Le pâtissier aux mille souliers visite Genève

Fines gueulesGraphiste et confiseur, le Parisien Tal Spiegel assortie ses chaussures aux pâtisseries qu’il déguste. Giga boum sur Instagram. Il était une semaine chez nous pour cinq clichés sucrés.

Les cinq images de pâtisseries genevoises publiées cette semaine. Elles ont été réalisées par Guillaume Bichet, Michael Perrichon du Mandarin Oriental, La Bonbonnière,  Christophe Renou et Bichet à nouveau pour le couteau suisse en chocolat. En bas au centre: Tal Spiegel.

Les cinq images de pâtisseries genevoises publiées cette semaine. Elles ont été réalisées par Guillaume Bichet, Michael Perrichon du Mandarin Oriental, La Bonbonnière, Christophe Renou et Bichet à nouveau pour le couteau suisse en chocolat. En bas au centre: Tal Spiegel. Image: desserted_in_paris/ SVEND ANDERSEN

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La Genève gourmande peut être fière. Si, si, si. L’excentrique et esthète Tal Spiegel, le graphiste confiseur aux 300 000 abonnés sur Instagram, lui a rendu visite. Toute la semaine passée, il publiait quotidiennement sur son compte un cliché consacré à des pâtisseries créées par nos artisans locaux. Avec tatanes assorties, bien sûr. Car voilà l’étrange dada de Tal: se photographier avec chaussures et gâteaux en harmonie chromatique. Mocassins rouges et tartelette aux framboises; baskets canari et macaron au citron; sandales brunes et mignardise au caramel. Le cadrage est immuable: la douceur, tenue à la main en premier plan; les deux pompes alignées derrière, sur le bitume. C’est drôle. C’est élégant. Et délicieusement saugrenu.

Le phénomène en est à plus d’un millier d’images postées sur la Toile, principalement réalisées à Paris. Mais aussi à Strasbourg, New York, Barcelone ou Jérusalem. Il a fait un livre. Les instagrammeurs l’adorent. Les maîtres pâtissiers aussi. Comme est né ce doux délire-là? «Il y a cinq ans, j’ai laissé tomber mon job de graphiste pour apprendre la pâtisserie à l’école Ferrandi à Paris. Je voulais m’imprégnait de cet art et commençais donc à parcourir les enseignes de la ville. Un beau jour, je m’aperçus que mes chaussures étaient totalement assorties à l’entremet que je venais d’acheter. Je pris une photo. Voilà comment démarra la série Desserted in Paris.» La première brique d’un projet singulier et un tantinet fétichiste, dont l’apparente futilité cache une vraie maniaquerie formelle. Tenez, essayez donc de faire une jolie photo d’un carak avec vos deux Pataugas vert pomme derrière.

Cinq paires de voyage

On l’aura compris, la jolie pompe masculine est l’autre marotte de notre pâtissier au crâne tondu. «J’en possède environ 300 paires, même si je ne les ai jamais comptés», raconte-il, goguenard. «En général, c’est le gâteau qui décide de la couleur des souliers. Sauf quand je me déplace. Pour Genève par exemple, j’ai débarqué avec cinq paires distinctes et cherché les pâtisseries qui pouvaient aller avec. J’en avais repéré quelques-unes auparavant.»

Gelée de genépi

Ce sont Guillaume et Élodie Bichet, artisans pâtissiers aux trois enseignes genevoises, qui l’ont invité au bout du lac, manière de lui faire découvrir la scène sucrée locale. «Mon emploi du temps ne m’a permis que de rester un jour et demi. Mais j’ai mis à profit chaque minute, en visitant maints endroits formidables comme le Mandarin Oriental, les Renou à Carouge, la Bonbonnière et beaucoup autres.» Verdict? «Pour le moment, la pâtisserie genevoise se montre plus conservatrice que celle de Paris. Mais j’ai rencontré des artisans qui devraient la hisser vers des sommets…»

Le résultat photographique de la balade, distillé sur Instagram de lundi à vendredi dernier, a fière allure. Comme d’habitude. «Les ratés sont rares, mais cela arrive. Certains desserts se montrent peu photogéniques ou peu à leur avantage. Avec l’habitude, j’imagine désormais l’image avant de prendre la photo.»

Au sein de cette série genevoise, il est évidemment inutile d’aller chercher des éléments de notre patrimoine touristique. Point de Jet d’eau ni de réformateurs emmurés sur les clichés lémaniques de Tal. Mais une pavlova helvétisée à la double-crème de la Gruyère et framboises, conçue par Michaël Perrichon du Mandarin Oriental. Les grolles? Une paire de derbies pointus, signée George & George, illustre bottier parisien; pompes de l’exacte même teinte vert pop que la gelée de genépi qui coiffe le gâteau. On en mangerait.

«Pâtisseries de Paris» 300 photographies. Éd. Marabout. Sur Instagram desserted-in-paris

Créé: 21.09.2019, 09h44

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