Passer au contenu principal

Pascal Holenweg: Ce virus est altermondialiste et écosocialiste

Nouvelle édition de notre revue des blogs publiés sur le forum blog.tdg.ch de la Tribune de Genève. Pour consulter les blogs cités, cliquez sur leur titre ci-dessous. Les blogueurs apprécient les commentaires. Merci d'être concis, courtois, pertinents et de signer votre envoi. Pour retrouver les blogs sur les smartphones et les tablettes, sélectionnez la rubrique Vivre! Pour créer un blog, faites acte de candidature à blog@tdg.ch.

Pascal Holenweg: Ce virus est altermondialiste et écosocialiste

(...) Comment ne pas être tout ébaubi devant cette belle solidarité animale pour niquer le prédateur ultime (nous), cette union du sous-prolétariat animal contre l'espèce dominante, du 99 % contre le 1 % ? Et devant l'effet que cet interspécisme (version vegan de l'internationalisme) produit : une belle remise en cause de la mondialisation capitaliste (la Chine à l'arrêt, c'est la pénurie de masques de protection, de composants d'ordinateurs et de téléphones,... et de médicaments), du productivisme, de la déforestation, de l'étalement urbain (...). Et plus subtilement, un test grandeur nature de notre adhésion au "vivre ensemble" et de notre capacité à ne pas voir a priori dans tout autre, notre voisin de tram, de file, de cinéma, de manif, une menace… Ce virus est donc, incontestablement altermondialiste et écosocialiste, carrément. Et même un chouïa vegan. Une manif de soutien au pangolin accusé d'être à l'origine de l'épidémie devrait s'imposer, (...) En attendant, lisons ou relisons "La Peste" de Camus. Et adoptons un pangolin. (...)

Sylvain Thévoz: Le virus ou la vie ?

Premier enseignement : avec la déforestation, l’urbanisation et l’industrialisation effrénées nous avons offerts à des microbes des moyens d’arriver jusqu’au corps humain et de s’y adapter. Deuxième enseignement, la crise nous oblige à réfléchir rapidement aux dimensions imbriquées et interdépendante de nos économies, qui les rendent très (trop) fragiles et exposées. Troisième enseignement : elle concerne la manière dont nous nous relions les un-e-s aux autres, et nous comportons socialement les un-e-s envers les autres. (...) Une chaîne de grande distribution annonce que leurs stocks de raviolis en boîte sont épuisés, tout comme le sont les réserves de masque dans les pharmacie, alors que des soignant-e-s en manquent. Le plus grand péril de ce coronavirus n'est pas de l'attraper, mais qu'il nous isole et nous déshumanise avant même de nous atteindre. Égoïsmes, peurs paniques, esprits de fermeture. La pandémie qui guette est celle du repli paranoïaque sur soi. (...) Et si on enlevait nos masques plutôt que d'en rajouter?

Vincent Schmid: Une épidémie révélatrice

Une leçon pour les économistes dans la mesure ou un net coup d’arrêt semble avoir été donné au processus de mondialisation. Après avoir délocalisé et désindustrialisé à tour de bras, on a laissé la Chine devenir l’atelier du monde. Au prix d’une dépendance qui pourrait devenir dangereuse, car la Chine est notre principal fabricant de médicaments… Pour des raisons stratégiques, il faudra bien envisager de relocaliser, quitte à payer nos produits pharmaceutiques plus chers. Une leçon pour certains rêveurs écologistes qui n’hésitent pas à déifier mère Nature. Le virus étant aussi un produit de la Nature certifié bio, il apparaît que cette dernière peut très rapidement se transformer en marâtre menaçante pour l’être humain. (...) Une leçon pour les politiques (...) Une leçon pour les moralistes aussi. Hélas, nous avons l’occasion de vérifier à quel point ce que nous appelons la civilisation est un vernis fragile. (...) Qui sommes-nous ? Une conscience de soi sous le regard de la mort. Précieuse finitude en vérité qui nous oblige à faire le point sur nous-même et en nous-mêmes. On n’a jamais fini d’apprendre à vivre et cette épidémie nous offre une opportunité précieuse d’apprendre à nouveau. C’est encore une fois l’Ecclésiaste qui a raison : Au jour du bonheur, réjouis-toi, au jour du malheur, réfléchis !

Guy Mettan: Retour sur l'interview d'Assange en 2015

Mars 2015. C'est un Julian Assange à la fois marqué et combatif qui nous accueille dans la petite salle de réunion de l'Ambassade d'Equateur à Londres. Les cheveux blonds ont blanchi, le visage s'est arrondi. Les deux ans et demi de réclusion involontaire dans une minuscule chambre au rez de chaussée de cet immeuble cossu, à deux pas du célèbre magasin de luxe Harrod's, ont fait leur effet. A force de vivre presque à ras du trottoir et à hauteur des bobbies faussement flegmatiques qui gardent les fenêtres et les entrées, comment aurait-il pu en être autrement? Les yeux sont vifs et le ton est rieur. 33 mois de garde à vue n'ont pas altéré l'humeur. (...) Assange n'a pas subverti la morale hypocrite de l'empire britannique, il n'a pas conquis l'Arabie, il n'a pas brisé le code secret des nazis. Mais il a fracassé la loi du silence, la puissante omerta qui dissimulait les turpitudes des démocraties, des banques ou des entreprises lorsqu'elles trahissent leurs valeurs pour mieux servir leurs intérêts. Avec Wikileaks, il a créé un modèle nouveau de transparence. Quitte à payer, comme les autres, le prix fort. On aime ou pas, mais lui aussi fera date dans l'histoire. Entretien (...)

Daniel Warner: Will the Coronavirus Finally Bring Down Trump’s Virtual Presidency?

The “pussy video” didn’t do it. The Stormy Daniels’s revelations didn’t do it. The Mueller investigation didn’t do it. The impeachment trial didn’t do it. The cruel handling of children and the desperate at the border didn’t do it. The unrevealed tax returns didn’t do it. Will Donald Trump’s handling of the coronavirus epidemic finally burst the bubble of the Trump presidency and restore an element of reality to the United States? Will the coronavirus finally bring down Trump’s virtual presidency? When is enough enough? (...)

Claude Bonard: Les procureurs au petit pied ont le vent en poupe

A lire tout ce que je lis depuis quelques jours, il me semble que les descendants de Fouquier-Tinville se multiplient. (...) Je ne savais pas que l'accusateur public de la Révolution avait tant d'adeptes de nos jours. Dénoncer, critiquer, mépriser, se moquer, vilipender, rabaisser, sans même savoir, avec un jugement péremptoire, semble être très tendance de nos jours. Bref, Fouquier-Tinville, tes disciples d'ici et d'ailleurs ont de beaux jours devant eux et c'est tout sauf réjouissant.

Rémi Mogenet: La tradition du merveilleux moral

J’ai parlé, ailleurs, du livre de Laurent Gaudé appelé La Mort du roi Tsongor, pour dire qu’il avait choisi un merveilleux comportemental: les personnages agissent d’une façon symbolique et cela crée une forme de poésie. Mais c'est irréaliste: cela relève du même irréalisme reproché par Flaubert à Hugo dans Les Misérables. Gaudé, du reste, imite beaucoup Hugo, jusque dans son style. Le merveilleux authentique place le monde spirituel derrière toutes les actions humaines: pas seulement les actions d'éclat auxquelles les Anciens reconnaissaient une divinité présente. Un Cicéron, par exemple, assure que seules les actions vertueuses ont une portée spirituelle: elles emmènent vers l'éternité de l'Olympe; quant aux autres, elles restent sur Terre - mais n'emmènent pas en Enfer: il n'y croyait pas. En cela, il s'opposait même aux Grecs, finalement plus proches des chrétiens médiévaux. (...) Victor Hugo a essayé de faire un mélange de merveilleux chrétien et de doctrine romaine, en inventant que tout le monde ira au Paradis, finira dans le sein de Dieu. C'est difficile à croire. (...)

Catherine Armand: Les origines

L'élu et candidat vert en Ville de Genève Omar Azzabi a été récemment pris à partie par l'élue PLR Florence Kraft-Babel car il osait remettre en question le projet du parking des Clés de Rive. N'étant pas né dans cette ville ni genevois "de souche", cette dame lui reniait la légitimité de s'exprimer sur la question. Comme Omar, je suis arrivée en Suisse dans mon enfance, en 1970. Je suis née à Marseille, dans une famille de pieds noirs d'Algérie. Je n'aurais donc aucune légitimité non plus pour donner mon avis. Mais Genève est aussi ma ville, j'y travaille, j'y crée de l'emploi, j'y organise des événements, j'y paie des impôts. J'ai énormément de respect pour toutes les candidates et tous les candidats d'origine étrangère qui s'engagent dans cette campagne, car il ne faut pas se le cacher, elles et ils partent avec un handicap. (...)

Marie-France de Meuron: Connaissez-vous les matriochkas?

(...) En quoi les matriochkas sont-elle un miroir de nous? Elles reflètent toutes les personnalités que nous revêtons selon les circonstances, tous les aspects que nous donnons à notre individualité, toutes nos réactions en réponse aux événements de l'existence. Mais qu'est le soi profond, cette poupée pleine qui, en principe, garde la même prénom de la naissance au trépas? Quelle relation avons-nous avec ce noyau de vie, cette source de vie? Quel regard portons-nous sur elle? Quelle qualité d'écoute pratiquons-nous? Quels soins lui accordons-nous? C'est dans cette plénitude que se localisent notre essence humaine et tous nos potentiels. Nous pouvons retrouver ce schéma dans plusieurs domaines qui animent l'humanité. Je vais évidemment me porter sur le domaine dans lequel je suis plongée depuis l'enfance: l'art médical. (...)

Pascal Décaillet: 45 fiertés, une République

Ce qui doit sortir vainqueur du 15 mars prochain, ça n'est pas la droite, ni la gauche, ni les improbables coagulations centristes dans l'eau trouble du bénitier. Non. Ce qui doit gagner, c'est la Commune. Échelon premier, en proximité, en présence, en affection. (...) En couvrant à fond ces municipales 2020, j'ai maintes fois pensé à la Constitution d'Athènes, d'Aristote, et ce passage sur lequel j'étais tombé, il y a si longtemps, en langue grecque, en examen. Il y était question de bornes qu'on arrachait, c'était vif et poignant, réel, c'était une forme de Commune. En 1871 aussi, la Commune. Celle de Paris. La guerre, les Prussiens aux portes, la misère, la révolte. Et finalement, les Versaillais, sur ordre de Monsieur Thiers, pour écraser dans le sang ce rêve d'humains. A Genève, 45 Communes, non comme des fiefs. (...)

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.