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L’hyperprésident Macron travailleur

«Si ces trois-là sont cloués au lit par une méchante fièvre cet hiver, plus rien ne se passera en France!» Les trois personnes en question sont Emmanuel Macron, Alexis Kohler et Marc Guillaume. Cette parabole burlesque d’un fin connaisseur des arcanes de l’Élysée illustre le système de gouvernance du président de la République française. Concentré. Isolé. En mode commando. On parle bien ici de méthode et non de politique…

En effet, depuis le général de Gaulle, jamais un président de la République ne s’était montré aussi tatillon, rigoureux, voire autoritaire. Mais surtout travailleur. Giscard était trop mondain. Mitterrand trop intelligent pour consacrer l’entier de son temps à la tâche. Chirac ouvertement fainéant. Sarkozy trop dispersé. Hollande trop volubile. Emmanuel Macron est lui aussi trop. Trop calculateur, trop pragmatique, trop précis.

Depuis de Gaulle, jamais un président de la République ne s’était montré aussi tatillon, rigoureux, voire autoritaire

C’est ce que rapportent toutes les sources proches du pouvoir marquées par la mainmise de ce triumvirat. Emmanuel Macron, Alexis Kohler et Marc Guillaume. Il n’aura échappé à personne que dans ce trio, le premier est président de la République élu. Mais les deux autres sont des grands commis de l’État inconnus du grand public. Alexis Kohler (45 ans), qui dans sa carrière privée est passé par une multinationale établie à Genève, est le secrétaire général de l’Élysée. Un incontournable. Cet homme voit tout passer et contrôle tout.

Marc Guillaume est, lui, secrétaire général du gouvernement. Il l’est depuis 2015. Et sa fonction est de coordonner le travail du gouvernement au service du premier ministre. À se demander qui est au service de qui… Auparavant, cet homme de 52 ans a été durant huit ans secrétaire du Conseil constitutionnel. Autant dire que Marc Guillaume est sans doute le plus fin connaisseur de l’appareil d’État français. Cet homme sait tout sur tous et comprend tout du fonctionnement de la machine d’État.

Alors, d’une nomination d’un adjoint dans un ministère à une relecture d’interview, Matignon et l’Élysée vissent tout. Sans parler des réformes qui s’enchaînent à un rythme laissant les adversaires sans réponse. Droit du travail, fiscalité, sécurité, apprentissage, formation professionnelle, entrée à l’université, plan banlieues, précarité et tout prochainement les retraites. Tout cela est préparé durant les séances de travail de nuit qu’Emmanuel Macron impose à sa garde rapprochée (où les sparring-partners peuvent être le chargé de mission Julien Denormandie ou le stratège Ismaël Emélien) mais, au final, est validé par le trio avant le Conseil des ministres du mercredi.

Emmanuel Macron ne fait plus de la politique, il fait de la gestion de l’entreprise France avec de la communication. L’action politique n’est pas le fruit d’une construction où se mêlent les projets de société, les idéologies et les intérêts pluriels, mais la solution à une équation que l’ancien fort en thème travaille comme il préparait ses examens dans les hautes écoles.

Emmanuel Macron se veut non seulement efficace, mais également stratège. Il interdit à ses ministres de venir au conseil avec des fiches. Faut bien préparer ses oraux et lui se sait imbattable dans l’exercice. Demandez à Marine Le Pen. De plus, on savait qu’il avait réduit le nombre de collaborateurs à dix pour chaque cabinet ministériel. Mais on apprend encore qu’il n’autorise pas l’engagement de profils aux compétences financières. Les ministres sont donc totalement dépourvus face aux arbitrages budgétaires. Emmanuel Macron n’est pas que le maître des horloges, il est aussi celui du porte-monnaie.

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