Haykel Ezzeddine: Lundi 6 février, journée sans téléphone portable

La revue des blogsDjemâa Chraïti: Une leçon grecque quant au traitement du corps de l’ennemi. Michel Chevalier (WWF): France Gulliver et Autriche Lilliput. Rémi Mogenet: Jean-Michel Truong. Maurice-Ruben Hayoun: Une affaire Fillon ? Pascal Décaillet: Ce qui tue la presse romande.

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Lundi 6 février : Une journée sans téléphone portable
Haykel Ezzeddine: Lundi 6 février, le monde célèbre les «17e journées mondiales sans téléphone portable & smartphone» et la «Journée internationale contre les mutilations génitales». La Tunisie, quant à elle, célèbre la «Journée nationale contre le terrorisme et l’assassinat politique». Qui veut relever le défi? Y a-t-il une personne de par le monde capable de célébrer comme il se doit les «17e journées mondiales sans téléphone portable & smartphone»? Qui peut vivre 3 longues et interminables journées (6, 7 et 8 février) sans surfer, tchatcher, raconter sa vie ou écouter de la musique avec cet extraordinaire appareil multitâche... Cette addiction que nous avons pour les téléphones mobiles est pour le moment incurable mais rien ne nous empêche de se poser des questions et d’engager une réflexion sur le sujet. (...) L’instigateur de ces 3 journées destinées aux accros du petit téléphone est Phil Marso, écrivain français de romans policiers. Il a consacré à ce sujet très vendeur plusieurs livres édités par sa propre société Mégacom-ik.

Une leçon grecque quant au traitement du corps de l’ennemi
Djemâa Chraïti: Ne pas rendre le corps à son ennemi, même Zeus désapprouve et depuis la nuit des temps dans toutes les religions, nous savons que l’on doit rendre aux morts leur dimension sacrée sur laquelle nous n’avons aucun droit, ils appartiennent à l’éternité. Depuis l'Antiquité, on s’interroge et arbitre sur le corps de l’ennemi que l’on doit rendre à ses proches. Une éthique de guerre ? En lisant l’article de la Tribune de Genève, sur le soldat Oron Shaul et l’appel désespéré de son frère, et en faisant des recherches philosophiques, morales, religieuses sur le sujet, j'ai retenu ce qui me paraissait le plus intéressant, L’Iliade et le passage où Homère présente un Achille malmenant et refusant de rendre le corps d'Hector à son père Priâm. (...) Les Grecs tout au long des guerres nombreuses rendaient les morts à leurs proches ou les laissaient récupérer sur les champs de bataille. On ne refusait pas cela aux familles des morts quand bien même ils étaient considérés comme des ennemis. L'auteure de ces lignes a un père fusillé le 24 janvier 1963 et dont le corps a été jeté dans une fosse commune inconnue de tous jusque-là, or je comprends et partage la souffrance des familles qui ne peuvent pas honorer leurs morts indépendamment de leur nationalité et de leur religion.

France Gulliver et Autriche Lilliput
Michel Chevalier (WWF): L’un est un géant européen, par la géographie, l’histoire et la production agricole ; l’autre est un nain selon ces mêmes critères. Et pourtant la France, ce Gulliver agroalimentaire, accuse un retard incroyable en matière d’agriculture durable sur le Lilliput qu’est l’Autriche, avec ses 18% d’exploitations agricoles travaillée en bio, représentant 21% de la surface agricole du pays. En 1994 déjà, la chaîne de magasins alimentaire autrichiens Billa lançait une ligne de produits bios sous le nom de « Ja ! Natürlich » et le succès était au rendez-vous. A l’origine de cette réussite, la rencontre de deux hommes, Werner Lampert, pionnier de l’agriculture biologique en Autriche, et Karl Wlaschek, le fondateur de Billa. Lampert a au fil des années répété son « coup » avec d’autres distributeurs, aidant le bio à devenir une offre établie et largement appréciée en Autriche. Aujourd’hui, plus de 30% des œufs et 20% des légumes vendus en Autriche sont bios et le pays compte la plus grande proportion de surfaces agricoles exploitées sans intrants de synthèse de toute l’Union européenne et même du monde, selon la Ministère autrichien de l’agriculture. A titre de comparaison, en 2015 la part de l’agriculture biologique atteignait 12.8 % de l’ensemble de la surface agricole suisse et près de 6,5% dans le canton de Genève, notamment grâce à la viticulture. Bon sang ne saurait mentir! Mais pas encore de quoi nourrir le canton. (...)
Jean-Michel Truong et le successeur de pierre
Rémi Mogenet: J'ai lu un roman assez récent de Jean-Michel Truong, Le Successeur de pierre (1999). J'ai été attiré par la présence en son sein de Pierre Teilhard de Chardin, un de mes philosophes préférés. Il découvre une bulle papale mystérieuse annonçant la venue d'un être nouveau, et la fausseté de la prophétie selon laquelle l'Église devait durer éternellement. (...) Le livre est palpitant, prenant. Le style est bon. Il est maîtrisé, ferme, et l'intrigue est intelligemment mise en place. On est loin de la science-fiction des années 1960-1970, pleine d'images grandioses et nouvelles, mais au style incertain. On est passé à un nouveau stade, on a changé de génération: Jean-Michel Truong appartient à celle des Michel Houellebecq, Maurice Dantec, Jean de Pingon, qui intègrent la science-fiction à un propos mûrement établi, en font comme un ornement. On est en quelque sorte allé du baroque au classicisme. (...)

Une affaire Fillon ?
Maurice-Ruben Hayoun: (...) C’est du jamais vu mais une fois que l’esprit critique reprend ses droits –et cela prend du temps tant les forces lancées dans la bataille sont considérables- deux faits émergent et expliquent largement la situation déplorable dans laquelle nous nous trouvons : d’une part la tyrannie d’une certaine presse, notamment satirique qui doit sa notoriété et sa prospérité à l’excès et à la démesure, et d’autre part, l’excessive judiciarisation de la vie publique. (...) Je voudrais en guise de conclusion dire ma stupéfaction de voir traîner dans la boue une femme, une mère de famille, visiblement dépassée par tout ce qui lui arrive. Aller exhumer une émission de télévision, vieille de près de dix ans pour exploiter une seule petite phrase arrachée à son contexte, n’est pas très glorieux… Surtout quand on instruit constamment à charge.

Quentin Mouron à la Compagnie des Mots
Doina Bunaciu: Quentin Mouron, né le 29 juillet 1989 à Lausanne, est un écrivain canado-suisse. Son enfance est partagée entre l'Europe et l'Amérique jusqu'à ses vingt ans. Il publie en 2011 son premier roman, "Au point d'effusion des égouts", qui connaît un grand succès en Suisse romande. Son deuxième livre, "Notre-Dame-de-la-Merci", paraît en France, au Québec et en Belgique. Quentin Mouron suit actuellement des études de lettres à l'Université de Lausanne. L'âge de l'héroïne, son cinquième roman, est paru en 2016 (La Grande Ourse)... Le 7 février 2017 dès 18h30 et jusqu'à 20h environ à l'Auberge du Cheval Blanc, à Carouge.

Les autoritaires on la cote, mais à qui la faute ?
Christina Meissner: Excellent article sur les autoritaires qui ont la cote, paru dans la Tribune de Genève du 3 février 2017. Mais, il me semble nécessaire de souligner aussi le lien entre les pouvoirs, surtout en démocratie ! Poutine, Trump, Erdogan,... les autoritaires ont la cote titre la Tribune de Genève, mais qui leur donne le pouvoir d'exercer leur autorité ? Dans une démocratie, la Justice s'occupe du passé, l'Exécutif du présent et le Législatif du futur. Dès lors, c'est bien de la majorité que l'on élit au Législatif (assemblée nationale, congrès, parlement, etc) que dépend le pouvoir. Ce sont les lois, décrets, etc. que le Législatif vote qui donnent à l'Exécutif le pouvoir de les mettre en oeuvre et à la Justice de les appliquer. Sans l'appui parlementaire, l'Exécutif ne peut rien faire. On ferait bien d'y réfléchir au moment des élections, de toutes les élections et pas seulement celles qui donnent accès à la plus haute marche du pouvoir.
Ce qui tue la presse romande
Pascal Décaillet: (...) Ce qui tue la presse romande, et j’aborde là un sujet tabou qui me tarabuste depuis plus de trente ans, c’est l’importance démesurée qu’ont pris, dans les rédactions, les sujets « de société » par rapport à l’analyse historique et politique. Nous sommes là dans l’un des effets les plus dévastateurs de Mai 68. Je suis un fou de presse, un fou d’archives, je passe des centaines d’heures à dévorer de vieux journaux, j’en avais lu des milliers pour ma Série de 1994 sur l’Affaire Dreyfus : je peux vous le dire, il y a cinquante ans encore, quasiment pas de sujets de « société ». Aujourd’hui, majoritaires, ils écrasent tout. (....) Ce qui tue la presse romande, c’est la peur des pairs, la peur du débriefing. La sainte horreur face à l’idée qu’on pourrait déplaire au chef, et plus encore aux chefaillons. Surtout, ne pas déteindre. Rester dans la ligne. Le pire de tout : au nom de cette peur du moindre engagement, s’abriter derrière une prétendue « neutralité ». (...)

Un thriller envoûtant
Jean-Michel Olivier: J'étais un peu inquiet en commençant le dernier livre de Catherine Fuchs, La Tête dans le sable*. Il s'agit en effet d'un roman « engagé » dont le personnage principal, Carmen Berger, travaille dans une ONG qui est bien résolue à dénoncer les méfaits d'une puissante multinationale exploitant sans scrupule le cuivre d'un petit pays d'Afrique, le Zamanga. Je craignais le déluge des bons sentiments et l'inévitable auto-flagellation finale qui accompagne bien souvent ce genre de livre (les écrivains romands ont la culpabilité rivée à l'âme et au corps). Mais pas du tout ! (...) Sans jamais être pontifiant, ou moralisateur, le livre éclaire très bien les mécanismes d'exploitation de certains pays riches en matières premières…

«La Propera Pell», signes extérieurs d’opacité
Pascal Gavillet: Le cinéma n’est souvent qu’affaire de profondeur de champ. Deux personnages dans un environnement visiblement hostile – la neige, le froid, l’hiver -, peut-être perdus dans cette opacité brumeuse qui les isole. Partiellement muets, les bouches obstruées par des écharpes protectrices, ils se suivent à une distance raisonnable au lieu de marcher côte à côte. Quant à leurs regards, ils portent chacun dans des directions différentes du champ ou du hors-champ. Le jour a l’air de tomber, (...) Mais revenons sur cette image, qui synthétise décidément presque trop bien un film dont les ramifications thématiques ne sont heureusement pas toutes fixées dès le premier quart d’heure. Le cadrage est en effet tel que nos yeux ne cessent de passer d’un personnage à l’autre sans que nous n’arrivions à trouver de lien autre que contextuel entre eux. Sont-ils frères ? Amis ? Amants ? Se connaissent-ils vraiment ? (...) La Propera Pell passe en ce moment aux cinémas du Grütli.

Une idée du bonheur...
Paolo Gilardi: Je ne sais pas ce que cette étude vaut. Mais je ne résiste pas à la tentation de relever un papier paru en page 7 de la Tribune de Genève d'aujourd'hui, 4 février. Sous le titre "La palme du "bonheur durable" va au Costa Rica", l'article reprend les conclusions d'une étude britannique.Et affirme entre autres que "depuis l'abolition de son armée en 1949, le Costa Rica a réaffecté son budget de défense au financement de l'éducation, de la santé et des retraites. Résultat: l'espérance de vie a décollé(...), le taux de mortalité a chuté et l'éducation a fait un bond en avant". En voilà une idée, si d'aventure le 12 février les Suisses décidaient de priver les caisses publiques de milliards de rentrées fiscales! Faudra renoncer à dépenser des milliards par an pour l'armée. Il en va de notre bonheur. C'est une étude British qui le dit… Mais ce n'est pas pour autant une raison de voter en faveur de la RIE3.

Un virus mortel qui affecte l'humanité
Olivier Emery: Cahuzac, Fillon... Ces honteux scandales n'existeraient pas sans le virus mortel de la cupidité. Un léger malaise me saisit pourtant lorsque j'entends les cris indignés de la populace unanime à condamner vertement ces lamentables agissements. En effet, chacun de nous est-il vraiment exempt de cet amour de l'argent ? Est-il parfaitement guéri de ce germe d'infection qui souille de son pus l'intégrité intérieure ? Est-il totalement préservé des flots incessants d'une propagande qui vante le mérite de vendre son âme à l'idole toute puissante de la convoitise ? Il existe pourtant un exemple historique édifiant. (...) (TDG)

Créé: 05.02.2017, 15h28

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