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Mr et Mrs Renou ouvrent un magasin tout doux

Elle est analyste sensorielle. Il est meilleur pâtissier de France. Le couple vient juste d’ouvrir une échoppe à Carouge pleine de grands chocolats et de gâteaux top. Présentations.

Mr et Miss Renou, Christophe et Vanessa de leurs prénoms, dans leur toute fraîche arcade chocolatée. A droite: la meringue citronnée de la mort
Mr et Miss Renou, Christophe et Vanessa de leurs prénoms, dans leur toute fraîche arcade chocolatée. A droite: la meringue citronnée de la mort
Steeve Iuncker

On connaissait Mr et Mrs Smith, couple d’agents secrets d’apparence bien pépère. Voilà Mr et Mrs ReNou, Christophe et Vanessa de leurs prénoms, un autre tandem de choc. Ou de choc-olat, devrait-on dire. Le monsieur a été sacré meilleur ouvrier de France en 2015 dans la catégorie pâtisserie confiserie. En atteste le discret mais si prestigieux liseré bleu-blanc-rouge de son col. La dame, elle, est «analyste sensorielle». Comprenez experte en dégustation, particulièrement celle des grands chocolats. Bref, quand deux époux de cet acabit ouvrent une échoppe pure sucre en plein centre de Carouge, les gourmands de la République seraient bien inspirés de sauter dare-dare dans le tram.

Mais commençons par l’enseigne – «Mr et Mrs Renou», donc –, plutôt singulière pour une chocolaterie. «D’habitude, les magasins sont toujours baptisés du nom du pâtissier. Le chef est mis en avant. On a voulu insister sur notre duo, notre complémentarité, tout en adressant un petit clin d’œil au film.» Les tourtereaux se sont séduits chez Valrhona, chocolatier géant de Tain-l’Hermitage, dans la vallée du Rhône. On l’a dit, Vanessa s’occupe alors de formation en analyse gustative. «Je viens de la sommellerie, j’ai bifurqué vers un produit que j’adorais: le chocolat. Une partie de mon travail consistait à sélectionner les fèves de cacao avec les sourceurs et les planteurs. C’était passionnant.»

Le Nobel de la gourmandise

Christophe, lui, a œuvré sept ans comme chef pâtissier chez Lucien Moutarlier à Chexbres. Avant de décrocher le plus beau des pompons professionnels: meilleur ouvrier de France (MOF pour les intimes) en pâtisserie. Soit le Nobel des métiers de bouche. L’artisan prépare son concours à Tain-l’Hermitage, où il rencontre sa dulcinée. Christophe et Vanessa décident d’unir non seulement leurs vies, mais aussi leurs «deux expertises». L’ancien boss vaudois les aiguille vers Carouge. Ils s’y baladent et «tombent sur sous le charme particulier» de la Cité sarde.

Voilà pour l’histoire d’amour. Mais qu’est ce qu’on mange? Ben, plein de belles pâtisseries classiques autant qu’élégantes: des babas, pralinés, meringues, madeleines, tartes, gâteaux et d’affolantes billes de fruits. Mais surtout du chocolat. En carrés, barres ou tablettes. Pure origine, toujours. Mais pas forcément super corsé. «Je ne suis pas fan des trop grosses proportions de cacao, dont la puissance et l’amertume masquent les saveurs», glisse Vanessa, en nous proposant un petit carré jamaïcain à la subtile note caféinée et à la longueur en bouche carabinée. «Il me semble qu’autour de 60%, on arrive à des équilibres plus délicats et complexes», assure-t-elle avec un enthousiasme communicatif.

Douceur en kit

L’autre particularité de l’enseigne, c’est l’entremet «à composer soi-même». Ou la douceur en kit, si vous voulez. «J’aime faire de la pâtisserie, mais je déteste devoir trancher un gâteau à table», sourit Christophe. «Et comme mon travail de concours s’inspirait de Picasso et du cubisme, j’ai eu envie de proposer des desserts géométriques, prédécoupés en quatre ou six parts triangulaires.» Le client choisit ainsi sa composition entre tiramisu, caramel salé, meringue citronnée (une tuerie addictive!) et chocolat passion. Et n’a pas besoin de jouer du couteau à la maison. Trop aimable.

Ouvert le 1er juin, le magasin séduit illico le voisinage. «On a été dévalisé», s’amuse Christophe en balayant l’étal des chocolats, en effet dépeuplé. Il faut dire qu’elle est à croquer, la nouvelle chocolaterie. Sobre, design, cosy. Monsieur pâtisse dans un petit labo, séparé par une paroi vitrée du magasin où madame dorlote la clientèle. Décrit. Conseille. Explique. «Le but, et notre plaisir aussi, c’est de partager notre passion, notre savoir, nos choix.» Décidément trop choux, ces Renou.

Mr et Mrs Renou,39, rue Saint-Joseph, Carouge. Fermé lundi et mardi.

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