1984 Création du CAVE, le Club des amateurs de vins exquis

J'y étaisLe cénacle œnophile romand fête ses 30 ans. Rencontre avec son gourou Jacques Perrin.

Jacques Perrin est considéré comme un des meilleurs dégustateurs d’Europe. Il a sélectionné 1800 nectars pour son Club des amateurs de vins exquis.

Jacques Perrin est considéré comme un des meilleurs dégustateurs d’Europe. Il a sélectionné 1800 nectars pour son Club des amateurs de vins exquis. Image: ALAIN ROUÈCHE

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Le CAVE représente un temple pour les adorateurs romands de Bacchus. Il faut dire qu’avec ses 1800 vins «d’auteurs» sélectionnés par un des plus fins palais d’Europe, l’offre du Club des amateurs de vins exquis excite les papilles de ses fidèles. En cette année 2014, le cénacle œnophile passe vigoureusement le cap de la trentaine.

«C’est une série de rencontres, de hasards et de nécessités intérieures» qui ont amené la naissance du CAVE, raconte Jacques Perrin, son créateur. Au milieu des années 80 en effet, ce prof de philosophie élégant et raffiné, amateur de rock à ses heures, bifurque.

Passionné de gastronomie et de crus de caractère, il se lance à fond dans les plaisirs de la bouche, qu’il ne satisfaisait jusque-là que par hobby. «Un ami s’apprêtait à ouvrir un bar à vin à Plainpalais, un des premiers de Genève. Il m’a invité à dresser la carte». Ainsi est né le CAVE, en 1984, dans les murs du Ballon rouge, à la rue du Vieux-Billard.

Le bistrot ne tient guère plus de deux ans, mais le club lui survit. Puis s’élargit. A tel point que Jacques Perrin en fait assez rapidement son métier à plein temps. «Nous vivions alors des années charnières. L’intérêt pour le vin gagnait peu à peu de nouvelles couches de la population. Et une jeune génération de vignerons commençait à s’imposer», se souvient-il.

Nouveaux horizons bacchiques

Les négociants de la place ne s’intéressent qu’aux classiques Bourgogne, Côtes-du-Rhône et Beaujolais. Lui explore de nouveaux horizons bacchiques et ramène des flaveurs inédites de ses pèlerinages: des Languedoc du sud de la France, des Madiran des Pyrénées ou des Priorat de Catalogne. Des crus jusqu’alors inconnus dans nos contrées, qui conquièrent rapidement de nouveaux adeptes.

Le club s’impose donc comme une référence pour ses découvertes et ses sélections pointues. «Mais pas seulement! Nous ne faisons pas que vendre des bouteilles. Le vin est un concentré de terroir. Il prend l’énergie de sa terre et vous la restitue. C’est tout un monde. Nous transmettons son univers, ses valeurs.» Le CAVE possède ainsi son école, où les membres apprennent à goûter, déguster et traquer les particularités de chaque cru.

D’autant que rouges, blancs, rosés ou pétillants, les breuvages proposés par le club ont tous une forte identité. Celles de leur terre d’origine et de leur auteur. Car à l’heure de l’industrialisation à outrance des boissons et de la nourriture, la plupart des nectars proposés par le CAVE sont travaillés par de véritables artisans de la vigne et de la vinification. «Des gens qui mettent une certaine foi dans ce qu’ils font.»

Le club maintient une certaine ligne dans ses sélections. «Nous privilégions la fraîcheur, la finesse et la pureté d’expression», explique Jacques Perrin. De la «naturalité» aussi. Le CAVE se garnit ainsi de plus en plus de vins biologiques ou biodynamiques. Mais «sans en faire une religion».

Public et catalogue diversifié

Surtout, insiste Jacques Perrin: «Tout ce que nous proposons est excellent! Que la bouteille coûte 7 fr. 80 ou 2450 francs. Bien sûr que tel ou tel vin peut ne pas plaire à quelqu’un. Chacun a son propre goût. Mais nous offrons toujours un produit de qualité.»

En trente ans, le catalogue du CAVE SA s’est fourni, au gré des voyages et des coups de cœur de son créateur. La priorité reste cependant aux breuvages élevés dans le Vieux-Continent, bien que quelques spécialités d’outre-océans se nichent dans le stock.

Au siège de Gland, où le club a installé ses cartons en 1991, des centaines de milliers de bouteilles attendent d’être bues sur de gigantesques étagères. Mais le club garde toujours un petit pied à terre dans la Cité de Calvin qui l’a vu naître, dans une belle cave voûtée du cours des Bastions.

Au fil des ans, le profil des amateurs de vin s’est aussi diversifié. «Dans les années 80, le milieu restait très masculin, formé d’hommes de plus de 35 ans, bien établis. Ça a beaucoup changé. Le public s’est considérablement rajeuni, urbanisé et féminisé. Les goûts sont plus versatiles aussi. Les gens sont beaucoup plus curieux, moins définis.»

La culture de la garde s’est en revanche un peu perdue, regrette Jacques Perrin. «C’est pourtant important de laisser vieillir certains vins, qu’ils développent des arômes tertiaires, que tous leurs éléments s’arrondissent et se rejoignent, formant une sorte de symphonie.» (TDG)

Créé: 28.11.2014, 19h08

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