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Nelly Schreiber-Favre (1879-1972)

Et si l’on féminisait les noms de rues genevoises? Des propositions tous les samedis de l’été.

Le collectif 100Elles a proposé 100 nouveaux noms de rue à la Ville de Genève.
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Il aura fallu beaucoup de persévérance à Nelly Schreiber-Favre pour exercer la profession d’avocate à Genève. Cette fille d’horloger, née en 1879, cadette de quatre enfants, entame des études de droit en 1900, elle est alors la seule femme inscrite à la Faculté de droit de l’Université de Genève. Très vite, elle se retrouve confrontée à l’hostilité ainsi qu’à la réticence des hommes. Elle obtient sa licence en juillet 1903, mais elle ne peut pas être admise au barreau, réservé aux hommes. Le doyen de la Faculté de droit, Alfred Martin, demande un changement de loi pour permettre aux femmes d’exercer. À partir du 20 octobre 1903, après l’adoption d’un amendement, c’est chose faite. Nelly Schreiber-Favre commence sa carrière d’avocate alors que la situation des femmes pratiquant le droit en Suisse reste encore très difficile. La concurrence masculine l’emporte souvent sur les carrières juridiques des femmes et les préjugés concernant leurs capacités à exercer prévalent. Tout comme les inégalités de fait: les femmes n’ont en effet pas accès au poste de magistrat et de notaire.

Devenue la première avocate assermentée à Genève en 1906, Schreiber-Favre marque l’histoire de la ville. Elle défend principalement une clientèle féminine sur des cas concernant le droit de la famille et d’héritage, ainsi que les jeunes. Elle connaît un grand succès et apporte en outre plusieurs nouveautés dans le domaine judiciaire. Elle est par exemple l’une des premières à réclamer la création d’un tribunal pour jeunes délinquants afin que ces derniers ne soient plus traités en adultes. En 1913, Genève figure ainsi parmi les premiers cantons à avoir une Chambre pénale de l’enfance.

De 1911 à 1940, elle donne des cours de droit à l’École ménagère professionnelle et à l’École de commerce de jeunes filles. Elle fonde l’École sociale pour les femmes en 1918 qui devient par la suite la Haute École de travail social. Elle écrit également plusieurs articles concernant la criminalité des jeunes et le divorce. Engagée également pour l’obtention du suffrage féminin, elle lutte en donnant des conférences. Elle est aussi cofondatrice et présidente de l’Association suisse des femmes universitaires, une association qui défend les intérêts professionnels des femmes diplômées.

Cette femme qui a réussi à s’imposer dans un monde d’hommes meurt en 1972, à l’âge de 93 ans.

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