Claude Bonard: "C’est pire qu’un crime, c’est une faute."

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Image: DUKAS/POLARIS

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Retrouvez toutes les revue des blogs 15 mai

Claude Bonard: "C’est pire qu’un crime, c’est une faute."

"C’est pire qu’un crime, c’est une faute." Cette formule, prêtée à tort à Monsieur de Talleyrand fut en réalité prononcée par Antoine Claude Joseph Boulay, député de la Meurthe qui la prononça en apprenant l’exécution du Duc d’Enghien, le 21 mars 1804 ! Aujourd'hui, je la fait mienne, horrifié après le bain de sang de Gaza. Un événement dont on n'a pas fini de parler au plan humain et aussi géopolitique.... avec en prime cette inauguration d'ambassade saugrenue à Jérusalem. "Plus sotte que grenue" comme l'aurait dit le regretté Coluche qui s'y connaissait en bêtise humaine. Dans la tragédie, de Gaza du 14 mai 2018 même si le Hamas porte sa part de responsabilité, les tirs de Tsahal me rappellent ceux du "Bloody Sunday" du 30 janvier 1972 en Ulster où 27 personnes ont été prises pour cible par des militaires britannique invoquant une action de légitime défense. Ou encore à la fusillade de la rue d'Isly, du 26 mars 1962 devant la grande poste de la rue d'Isly à Alger faisant 80 morts et 200 blessés suite aux tirs de troupes françaises paniquées. Et en Suisse, n'avons nous pas eu notre "temps des passions", celui des événements du 9 novembre 1932 à Genève ayant fait 13 morts et 65 blessés, suscitant le débat jusqu'à aujourd'hui ? Ou encore à Zurich en 1918, où l'on a frôlé le drame au moment de la grève générale ? (...)

Béatrice Deslarzes: Et les animaux carnivores?

Comment juger et classer les lions et tous les félins sauvages ? Qui sont-ils pour ces extrémistes? Faudrait-il les abattre ou les enfermer? Eux qui s’attaquent aux pauvres gazelles pour en faire leur repas.Et les ours qui osent s'attaquer aux saumons qui viennent frayer dans les eaux pour se reproduire? Les rapaces qui attrapent les petites marmottes pour nourrir leurs oisillons? Et même les vautours qui nettoient les vieilles carcasses laissées par les autres "tueurs"? Comment expliquent-ils cet instinct inné qui pousse tous ces animaux à prendre beaucoup de risques pour se nourrir que de chair vive ou même de charognes lorsqu’ils ne trouvent pas leur proie? Comment vont-ils condamner ces nombreux carnassiers qui nous entourent parmi lesquels font partie nos chers compagnons domestiques qui raffolent les bon morceaux de viande présents dans leur Whiskas ou autres marques qui leur sont réservées? Ne doit-on laisser vivre que les herbivores…

Jean-Michel Olivier: La pensée est un crime

Roland Jaccard aime les paradoxes. C'est normal : il en est un. Ce Lausannois exilé à Paris cultive l'esprit viennois fin de siècle, le nihilisme, la lucidité et le désenchantement. Ses maîtres à penser sont des tueurs : ils se nomment Cioran, Schopenhauer, Spinoza, Freud, Schnitzler, Karl Kraus. Chacun, à sa manière, arrache les masques du réel pour nous rendre à notre humble condition de mortel. Ces tueurs, souvent, ont payé le prix fort pour avoir soutenu une vérité qui dérange : le suicide, la solitude, la pauvreté, etc. Dans son dernier livre, Penseurs et tueurs*, un bijou, Jaccard rend hommage à ces figures de la liberté souveraine sans qui — c'est une évidence — nous ne serions pas ce que nous sommes. Ces docteurs en désespoir (Cioran, Schopenhauer) nous ont ouvert des horizons insoupçonnés en renversant les idoles éternelles (Freud l'iconoclaste) ou en jetant une lumière crue sur nos désirs et nos résolutions égotistes. (...)

Carol Scheller: Plaidoyer pour la vie

Le Centre israélien d’information pour les droits humains dans les territoires occupés B’Tselem offre un aperçu de la vie autour des manifestations à Gaza ces dernières semaines. Ce documentaire photo montrent des gens qui connaissent et cultivent l’art de vivre. La Grande Marche de Retour a été l’occasion unique de se retrouver entre générations, de partager vécu et héritage et de sentir que son existence a une valeur. C’était la création apolitique des individus de la société civile. Evoquer l’injustice de la situation de la Palestine, et de Gaza en particulier, prend tout son sens face à la violence folle de l’armée israélienne ce 14 mai. Ce jour-là, soixante et un personnes sans armes ont été tuées par des tireurs d’élite, parmi eux, huit enfants. Le nombre de blessés : au moins 2'700, dont plus de mille victimes de balles réelles. La menace supposée de ces gens est une fabrication soigneusement préparée et diffusée par l’Etat d’Israël. «C’est un massacre d’un peuple sans Etat soumis à un siège militaire, » écrit Mairav Zonszein en 972 mag. (...)

Hani Ramadan: Gaza et la RTS

C’est avec stupéfaction et colère que j’ai suivi la couverture médiatique offerte par le 19h30 de la RTS ce 15 mai 2018, concernant les massacres perpétrés par l’armée israélienne à l’encontre des civils palestiniens : Au lieu de souligner le caractère particulièrement odieux d’actions qui contreviennent aux Conventions de Genève (il semble que la mort de « plusieurs dizaines de Palestiniens », abattus froidement par Tsahal, soit un événement assez ordinaire), Darius Rochebin et Stéphane Amar se contentent de relever le contraste entre la joie des uns, et la colère des autres. S’en suivent des propos et des séquences tout à la gloire de l’Etat hébreu… (...)

Didier Bonny: « Place Publique» : un peu trop sage

Un film d’Agnès Jaoui et de Jean-Pierre Bacri, elle à la mise en scène, et les deux devant la caméra au milieu d’un casting cinq étoiles, ça donne forcément envie aux amateurs de comédies caustiques d’aller le voir. (...) Les aux acteurs sont excellents. Jean-Pierre Bacri est finalement plus touchant que drôle dans son rôle d’animateur vieillissant qui tente de se protéger en faisant preuve d’un cynisme, mais qui est loin de toujours y parvenir. Reste donc l’action qui tourne en rond et réserve par conséquent peu de surprises : Jaoui/Bacri font du Jaoui/Bacri. C’est suffisant pour passer un bon moment, et c’est déjà pas mal, mais on aurait souhaité plus de folie (3 étoiles). Toujours à l'affiche 5 étoiles. « Call me by your name». 4 étoiles. « 3 Billboards »…

Charly Schwarz: Les politiques rendent la planète inhabitable

Dans une dictature, l’argent sert à acheter les armes et à payer la police et l’armée qui permettent de se maintenir au pouvoir. En démocratie, l’argent permet de se faire réélire, en procurant des avantages matériels aux secteurs de la société dont le soutien électoral est indispensable. Mais en règle générale, les gouvernements ne prennent aucune mesure qui irait à l’encontre des intérêts d’un secteur industriel puisant, aussi destructrices que puissent en être les activités, à moins d’y être contraints par la pression de l’opinion publique. (...) Ce sont ces "politiques" qui sont en train de rendre la planète inhabitable.

Philippe Gindraux: Vive les TPG

Les trams et les bus à Genève... Une ronde infernale à laquelle il faut s'habituer, ce qui n'est guère aisé. Un exemple : aux (avant) dernières nouvelles, les bus ont, dans maints quartiers, modifié leurs arrêts sans crier gare. Témoin la route de Malagnou entre le Musée d'Histoire naturelle et l'avenue Weber. Les bus s'arrêtaient au lieudit Bois-Gentil. Excellente idée pour y déposer notamment les élèves de trois écoles voisines. Or l'arrêt n'existe plus! Quant au suivant, il n'a ni abri ni distributeur de tickets! Autre remarque : au nom de la sacro-sainte vitesse commerciale, le conducteur ignore les arrêts si personne ne lui fait signe de la rue ou si les passagers, qui désirent descendre, n'appuient pas au préalable sur un bouton ad hoc. Malheur à ceux qui ignoreraient cet affreux détail! Vive le confort des usagers!

Pascal Décaillet: La langue, petite musique de nuit

L'Histoire de l'Allemagne est celle de la langue allemande. La correspondance, l'intimité, de l'une à l'autre, sont totales. À y regarder de près, c'en est troublant, effarant même de précision. Luther, en traduisant la Bible en 1522, invente l'allemand moderne. Créateur de mots, génie du verbe. Il propulse les Écritures dans la langue parlée de chaque Allemand de son temps. Il dissout les cléricatures, parle à chaque humain. C'est l'une des plus grandes Révolutions de l'Histoire humaine. (...) Plus que le simple solfège, elle en est la petite musique de nuit. Ou mieux : le fil conducteur, ou Leitmotiv, comme chez Wagner. Jusqu'à Paul Celan (1920-1970), sans doute le plus grand poète de langue allemande du vingtième siècle. Un Allemand de Roumanie, toute sa famille disparue dans les camps. Lui, survit. Il ne lui reste rien, et dans son œuvre, il fait constamment allusion à ce rien, ce vide. Il ne lui reste rien, si ce n'est la langue allemande… (TDG)

Créé: 15.05.2018, 14h48

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