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EPFL: la prise de décision est liée à la respiration

Selon des scientifiques de l'EPFL, nous sommes davantage susceptibles de prendre une décision volontaire au moment où nous exhalons.

Selon ces travaux de l'EPFL, le libre arbitre serait donc lié à la respiration.
Selon ces travaux de l'EPFL, le libre arbitre serait donc lié à la respiration.
Keystone

Des scientifiques de l'EPFL montrent que l'on est davantage susceptible de prendre une décision volontaire au moment où l'on exhale. Le libre arbitre serait donc lié à la respiration, selon ces travaux publiés dans la revue Nature Communication.

Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives sur un débat neuroscientifique et philosophique vieux de presque 60 ans à propos du libre arbitre, a indiqué jeudi l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) dans un communiqué.

«Nous montrons que les actions volontaires sont effectivement liées à l'état intérieur du corps. C'est tout particulièrement le cas avec le souffle et l'expiration», explique Olaf Blanke, auteur principal et titulaire de la Chaire Fondation Bertarelli de neuroprosthétique cognitive, cité dans le communiqué.

Ces résultats reposent sur le potentiel de préparation motrice (RP, pour «readiness potential»). On observe ce signal d'activité cérébrale non seulement avant les mouvements musculaires volontaires, mais aussi avant même que le sujet ne soit conscient de son intention d'effectuer un mouvement.

Avant tout acte volontaire

La mise en évidence au début des années 1980 du RP en tant que marqueur de l'action volontaire a fait sensation, puisqu'il apparaît systématiquement environ 200 millisecondes avant l'acte proprement dit.

Certains pensent qu'il démontre la nature illusoire du libre arbitre, du fait que le signal précède l'expérience consciente. De manière générale, cela remet en question la notion de libre arbitre et d'action volontaire telle qu'elle a été développée dans la philosophie de l'esprit, la psychologie, la culture ou encore le droit.

On comprend encore mal comment, dans le cerveau, nos 100 milliards de neurones travaillent ensemble pour aboutir à une décision, note l'EPFL. Ces nouveaux résultats suggèrent toutefois que l'origine du RP est connexe à la respiration.

Otages d'états corporels

Olaf Blanke et son équipe ont demandé à 52 sujets d'appuyer à volonté sur un bouton à Campus Biotech à Genève. Un électro-encéphalogramme relevait l'activité cérébrale, une ceinture autour de la poitrine mesurait la respiration et l'activité cardiaque était enregistrée.

Les scientifiques ont découvert que le RP et l'action volontaire (appuyer sur le bouton) sont liés aux états corporels internes – le cycle régulier de la respiration – mais pas au rythme cardiaque, notamment.

Les participants initiaient plus fréquemment une action volontaire en exhalant qu'en inhalant, tout en restant totalement inconscients de ce couplage respiration-action. Selon Hyeong-Dong Park, premier auteur de ces travaux, «le RP ne correspond plus uniquement à l'activité corticale qui prépare de manière inconsciente l'action volontaire. Le RP, au moins partiellement, répond au processus cortical lié à la respiration et couplé à l'action volontaire».

«Plus globalement, cela suggère que les contrôles moteurs de plus haut niveau, comme les actions volontaires, sont déterminés ou affectés par les actions motrices involontaires et cycliques de nos organes internes, en particulier les poumons», ajoute le spécialiste.

Selon les chercheurs, cela pourrait n'être qu'un exemple parmi d'autres de ce genre, où les actions de libre arbitre sont otages d'états corporels et du traitement des signaux internes par le cerveau.

(ats)

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