Continuer la lutte contre les mutilations génitales

SuisseLe Réseau suisse contre l'excision veut prolonger son engagement à plus long terme. La Confédération qui a financé jusqu'ici ce projet doit décider de sa reconduction ou non.

Les femmes et jeunes filles concernées proviendraient surtout d'Éthiopie, d'Érythrée, de Somalie et d'Égypte.

Les femmes et jeunes filles concernées proviendraient surtout d'Éthiopie, d'Érythrée, de Somalie et d'Égypte. Image: @ UNICEF

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

En Suisse, 15'000 jeunes filles et femmes sont menacées de subir une mutilation génitale féminine ou l'ont déjà subie. Le Réseau suisse contre l'excision créé en 2016 jusqu'à fin 2019, juge nécessaire de prolonger son engagement à plus long terme.

Ce projet est financé par le Secrétariat d'État aux migrations et par l'Office fédéral de la santé publique. «Nous sommes en contact avec les responsables fédéraux», a expliqué à Keystone-ATS la responsable du projet. Denise Schwegler espère que le projet pourra se poursuivre - son ampleur et sa durée restent toutefois des questions ouvertes.

Une décision devrait tomber d'ici le milieu de l'année. Selon elle, la Confédération ne fait pas mine de vouloir laisser tomber le Réseau. Elle lance son appel à l'occasion de la Journée internationale de tolérance zéro à l'égard des mutilations génitales féminines.

Programme Migration et Santé

Le Réseau suisse contre l'excision a été mis sur pied par Caritas Suisse, Terre des Femmes Suisse, Santé sexuelle Suisse et le Centre suisse de compétence pour les droits humains. Son financement est assuré par le biais du Crédit fédéral d'intégration dans le cadre du Programme Migration et santé.

La Suisse est aussi touchée par la problématique des mutilations génitales. Elle a élaboré en 2012 sa propre législation pour pénaliser ces pratiques ancestrales. Mais l'interdiction pénale ne suffit pas: afin de briser le tabou, il faut mener un important travail de sensibilisation auprès des communautés migrantes touchées.

Le Réseau suisse contre l'excision offre une large palette de services et de conseils aux femmes concernées, mais aussi aux professionnels au prise avec cette problématique. Plus de 1000 experts issus des domaines du social, de l'asile ou de la santé ont été formés jusqu'à présent.

Au milieu des communautés concernées

Le réseau travaille également avec une cinquantaine d'hommes et de femmes qui organisent régulièrement des événements dans les communautés pour parler des conséquences de l'excision. Entre avril 2016 et octobre 2018, 66 rencontres ciblées sur la prévention ont eu lieu, a précisé Mme Schwegler. Plus de 1200 hommes et femmes y ont participé.

Le réseau gère aussi une page web en six langues qui a été visitée plus de 25'000 fois depuis mai 2017. Des points de contact régionaux sont également à disposition pour permettre aux personnes concernées de trouver rapidement de l'aide.

Les femmes et jeunes filles concernées sont surtout des réfugiées provenant d'Éthiopie, d'Érythrée, de Somalie et d'Égypte. Denise Schwegler regrette que le nombre de femmes concernées en Suisse ne repose que sur des estimations. Il n'existe pas de recensement systématique ni dans les hôpitaux ni auprès des Autorités de protection de l'enfant et de l'adulte. (ats/nxp)

Créé: 05.02.2019, 10h34

Quatre catégories de mutilations sexuelles

Clitoridectomie: l'ablation partielle ou totale du clitoris (petite partie sensible et érectile des organes génitaux féminins) et, plus rarement, seulement du prépuce (le repli de peau qui entoure le clitoris).

Excision: ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres (qui entourent le vagin), avec ou sans excision des grandes lèvres.

Infibulation: rétrécissement de l'orifice vaginal par la création d'une fermeture, réalisée en coupant et en repositionnant les lèvres intérieures, et parfois extérieures, avec ou sans ablation du clitoris.

Autres: toutes les autres interventions préjudiciables au niveau des organes génitaux féminins à des fins non médicales, par exemple, piquer, percer, inciser, racler et cautériser les organes génitaux.

Source: ONU

Articles en relation

Mère condamnée pour des excisions sur ses filles

Boudry (NE) La mère de famille somalienne, qui réside dans le canton de Neuchâtel, qui a poussé ses enfants à subir des mutilations génitales, a écopé du sursis. Plus...

Une médecin inculpée pour mutilations génitales

Etats-Unis L'inculpation d'une urgentiste, dans le nord américain, pour avoir excisé plusieurs fillettes, est une première aux USA. Plus...

«Rien ne peut justifier l'excision»

ONU Aucun motif lié au développement, à la religion ou à la santé ne justifie les mutilations génitales féminines, a affirmé jeudi le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Plus...

«Les mutilations génitales restent un sujet tabou»

Droits humains Le 1er juillet 2012 le code pénal suisse réprimera les mutilations génitales. Et les personnes qui envoient leurs filles à l’étranger pour subir ce genre de pratiques seront condamnables. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Après l'accord avec l'UE, Johnson doit convaincre le Parlement
Plus...