L'éléphant d'Afrique est menacé à court terme

Trafic d'ivoireLa lutte contre la corruption et la pauvreté sont primordiales pour éviter une disparition rapide de l'éléphant d'Afrique à l'état sauvage.

Des défense d'éléphants détruites après saisies auprès de trafiquants d'ivoire.

Des défense d'éléphants détruites après saisies auprès de trafiquants d'ivoire. Image: ARCHIVES/AFP

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L'éléphant d'Afrique pourrait avoir disparu à l'état sauvage d'ici une à deux décennies si des mesures très énergiques ne sont pas prises immédiatement, ont averti ce lundi 23 mars des experts réunis au Botswana. La lutte contre la corruption et la pauvreté sont primordiales.

L'abattage illégal est le fait de syndicats du crime très organisés «qui tirent profit des conflits, des désordres sociaux et de la mauvaise gouvernance» pour prospérer, a déclaré en ouverture des débats le représentant le ministère botswanais de l'Environnement, Elias Magosi.

Cette réunion est la deuxième sur le sujet. Il y a une année, les Etat africains s'étaient engagés à Gaborone à mettre en place quatorze mesures «urgentes», dont la classification du braconnage en «crime grave», la mise en place de mécanismes internationaux de lutte et l'implication des communautés locales dans les efforts de conservation.

Corruption et pauvreté

Les délégués étaient réunis lundi pour faire le point sur la mise en place de ces mesures. Et prendre «des engagements au plus haut niveau politique pour protéger effectivement les éléphants et réduire de façon significative le rythme du massacre», a souligné Elias Magosi.

Et parmi les promesses de Kasane devait également figurer la tolérance zéro contre la corruption. Car, dans une étude fouillée, le délégué de la CITES (Convention internationale sur le trafic des espèces en danger) Julian Blanc a montré la corrélation directe entre le niveau de corruption et le niveau de braconnage des éléphants.

Par ailleurs, a-t-il noté, «dans les endroits où l'on observe les taux les plus élevés de mortalité infantile humaine, nous avons aussi observé les niveaux les plus élevés de braconnage des éléphants». Preuve, dit Julian Blanc, que la lutte contre la pauvreté «est une composante essentielle de la conservation des éléphants», si l'on veut éviter que les communautés rurales ne deviennent le bras armé des réseaux internationaux de trafic.

Taux de natalité insuffisant

Le comptage des éléphants en Afrique n'est pas une science exacte, mais il restait 470'000 individus à l'état sauvage en 2013, contre 550'000 en 2006, selon les chiffres retenus à la conférence de Kasane. Au rythme de 25 à 30'000 animaux abattus par an, la mortalité surpasse désormais le taux de natalité de cet animal, qui n'a qu'un petit à la fois, après une gestation de 21 mois.

Autrement dit, si la tendance se poursuit, l'éléphant d'Afrique est condamné à mort. Le déclin est déjà particulièrement net en Afrique de l'Est, au Kenya et en Tanzanie.

Chine et Thaïlande en destinations finales

Des cartes des «routes de l'ivoire», élaborées par l'association TRAFFIC - spécialisée dans la traque des exportations illégales d'espèces menacées - montrent d'ailleurs clairement que c'est par les ports ou aéroports kenyans et tanzaniens que la plus grande partie de l'ivoire de contrebande quitte l'Afrique.

«L'or blanc» transite généralement par la Malaisie, le Vietnam, les Philippines ou Hong-Kong, avant de gagner ses destinations finales, la Chine essentiellement, et la Thaïlande. Là, les défenses d'éléphants abattus deviennent des bijoux, des objets d'arts ou des sculptures, très prisées des riches Asiatiques.

Pour produire ne serait-ce que 250'000 bracelets d'ivoire, a noté Tom Milliken, le représentant de TRAFFIC à la conférence, il faut plus de 11 tonnes d'ivoire, soit environ 110 éléphants. (ats/nxp)

Créé: 23.03.2015, 12h55

30 éléphants massacrés

Trente éléphants ont été abattus en à peine deux semaines dans le Parc national de la Garamba, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), près de la frontière sud-soudanaise, ont annoncé ce lundi 23 mars les gestionnaires du Parc. Parmi les principaux suspects du massacre figure un groupe de braconniers soudanais, a expliqué Jean-Marc Froment, directeur chargé de la Conservation d'African Parks, une ONG qui cogère le Parc de la Garamba avec l'Institut congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN).

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