Le journalisme se retrouve fragilisé

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Notre génération a construit un lien fort avec Internet. Outil tout-puissant, il s’est imposé dans notre quotidien. Mais Internet ne fait pas tout. Il crée relativement peu de lien social, informe assez sommairement lorsque l’on s’écarte des sources d’information fiables et change petit à petit chacun des secteurs de notre vie économique, politique et sociale. Alors qu’aujourd’hui, nous sommes toutes et tous connectés, il est important de rappeler qu’une information vérifiée n’est pas égale à une rumeur largement partagée. Que la diversité des opinions ne s’exprime pas uniquement à travers des commentaires en ligne. Et que la presse n’est pas une variable d’ajustement, mais bien un pilier essentiel à notre vie quotidienne.

Le reflet d’une époque où le rendement écrase la qualité, où le buzz domine l’information

Derrière chaque article, il y a des journalistes, secrétaires, photographes, pigistes, infographistes et bien d’autres professionnels qui s’impliquent quotidiennement pour produire un contenu de qualité reflet du monde. Parce qu’au final, ce n’est pas le profit qui guide ces passions, mais bien le désir tenace d’interroger, de vérifier, de comprendre, de vulgariser et d’informer.

Or, dans ce monde qui évolue, le journalisme se retrouve fragilisé. Rachats, fusions, plans de licenciements et disparitions: ce sont malheureusement les grands qualificatifs de notre presse écrite. Dans le monde, en Europe, en Suisse et même à Genève. Aucune partie du globe n’est épargnée par la logique du profit, renforcée par une centralisation forte des grands groupes médiatiques. Alors que certains adeptes de la doxa libérale parlent de rationalisation, de compétitivité et d’évolution indispensable, nous souhaitons rappeler que tous ces choix sont surtout le résultat de volontés claires et de choix économiques assumés. Et la lente – et trop actuelle – agonie de la presse écrite doit nous interpeller.

Elle est le reflet d’une époque où le rendement écrase la qualité, où le buzz domine l’information, où le profit anéantit des carrières. Bref, une époque où l’économie compte davantage que notre démocratie. C’est une évidence: le monde journalistique évolue, il se transforme et cherche à s’adapter. Mais cette évolution ne peut se faire dans la brutalité et le dogme. En effet, de telles manœuvres interpellent et choquent. Il suffit de se remémorer l’émotion suscitée par l’éventuelle disparition de la RTS. Refusée à près de 75% à Genève, cette votation a rappelé l’importance d’avoir des médias indépendants, forts et soutenus.

Cet attachement, massivement exprimé dans la presse, sur les réseaux sociaux, dans les cafés et sur les marchés, existe aussi envers nos journaux.

Dans un pays où l’accès à l’information est si important pour la vie démocratique, ces attaques perpétuelles envers la presse écrite nous affaiblissent toutes et tous.

La question d’une aide publique doit ainsi pouvoir être envisagée sans affronter une levée de boucliers. Parce que si dans de trop nombreux pays, certains luttent pour la liberté de la presse, à Genève, c’est pour sa survie que notre voix s’élève.

(TDG)

Créé: 12.07.2018, 10h23


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