Daniel Neeser: Dommage que Charlie-Hebdo dessine le visage du prophète de l'Islam

Les blogs de la TribuneVous savez bien que c'est l’offense suprême pour des millions de croyants.

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Daniel Neeser: Dommage que Charlie-Hebdo dessine le visage du prophète de l'Islam Oui, dommage que l'hebdomadaire satirique ait dessiné le visage du prophète de l'Islam en première page. Le texte, lui est très bon, percutant et sensé, de la vraie provocation... Bravo! Mais pourquoi dessiner le visage, même esquissé? Vous savez bien que c'est l’offense suprême pour des millions de croyants. Vous auriez pu tout aussi bien le voiler, comme c'est le cas sur toutes les fresques où le prophète apparaît, c'aurait même pu être très drôle... (cf. le voile dont on parle tant). Il ne s'agit pas de censure mais de bon sens, plus que jamais nécessaire aujourd'hui. De décence aussi et de respect des petits, des incompris marginalisés dans le monde musulman de France, leurs blessures sont si vives, si profondes et les blessés tellement respectables. Je crains que la part sensée et courageuse du texte ne soit occultée par l'image. Dommage!

Claire-Marie Jeannotat : Les "gens biens" des sépulcres blanchis Je n'ai pas lu, ou plutôt, pas regardé "Charlie" par le passé. Je ne serai pas à même de le lire demain, mais je prie pour que la Presse libre continue courageusement son chemin périlleux. "Charlie" emploie la satire pour dire une partie de ce qu'il croit être la Vérité. La satire est un genre qui accentue des aspérités afin de mieux comprendre le tout. Charlie s'expose soi-même sachant que la vérité fait, parfois pour ne pas dire toujours, mal surtout quand c'est parfois un miroir de soi-même. D'autre part, il y a ce qui me fait pleurer... Jésus, le journaliste par excellence ne s'est-il pas adressé "aux gens biens" en leur disant qu'ils étaient des sépulcres blanchis? (…)

Jacques-André Widmer : De la psychologie des foules Pourquoi ne pas tirer parti de l'actualité en complétant son savoir sur la psychologie des foules, en commençant – à tout seigneur tout honneur – par l'opus éponyme du médecin français Gustave Le Bon (1841-1931) ? Pourquoi vouloir aussitôt dénigrer cet auteur classique au motif que ses théories (hostiles à l'idée d'une « race aryenne » notamment) ne seraient que de vieilles lunes à jeter par-dessus les moulins ? (…) Lire les journaux au point de se battre pour obtenir... peut-être un exemplaire du prochain Charlie Hebdo est certes louable au même titre que de manifester pour la liberté d'expression dans les rues de Paris, dans la tradition des "indignés". (…) La crédulité mimétique, elle non plus, n'a pas de frontières, quel que soit son objet, son zèle, sa ferveur.

Jean-Noël Cuénod : Le récit national français est-il en chantier? Chaque pays construit son récit national. Les historiens en dénonceront le caractère mythique, toujours, les erreurs, souvent, et les falsifications, parfois. Il n’empêche qu’aucun ensemble humain ne peut s’en priver s’il veut fonctionner collectivement. Le récit national fait le peuple autant que le peuple fait le récit national. Au fil du temps, ce récit change pour épouser les contours de la société à laquelle il s’adresse. La France abrite aujourd’hui les plus grandes communautés juives et musulmanes d’Europe. Elle doit donc adapter son récit national à cette situation. En 1998, après la victoire d’une équipe tricolore très multiculturelle, la «France Black-Blanc-Beur» a été célébrée par les médias. Mais le football n’a pas en France l’importance essentielle, quasi vitale, qu’il a dans d’autres pays comme le Brésil. Cette victoire, même célébrée dans la liesse, n’a pas remué le pays dans toutes ses profondeurs. Les attentats contre Charlie Hebdo et l’hypermarché casher, en revanche, ont bouleversé la France de fond en comble. 1. – «Je suis Charlie. Je suis musulman. Je suis Ahmed» (…) 2. – «Je suis Charlie. Je suis flic» (…) 3. ¬¬– «Je suis Charlie. Je suis juif» (…)

Albert Rodrik : Quel nouvel an ! L'année nouvelle s'est rapidement illustrée. Cette première semaine s'est ouverte par une insupportable monstruosité et s'est achevée par un sursaut de dignité inespéré. Bien. Maintenant, l'heure de la réflexion et de l'introspection est là. Mon but n'est pas d'évoquer le renforcement de Schengen ou le perfectionnement de la collaboration entre services secrets. Je veux rappeler le devoir que nous avons de nous attaquer à la racine du mal, aux multiples tragédies qui prospèrent de par le monde; je pense à la mère de tous les conflits, celui de la cohabitation toujours non réglée sur un minuscule territoire – tellement chargé d'histoire – celui dit de Palestine / Israël. La dénonciation de la barbarie, les sursauts de dignité doivent porter des fruits. Sinon, le cal sur les consciences fournira le prétexte pour d'autres monstruosités.

Edmée Cuttat: "Les nouveaux sauvages" entre humour noir et pétages de plombs. Jouissif Réalisateur, scénariste, créateur de Los Simuladores, une série télévisée très populaire dans son pays, l’Argentin Damian Szifron livre Les nouveaux sauvages, son troisième long-métrage produit par Pedro Almodovar. (…) Des pétages de plombs jouissifs constituant le fil conducteur de ces différents sketches certes un rien inégaux mais le plus souvent très drôles et politiquement incorrects en diable, qui font de ce film une jolie réussite. Y contribuent d’excellents acteurs, à commencer par le grand Ricardo Darin (photo),star du cinéma argentin et notamment héros du formidable «Dans ses yeux», qui nous replongeait dans les sombres années de la dictature militaire et des combines glauques d'après.

André Langaney : Madame et Monsieur Toulemonde Tellement de mails, de sms, de téléphones, d'encouragements de toutes sortes ces derniers jours ! Ça ne fera pas revenir nos amis exécutés par des paumés, mais ça montre au moins qu'ils, que nous ne nous sommes pas trompés en militant pour une totale liberté d'expression, tant qu'elle ne compromet pas celle des autres. Sur l'avenir, pas de doutes, nous continuerons sur la même voie avec, espérons-le un soutien qui permette à nos journaux d'exister sans faire la quête pour survivre, sans se demander à chaque numéro si l'on aura de quoi payer le minimum les collaborateurs ou simplement la fabrication. De plus en plus de journaux libres survivent - mal ! - par le bénévolat et les dons. Cette situation les confine à la confidentialité par rapport aux "fils de pub" et est une offense à la démocratie comme à la libre expression des opinions. Combien faudrait-il de martyres chaque année pour que Madame et Monsieur Toulemonde réalisent durablement que c'est LEUR liberté qui est en cause ? Et puis, bien sûr, il y a le principal, abordé avec pertinence dans les deux commentaires ci-dessous dont je remercie les auteures. D'où viennent et comment arrêter ces victimes de nos sociétés que la misère, l'échec de l'école, la prison et leurs exploiteurs transforment en kamikazes ou en bombes vivantes. (…)

Danièle Bianchi: Charlie et tous les autres (…) Je pense à toutes les victimes du fanatisme et de la violence dans le monde : 2000 tués au Nigeria la semaine passée! Des chrétiens, des bouddhistes, des Yézidis, des baha'is, des musulmans,… Les femmes enlevées et violées, des enfants sans enfance, des hommes massacrés, Dieu! sommes-nous devenus fous ? A Genève il y aura ce mercredi un recueillement interreligieux à 18h à l'Espace Fusterie organisé par la Plateforme interreligieuse et l'Appel spirituel de Genève. J'y serai en pensant à tous, en priant pour tous.

Pascal Gavillet : Anita Ekberg en route pour l'éternité On ne sait trop pourquoi, certaines séquences ou répliques marquent la mémoire collective d'une empreinte si indélébile qu'elles finissent par posséder leur existence propre, indépendamment de l'oeuvre dont elles sont tirées. La séquence du bain de minuit dans la fontaine de Trevi de La Dolce Vita en fait partie. Anita Ekberg et Marcello Mastroianni y font route pour l'éternité. Derrière la caméra, Federico Fellini les dirige. Ce dernier nous a quittés en 1993. Mastroianni en 1996. Quant à Anita Ekberg, elle les a rejoints ce week end, dimanche matin, à l'âge de 83 ans. Sur cette image, on voit le cinéaste régler l'un des plans de la fameuse séquence, qu'on suppose compliquée à mettre en boîte. (…)

Haykel Ezzeddine : Des autobus TPG roulent à Tunis...pour une bonne cause! Lors d’un voyage à Tunis la semaine dernière je suis tombé sur un autobus des TPG non loin de l’avenue Habib Bourguiba, les Champs-Elysées du pays du Jasmin. Surpris et fier à la fois de cette découverte et de retour à Genève, j’ai contacté le service de presse du transporteur genevois qui m’a éclairé sur ce véhicule qui porte toujours les couleurs des TPG. Suite au printemps Tunisien qui a vu la chute du dictateur Ben Ali, les Transports publics genevois ont offert au mois de mars 2012 à la Tunisie neuf autobus déclassés de la marque Mercedes ancienne génération. (…) Et une autre action genevoise pour soutenir les Tunisiens. Je continue dans la même lancée, jeudi 15 janvier les tunisiens de Genève organisent à l’hôtel Montbrillant un dîner de soutien aux victimes de la vague de froid dans le nord-ouest tunisien et commémoration du 4ème anniversaire de la révolution. La participation à ce dîner de bienfaisance est de 100.- par personne. Passez le message.

Créé: 13.01.2015, 17h08

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