Passer au contenu principal

Des illusions d’optique pour soigner le cerveau

Le CHUV étudie les réactions provoquées par les œuvres de l’artiste Youri Messen-Jaschin. Avec l’idée de guérir certains troubles.

L'artiste Youri Messen-Jaschin collabore avec le CHUV via ses oeuvres d'Op Art. Grâce à des IRMs, les médecins analysent les réactions des sujets placés face aux tableaux.
L'artiste Youri Messen-Jaschin collabore avec le CHUV via ses oeuvres d'Op Art. Grâce à des IRMs, les médecins analysent les réactions des sujets placés face aux tableaux.
Florian Cella
L'artiste Youri Messen-Jaschin collabore avec le CHUV via ses oeuvres d'Op Art. Grâce à des IRMs, les médecins analysent les réactions des sujets placés face aux tableaux.
L'artiste Youri Messen-Jaschin collabore avec le CHUV via ses oeuvres d'Op Art. Grâce à des IRMs, les médecins analysent les réactions des sujets placés face aux tableaux.
Florian Cella
L'artiste Youri Messen-Jaschin collabore avec le CHUV via ses oeuvres d'Op Art. Grâce à des IRMs, les médecins analysent les réactions des sujets placés face aux tableaux.
L'artiste Youri Messen-Jaschin collabore avec le CHUV via ses oeuvres d'Op Art. Grâce à des IRMs, les médecins analysent les réactions des sujets placés face aux tableaux.
Florian Cella
1 / 12

L’art peut-il guérir le monde? C’est tout l’enjeu du Brain Project initié voilà trois ans par l’artiste lausannois Youri Messen-Jaschin et le Laboratoire de neuro-imagerie du CHUV. Spécialiste reconnu dans le domaine de l’Op Art (ou art optique, pratique basée sur les phénomènes d’illusions et de jeux optiques), le créateur de 76 ans s’est lui-même approché du monde scientifique après avoir constaté que ses travaux déclenchaient des réactions puissantes chez certains observateurs.

«J’ai rencontré des personnes très sensibles à mes œuvres au niveau cérébral mais aussi corporel. D’où l’idée de mener une véritable étude pour comprendre comment le cerveau réagit», raconte Youri Messen-Jaschin. Surtout, ce dernier espère que l’Op Art pourra être utilisé à terme pour soulager, voire guérir certains troubles psychologiques.

L’illusion du mouvement

«Cet art implique des réactions incroyables. Principalement, les gens voient des mouvements ou des couleurs alors qu’il n’y en a pas. Ils peuvent aussi avoir des nausées ou des vertiges, liste l’artiste. Lors d’une exposition à l’Espace Arlaud, avec uniquement des lignes noires et blanches par terre, certains visiteurs ne voyaient pas le sol et avaient peur de marcher dans le vide.» Des effets recherchés par le créateur, qui utilise des données mathématiques précises (épaisseur et écartement des lignes, notamment) pour provoquer l’illusion recherchée.

Après moult refus du milieu médical, l’artiste finit par rencontrer Bogdan Draganski, professeur du Laboratoire de recherche en neuro-imagerie du Département des neurosciences cliniques du CHUV. Le chercheur se montre enthousiaste et l’association Brain Project naît en 2013.

Chaque session se déroule de la même manière. Le sujet est soumis à une imagerie par résonance magnétique (IRM) et voit défiler 45 œuvres spécialement conçues par Youri Messen-Jaschin. Les réactions de son cerveau sont analysées tandis qu’il indique, via des boutons, s’il perçoit ou non un mouvement dans l’image. L’examen est ensuite complété par un questionnaire. Les objectifs du projet se déclinent en trois problématiques: quelles parties du cerveau sont activées quand l’individu perçoit un mouvement? Pourquoi certaines personnes ressentent-elles un malaise, un vertige? Et peut-on traiter des troubles comme la schizophrénie ou la dépression via ces tableaux, qui pour certains, provoquent un sentiment de bien-être, de relaxation?

Si les examens sont menés à Lausanne, les résultats sont envoyés à l’Université de Vilnius, en Lituanie, pour analyse. «Et ce que nous avons découvert, personne ne l’avait jamais trouvé jusqu’ici», prévient Youri Messen-Jaschin. «Il y a en effet plusieurs éléments intéressants qui mériteront des investigations approfondies, annonce Bogdan Draganski. Mais nous avons déjà démontré que ces œuvres statiques activent les mêmes zones cérébrales que quand le sujet perçoit un vrai mouvement. En quelque sorte, l’art parvient à tromper le cerveau.»

Les premiers résultats officiels de l’étude devraient être publiés en 2018. Par la suite, un nouveau projet pourrait impliquer des sujets malades afin de déterminer les bienfaits exacts de l’Op Art sur les différents symptômes. En attendant, le Brain Project recherche des volontaires pour sa prochaine session au CHUV, les 10 et 11 juin.

Pour participer à l’étude, inscription obligatoire sur opartmeetsneurosciences. wordpress.com

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.