Neia, l’appli de rencontre culinaire entre cordons-bleus et cols blancs

Fines gueulesUne plateforme genevoise de partage pour lunchs faits maison. Lancement lundi.

L’équipe de Neia. Quatrième en partant de la gauche, le boss, Blas.

L’équipe de Neia. Quatrième en partant de la gauche, le boss, Blas. Image: Frank Mentha

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Il est midi. Pause déjeuner. Le voilà battant le pavé. Il a les crocs. Il a usé les charmes des quatre bistrots voisins. Il s’est fatigué du food truck de garde, des salades de la supérette et des sandwichs du boulanger. Il rêve d’un repas sain et savoureux, d’un repas comme à la maison, mitonné avec tendresse sur une gazinière domestique. Ce col blanc affamé autant qu’insatisfait, comme quelques milliers d’autres sur le bitume genevois au même instant, peut-être croisera-t-il un cordon-bleu qui vit ou travaille dans le quartier et adorerait régaler ses contemporains de ces bons petits plats mitonnés par ses soins. Jamais les deux ne vont se rencontrer. Voyez le sublime rendez-vous loupé?

Mettre en contact ces deux-là, le passionné qui cuisine et l’employé qui a la dalle, c’est le credo de Neia. Soit une toute nouvelle application qui sera lancée à Genève les deux prochaines semaines. Et qui entend «révolutionner la pause déjeuner». Mazette! C’est quoi, cette histoire? «J’adore manger. Mais je suis incapable de cuisiner», raconte avec entrain Blas Pegenaute, Espagnol de naissance, Suisse d’adoption, créateur de start-up en série et papa de ladite appli. «En 2017, ma collègue de bureau débarquait toujours avec des gamelles alléchantes. Je lui ai proposé de préparer des portions supplémentaires. Et de fil en aiguille, l’idée de Neia est née.»

Maîtres-queux inspirés

Comment ça marche? Côté cuisinier, il s’agit simplement de télécharger gratos l’appli. De se créer un profil puis de prendre son repas en photo. De le décrire. De fixer un prix – en moyenne entre 10 et 13francs, sur lesquels la start-up retient 20%. Puis de cliquer sur «ajouter» pour l’expédier en ligne. Neia fournit gracieusement les boîtes recyclables pour emballer le miam, qui sont expédiées préalablement aux cuistots par la poste.

Et côté consommateur? On se connecte, on se géolocalise, pour découvrir, dès la veille du lunch, les agapes disponibles à proximité. Une fois le marché conclu, les deux parties se filent rendez-vous: livraison main à main sans frais ni cash, le règlement se menant en ligne. Une fois son assiette saucée, le mangeur peut noter sa pitance, manière d’encourager les maîtres-queux inspirés. Ou de disqualifier les gâte-sauces.

Au boulot depuis le printemps dernier, Blas et ses collègues ont peaufiné leur affaire. «On a commandé une étude de marché auprès de la Junior Entreprise de l’Uni pour découvrir que la moitié des gens qui cuisinent chez eux sont prêts à préparer deux ou trois rations supplémentaires deux ou trois fois par semaine. Avant même le lancement réel de l’appli, 150 personnes se sont inscrites, dont vingt cuisiniers, moitié hommes et moitié femmes, de 20 à 55 ans. On mise sur 50'000 repas échangés cette année à Genève. L’idée, c’est de se développer au niveau national pour atteindre un volume viable. Pour l’heure, c’est quasi du bénévolat.»

De la place pour tous?

Évidemment, on imagine que les restaurateurs et cafetiers du cru ne vont pas forcément trouver l’entreprise à leur goût. «On n’est pas là pour se battre. Il y a de la place pour tous. Et puis rien ne remplace l’expérience d’un repas au restaurant», rassure Blas. «Notre ambition, c’est de retrouver une économie de partage local. De promouvoir une cuisine saine, à partir de produits locaux. On a une diététicienne dans l’équipe, Anouck Grau, qui peut conseiller les cuisiniers et proposera de réguliers ateliers. Le premier d’entre eux, il y a quelques jours, a attiré 50 personnes.»

Plan-les-Ouates sera la première zone test de lancement de l’appli. Elle embrasera tout Genève deux ou trois semaines plus tard. Dès lundi, les marmitons intéressés peuvent s’inscrire. Puis poster leurs propositions en fin de semaine pour des livraisons le 2mars. Affamés du lunch, à vos smartphones!

Créé: 22.02.2020, 12h00

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