptown (voir le programme). «Cette manifestation a vraiment pour but d’informer le grand public, souligne Gregory Locatelli, également responsable de l’organisation du forum. Il ne s’agit absolument pas d’une réunion de gamers. La toute première conférence s’intitule ainsi «l’e-sport pour les nuls».

La manifestation vise également à ouvrir les yeux des pouvoirs politiques, afin d’accéder, enfin, à la reconnaissance. Pionnière dans le domaine, la Ville de Genève soutient l’événement. «L’e-sport est un véritable phénomène de société, nous préférons l’accompagner que le nier», justifie Sami Kanaan, conseiller administratif en charge du Département de la culture et du sport. «Soutenir cette discipline, c’est aussi une façon de saluer la création genevoise dans le domaine du jeu vidéo, particulièrement vivace», poursuit le magistrat.

Reste à convaincre à plus large échelle. «En Suisse, l’e-sport n’est pas reconnu comme un sport à part entière, regrette Gregory Locatelli. Pour nous, il est très important d’être légitimés en tant qu’organisateur de compétitions sportives, afin de bénéficier du même traitement que les autres disciplines.» Un pas institutionnel que 23 pays ont déjà franchi, comme l’Italie ou la Finlande.

Des modules d’e-sport à la rentrée 2018

«La majorité des gens considère que la dépense énergétique et le fait de transpirer sont des critères fondamentaux pour définir un sport, explique Nicolas Besombes, doctorant en sciences du sport à l’Université Paris Descartes. Mais scientifiquement, ce n’est pas le cas et il existe des exemples contraires: les golfs ou le tir à l’arc, par exemple, sont reconnus comme étant des sports par les plus hautes instances olympiques, alors qu’ils ne nécessitent pas de dépense énergétique.»

Alors, dans ce cadre, pourquoi l’e-sport ne serait-il pas un sport comme les autres? «Il faut remplir quatre critères pour entrer dans la définition du sport, poursuit Nicolas Besombes. La pertinence motrice, la présence d’au moins un adversaire et l’existence de règles explicites sont les trois premiers. Mais le critère le plus déterminant, celui qui éloigne l’e-sport de cet adoubement, c’est la reconnaissance institutionnelle, variable selon les ministères et les pays. La question est donc avant tout culturelle.»

Le prochain pas en ce sens pourrait être fait prochainement. «Nous sommes actuellement en train de négocier l’insertion d’un module d’e-sport dans notre offre d’activités du mercredi après-midi, confirme Sami Kanaan. Nous espérons mettre cela en place dès la rentrée 2018. Cette pratique sera encadrée par des spécialistes qui possèdent de véritables compétences en termes de pédagogie et de prévention. Nous sommes d’autant plus enthousiastes que les différents acteurs que nous avons rencontrés ont parfaitement intégré la problématique de l’addiction au jeu.»

«C’est un énorme pas en avant!» se réjouit Gregory Locatelli. Cela pourrait prévenir certaines dérives». «Le surinvestissement dans les jeux vidéo peut s’avérer malsain. Il ne faut pas cacher que, parfois, cela crée une addiction et pose des problèmes, notamment aux plus jeunes, explique Loris Caggiula, manager du Servette Geneva e-sports (lire ci-contre). Disposer d’un encadrement permettrait de prévenir les risques.»

Le FC Bâle se lance dans l’e-sport

«L’intérêt grandissant des clubs de football professionnel pour l’e-sport va dans ce sens, poursuit Gregory Locatelli. En plus, cela nous offre une grande visibilité, notamment médiatique, qui contribue à changer l’image des jeux vidéo en Suisse.»

En effet, après le FC Saint-Gall en décembre 2016, le Servette FC en mars et le Lausanne-Sport en avril, le FC Bâle a annoncé hier, vendredi 12 mai, son intention de se lancer dans les sports électroniques. Et pour faire bonne figure, le club rhénan a engagé une star: Luca Boller, champion suisse sur FIFA en 2014. Ce dernier évoluait jusqu’ici dans une ligue professionnelle en Allemagne. Sur son site Internet, le FC Bâle explique que, contrairement à d’autres clubs de Super League, son équipe «virtuelle» sera active uniquement sur le jeu de football FIFA.

De quoi crédibiliser définitivement les sports électroniques en Suisse? Loris Caggiula le croit: «Les mentalités sont en train de changer. Pour les générations futures, cela sera beaucoup plus facile. Et c’est tant mieux. Tous les parents vont regarder leurs enfants jouer au football. Pourquoi cela ne serait pas le cas avec l’e-sport?»

----------

Kevin Renaud, le champion suisse

Ah, Las Vegas! Son désert, ses lumières et ses casinos… En juillet, Kevin Renaud découvrira la folie Vegas. Mais pas pour faire du tourisme. Pour la compétition. Le Genevois de 27 ans est qualifié pour les Evolution Championship Series (EVO) – l’un des plus grands tournois de sport électronique au monde. Une consécration pour le double champion suisse (2016 et 2017) de Super Smash Bros – un jeu de combat développé par Nintendo. «C’est le plus gros tournoi auquel je participe depuis le début de ma carrière, explique Kevin Renaud. Il va vraiment y avoir des joueurs incroyables, avec plus de 1000 compétiteurs venus du monde entier.» Pour parvenir à un tel niveau, Kevin Renaud a pris les manettes très tôt. «Mes parents n’étaient pas du tout opposés aux jeux vidéo. J’ai reçu ma première Game Boy à l’âge de 4 ans. A l’époque, je passais des heures et des heures sur Super Mario Land 2, un jeu que j’ai fait et refait. Ensuite, j’ai enchaîné avec toutes les autres consoles.»

Elève plutôt studieux, calme et discret, Kevin concilie aisément sa passion pour les pixels et sa scolarité. Du moins au début. «Après le Cycle, j’ai découvert Ragnarök Online, un jeu de rôle en ligne massivement multijoueur (MMORPG), et les choses se sont singulièrement compliquées, sourit le jeune homme. D’un coup, je suis tombé dans l’addiction. Je passais mes journées devant l'écran. Avec ce type de jeu, vous pouvez facilement sombrer parce qu’il n’existe pas de fin. Une partie peut durer, potentiellement, toute une vie! Forcément, Ragnarök a eu des conséquences: j’ai redoublé ma première année d’Ecole de commerce.»

A l’époque, la famille de Kevin s’inquiète pour lui. «J’étais timide, introverti, je ne prenais pas soin de moi. Bref, j’étais un peu le cliché du joueur geek qui ne sort pas de chez lui. Mon redoublement m’a fait comprendre que je ne pouvais pas passer autant de temps devant un écran et que je devais, aussi, me consacrer à mes études. Connaissant mon penchant pour la dépendance, j’ai décidé de ne plus toucher aux MMORPG. Je n’ai, par exemple, jamais voulu tester World of Warcraft, par peur de rechuter.»

Mais le vrai déclic viendra, paradoxalement, des jeux vidéo eux-mêmes et de l’e-sport en particulier. «Je joue depuis toujours avec un ami d’enfance. Lorsque nous avions 17 ans, un tournoi de Super Smash Bros Melee a été organisé à Genève. Nous nous sommes inscrits juste pour le fun, pour savoir quel était notre niveau. Sur place, nous avons rencontré plein de monde partageant notre passion. C’était génial. Nous nous sommes dits: «Pourquoi ne pas organiser notre propre tournoi?» C’est chose faite quelques mois plus tard. Les deux amis mettent en place un petit événement, 25 participants à tout casser. «Et j’ai gagné», sourit Kevin.

Ce jour-là, un joueur français, connu dans le milieu de l’e-sport, assiste par hasard à la performance de l’adolescent. Ebloui, il lui conseille de s’inscrire au tournoi international de Lyon qui se tient quelques semaines plus tard. «Comme je n’avais pas confiance en moi, j’ai beaucoup hésité. Et puis la veille de la compétition, j’ai sauté dans un bus.» Résultat: Kevin fini cinquième sur 120 concurrents. «Cela a constitué un tremplin pour ma carrière et un tournant dans ma vie. D’un coup, des gens ont commencé à s’intéresser à moi. Alors que je n’avais jamais été sûr de moi, j’ai pris conscience de ma valeur. Mis à part mon année de redoublement, les jeux vidéo ne m’ont apporté que du bien. Je leur dois tout ce que je suis aujourd’hui. Ils ont changé ma vie, en bien.»

Depuis, le jeune homme enchaîne les tournois en France, en Suède, en Allemagne ou ailleurs. «J’adore la compétition. Il y a une décharge d’adrénaline, exactement comme dans le sport», explique le gamer, qui se classe dans le top 50 européen. Une performance qui demande un entraînement sérieux. Au début, Kevin jouait en moyenne six heures par jour. Aujourd’hui, il ne tient plus la manette que deux heures au quotidien, conciliant sa carrière e-sportive avec un emploi à 100% pour La Tour Réseau de soins et une vie sociale et amoureuse épanouie. «J’arrive à trouver une belle harmonie entre tout ça. Les jeux sont ma passion et je n’arrêterai jamais. Mais j’ai une vie à côté. Et de toute manière, je ne gagne pas assez d’argent avec les compétitions pour vivre de l’e-sport.»

Pour autant, jouer à haut niveau continue de surprendre: «Mes parents sont très fiers de moi. Par contre, certains de mes amis ne comprennent absolument pas. Pour eux, les jeux vidéo restent un simple divertissement. Ils ne comprennent pas que j’y consacre autant de temps. J’essaie parfois de leur expliquer, mais cela reste assez compliqué. L’e-sport suscite encore beaucoup d’incompréhension, mais aussi de la curiosité. Il n’y a aucun jugement.» Pour Las Vegas, Kevin ne se fait pas d’illusions: «Mon objectif est de passer les poules. Cela peut paraître modeste, mais le niveau sera vraiment élevé.» BE.B.

----------

Loris Caggiula, le manager

L’e-sport suisse est peut-être en train de se professionnaliser. A l’image d’autres clubs de football prestigieux comme le Paris Saint-Germain (PSG) ou Manchester City, le Servette FC a créé, en mars dernier, une équipe d’e-sport. A sa tête: Loris Caggiula, nommé manager, à tout juste 22 ans. «C’est une grosse responsabilité. Il y a beaucoup d’attentes autour de ce projet. Il existe certainement des gens plus qualifiés que moi pour occuper ce poste. Mais je possède une expérience du terrain. Je suis un autodidacte.»

Comme beaucoup, Loris a pris les manettes assez jeune. «J’ai commencé à l’âge de 8 ans, avec la Game Boy. Je jouais alors à Pokémon. Mais je n’y passais pas tout mon temps. Au maximum trente minutes ou une heure par jour. J’ai vécu une enfance très classique de ce point de vue-là.» La famille de Loris n’est d’ailleurs pas du tout opposée à cette pratique: «Mon père est un gamer. Il jouait beaucoup à Battlefield, raconte le jeune homme. Mais en même temps, il m’interdisait de toucher aux jeux en ligne.»

Les choses se dégradent lorsque ses parents divorcent. «D’un coup, l’autorité paternelle a disparue et j’ai eu accès à tous les titres auxquels mon père m’empêchait de jouer. J’ai découvert alors les joies des MMORPG (ndlr: jeux de rôle en ligne massivement multijoueurs). Et je suis tombé dedans.» Dans la vie de Loris, cela se traduit par un décrochage scolaire et un repli sur soi: «Au Cycle, j’étais un peu le vilain petit canard. Le geek qui ne parle que de ça et que les autres mettent un peu à l’écart. Et ce n’était pas forcément injustifié: le surinvestissment dans les jeux est malsain.»

A la fin du Cycle, la découverte de l’e-sport, avec des jeux comme Call of Duty et Shootmania, va sortir l’adolescent de l’ornière. «Quand j’avais 15 ans, j’ai monté une première équipe amateur sur Internet, puis j’en ai rejoint d’autres, poursuit Loris. Malgré mon jeune âge, des gars de 30 ans me faisaient confiance, lorsque l’on participait à des tournois online. L’e-sport m’a permis de développer une pratique plus saine des jeux vidéo, moins axée sur le temps investit mais davantage sur la qualité.» Après le Cycle, Loris suit un apprentissage d’employé de commerce, enchaîne sur son service militaire, à Zurich, puis se retrouve sur le marché du travail. Problème: «Je n’avais absolument plus envie de travailler comme employé de commerce et j’ai traversé une grosse période de doutes.» Le jeune homme découvre alors Geneva e-sport. Plutôt que de chercher un emploi, il décide alors de prendre une année sabbatique, afin de devenir le responsable partenariats de la fédération cantonale genevoise d’e-sport. Dans le cadre de cette fonction, il participe notamment à l’organisation de la Naxoo Gaming Cup, avec l’agence de communication Mosh. «Grâce à cette expérience, j’ai obtenu un stage chez Mosh, où j’ai appris beaucoup de choses, notamment à mener à bien des projets.»

Le jeune homme développe ainsi l’idée de créer une équipe d’e-sport avec un vrai manager à sa tête et des entraînements professionnels. «L’un des problèmes du sport électronique en Suisse, c’est qu’il existe peu de structures semi-pro. J’ai voulu y remédier, en sollicitant des entreprises aptes à financer une tel encadrement.» Après plusieurs refus, le projet séduit le Servette FC, qui était déjà sur la piste du e-sport. «L’école vous formate afin que vous soyez apte à répondre aux demandes de la société. J’ai décidé de faire autrement en créant mon propre métier. Cela vaut, je crois, tous les risques.» Concrètement, Loris Caggiula et le Servette FC vont recruter dix personnes qui seront indemnisées à hauteur de 300 fr. par mois, sur trois jeux: Overwatch (6 joueurs), Rocket League (3) et Hearthstone (un). «L’objectif à court terme, c’est de mener ces équipes jusqu’au top suisse. Après, nous verrons si c’est possible de nous imposer à l’international.»

S’il a remporté le tournoi Overwatch lors de la Geneva Gaming Convention en 2016, Loris n’a jamais pratiqué l’e-sport à très haut niveau: «Ma carrière s’arrête un peu avant d’avoir commencé. C’est frustrant parce que j’adore jouer. Mais devenir manager est une opportunité extraordinaire.» De quoi convaincre ses proches que sa passion pour les manettes n’était pas aussi vaine qu’ils le croyaient: «Mes amis n’ont vraiment accepté mon acharnement pour l‘e-sport que lorsque j’ai signé au Servette FC. Avant, ils s’inquiétaient pour moi, me mettaient la pression pour que je trouve un «vrai» travail. Si ma vie était à recommencer, je ferais autrement, en assurant mes arrières, mais pour parvenir au même résultat.» BE.B.

----------

Nadir Laguerre, l’ancien pro

«En Suisse, je survole la compétition. Donc je ne joue plus tellement pour la performance. Juste pour le plaisir.» Nadir Laguerre, 25 ans, possède cette assurance qu’ont certains champions. Pas de l’arrogance, non. Mais cette vision qui permet de dresser des objectifs et de se donner les moyens de les atteindre. Sur Overwatch – un jeu de tir multijoueur développé par Blizzard – il a figuré un temps parmi les meilleurs compétiteurs mondiaux. «Disons dans le top 3, pour ne vexer personne», sourit-il. Puis il s’est retiré des tournois internationaux. Sans regret. «J’ai fait mon temps. Je suis très content de m’être engagé dans l’e-sport, d’avoir été pro pendant trois ou quatre ans, mais à un moment il faut passer à autre chose.»

Il faut dire que, pour Nadir Laguerre, les jeux vidéo n’ont jamais représenté une folle passion destructrice. «J’ai eu mon premier ordinateur très tard, vers 16 ans. Avant ça, je ne jouais pas.» Avec cette première machine, l’adolescent s’initie sur des titres en ligne comme Counter-Strike et Team Fortress 2. Il découvre alors un univers qu’il n’imaginait pas. «La communauté des gamers n’est pas celle que l’on croit ni celle qui est dépeinte. Beaucoup d’entre eux sont des gens bien insérés socialement et professionnellement, qui jouent le soir pour se détendre.» C’est ce type de personnes que Nadir rencontre lors de ses premières parties. Très vite des équipes se montent pour participer à des tournois en ligne. «Enfant, je faisais pas mal de sport, notamment du football et du tennis. L’esprit de compétition était déjà là.»

L’e-sport ne fera que le confirmer. Aux premiers concours en ligne s’ajoutent vite des LAN (les tournois d’e-sport) à Genève, Poitiers, Lyon ou Londres. «Au départ, nous y allons surtout pour nous rencontrer «in real life» (ndlr: dans la vraie vie), plutôt que pour la gagne, raconte Nadir. Comme je n’avais que 17 ans, il a quand même fallu convaincre mon père qu’il n’y avait pas de danger à me laisser partir voir des personnes âgées de 30 ou 35 ans, que je ne connaissais que sur Internet.»

Au fil des parties, Nadir tisse de véritables amitiés. «Le premier avril dernier, par exemple, j’ai été invité au mariage d’un proche que j’ai rencontré en ligne à cette époque-là. Mais je n’ai jamais joué pour compenser quoi que ce soit. J’ai toujours été très sociable et entouré d’amis proches. Je vois la communauté des joueurs comme un univers disruptif, à l’image d’Airbnb. Vous découvrez grâce à Internet des gens que vous n’auriez pas connu autrement. C’est une autre fenêtre sur le monde. Elle s’ajoute, mais ne remplace rien.»

Sur Team Fortress 2, l’équipe de Nadir atteint le haut niveau. Si bien que lorsque Blizzard finalise le successeur de ce jeu emblématique, ils font partie des heureux élus qui ont le droit de tester la préversion. «Lors des compétitions organisées sur la bêta d’Overwatch, nous avons battu la concurrence en remportant le plus grand tournoi de la préversion. A l’époque, je m’entraînais quatre heures par jour, généralement de 20 h à minuit, six fois par semaine. Le dimanche, c’était relâche.» Pour autant, cet investissement n’a pas d’impact sur ses études: «Je n’ai jamais été en rupture scolaire et je conseille toujours aux jeunes joueurs de ne pas lâcher leur scolarité. Si tu as un diplôme, tu es mieux parti dans la vie.» Après un bachelor à la Haute Ecole de gestion de Genève (HEG), Nadir poursuit actuellement un master en Business Administration, Management et Ingénierie des services. En parallèle, il est également maître assistant à la HEG.

Lorsqu’Overwatch a été commercialisé, l’équipe de Nadir reste dans le top 5 mondial pendant quelques mois. «Puis il a fallu prendre une décision: continuer à jouer à l’international ou arrêter, se rappelle le jeune homme. Le problème, c’est que parcourir le monde pour participer aux compétitions prend du temps et coûte cher. Avec mes coéquipiers, on a décidé de jouer à fond pendant un mois sept jours sur sept, pour essayer de trouver un sponsor capable de payer nos déplacements.» Mais le mécène n’est pas venu. Au bout de deux semaines de jeu intensif, Nadir raccroche la manette. C’était il y a un an. «Depuis, j’aide le manager de la meilleure équipe européenne, Rogue, qui s’est installé aux Etats-Unis. Et j’ai repris pour le fun avec une nouvelle team (Lausanne e-sport), mais uniquement sur les compets locales. On s’entraîne deux ou trois fois par semaine, deux heures à chaque fois.» Lors de la PolyLAN de Lausanne – la plus grande de Suisse – sa nouvelle équipe a détrôné les champions en titre, avec une remontée incroyable de deux manches à zéro jusqu’à une victoire 3 à 2. Pour la revanche, lors de Fantasy Basel fin avril, il n’y a même pas de match: 3 à 1, sans stress. «En Suisse, il n’y a plus rien à faire pour moi. Nous hésitons à passer à l’international, mais par expérience je sais que nous n’avons pas le niveau. Et puis avec mes études, mes amis, ma fiancée, je ne sais pas si j’aurais le temps. Ni l’envie.» BE.B.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.