Pascal Gavillet: Ces afféteries danoises qui ne plaisent pas à tout le monde

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Pascal Gavillet: Ces afféteries danoises qui ne plaisent pas à tout le monde

(...) The House That Jack Built, oui, cauchemar éveillé, avec quelques beaux moments, un final décevant, car un peu débile, et cette volonté de déstructurer un récit qui serait sans doute plus angoissant sans toutes ces afféteries. Le cinéaste danois convoque Hitler - on a l'habitude - et l'enfer, découpe son film en cinq incidents, c'est-à-dire cinq meurtres, mais l'horreur tripale demeure trop souvent à la cave. Ce ne sont que promesses non tenues pour un film que je n'arrive pourtant pas à ne pas aimer. Il fut aussi ici beaucoup question de deux autres films qui, comme le Lars von Trier, ont été montrés hors-compétition. Le Grand Bain de Gilles Lellouche, pour lequel toute la presse francophone s'est enthousiasmée (contrairement à Première, je pense qu'il s'agit d'un film beauf, et même très beauf). Et Solo : A Star Wars Story, bricolage de Ron Howard sur les origines d'un des héros de la vieille saga galactique susnommée. Ni l'un ni l'autre ne me donnent envie de développer.

Jean-Michel Olivier: La pensée est un crime

Roland Jaccard aime les paradoxes. C'est normal : il en est un. Ce Lausannois exilé à Paris (ici à la piscine Deligny, avec Gabriel Matzneff) cultive l'esprit viennois fin de siècle, le nihilisme, la lucidité et le désenchantement. Ses maîtres à penser sont des tueurs : ils se nomment Cioran, Schopenhauer, Spinoza, Freud, Schnitzler, Karl Kraus. Chacun, à sa manière, arrache les masques du réel pour nous rendre à notre humble condition de mortel. Ces tueurs, souvent, ont payé le prix fort pour avoir soutenu une vérité qui dérange : le suicide, la solitude, la pauvreté, etc. Dans son dernier livre, Penseurs et tueurs*, un bijou, Jaccard rend hommage à ces figures de la liberté souveraine sans qui — c'est une évidence — nous ne serions pas ce que nous sommes. Ces docteurs en désespoir (Cioran, Schopenhauer) nous ont ouvert des horizons insoupçonnés en renversant les idoles éternelles (Freud l'iconoclaste) ou en jetant une lumière crue sur nos désirs et nos résolutions égotistes. Le paradoxe, c'est que cet hommage aux penseurs de la mort n'a rien de triste, ni de morbide.(...)

Edmée Cuttat: Formidable Vincent Lindon

«Je ne pense pas être assez bon pour composer un personnage. Je me demande simplement: si moi j’étais lui, qu’est-ce que je ferais ? Et j’incarne. C’est ce qui m’intéresse. Je ne sais pas interpréter des caractères trop loin de moi », explique Vincent Lindon, héros d’ «En guerre», le dernier Stéphane Brizé aligné en compétition. (...) Pour Stéphane Brizé, le désir de son film, «politique dans le sens étymologique du terme, je ne suis le porte-parole d’aucun parti, d’aucun syndicat», vient notamment de la fameuse affaire de la chemise déchirée du DRH d’Air France en 2016. « La réalité nourrit ma fiction qui vient à son tour éclairer le réel, en donner une idée. Le cinéma le permet, contrairement aux reportages télévisés, qui n’ont pas le temps de la nuance et ne peuvent que rapporter les faits avec quelques images, auxquelles on fait dire ce qu’on veut, un commentaire et des bouts d’interviews ».

Jean-Noël Cuénod: Jeux dangereux à Riyad

Les affrontements entre l’armée israélienne et les militants du Hamas à la frontière de Gaza placent l’actuel pouvoir saoudien dans une zone pleine de périls. Riyad n’a condamné Israël que du bout des lèvres, bien forcé de satisfaire à ce minimum syndical pour ne pas trop faire jaser dans le camp arabo-musulman. Sous l’impulsion du prince héritier Mohamed Ben Salman, l’Arabie Saoudite a pris pour ennemi principal l’Iran quitte à ménager l’Etat d’Israël, voire à collaborer avec cet ancien adversaire afin de contrer les offensives chiites de Téhéran qui menacent en Syrie, au Liban et même à l’intérieur de la pétromonarchie… (...) En un an de pouvoir effectif, le prince héritier s’est donc fait une série d’ennemis au sein de la famille royale et des instances religieuses.

Pascal Holenweg: Initiative "Monnaie Pleine"

(...) La production intensive de "monnaie scripturale" par les banques leur profitent : elles touchent des intérêts sur les prêts qu'elles consentent, et ce sont elles qui tirent bénéfice de leur activité créatrice de monnaie. On ne s'étonnera donc pas outre mesure de leur opposition farouche à l'initiative, que combattent également le Conseil fédéral et l'Assemblée fédérale. A Genève, la gauche la soutient, et ne craint donc pas plus que les initiants de mettre un oeuvre ce "concept jamais tenté ailleurs" -argument réitéré par les opposants à l'initiative, comme si le fait d'être les premiers à faire quelque chose devait en soi délégitimer ce qu'on fait, alors que dans le cas de "Monnaie pleine", l'idée vient en fait des travaux d'économistes reconnus, dont le Prix Nobel Maurice Allais. De toute façon, de la "monnaie pleine", nous en avons tous quand nous avons de l'argent liquide, émis par la Confédération ou la BNS (qu dispose déjà depuis la fin du XIXe siècle du monopole de l'émission de billets de banques). On peut donc faire un pas de plus sans craindre un cataclysme. (TDG)

Créé: 17.05.2018, 14h50

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