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Ville et Canton s'attaquent, unis, à la centrale du Bugey

Deux des cinq réacteurs de la centrale ne fonctionnent plus et un entrepôt de déchets radioactifs est en construction sur le site.
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La Suisse s'agite à nouveau autour de l'atome. Le même jour où le Conseil national s'attaque au débat énergétique et où l'on apprend que la centrale nucléaire de Mühleberg cessera son activité en 2019, la Ville de Genève et le Canton lancent leur offensive contre la centrale française du Bugey. Situé dans l'Ain, à 70 kilomètres à vol d'oiseau de Genève, le Bugey est l'une des plus anciennes installations nucléaires de France.

Mercredi à 13 heures, une plainte pénale contre X a été déposée à Paris par les deux collectivités et leur avocate, Corinne Lepage, spécialiste du droit de l'environnement et ancienne ministre française. Motifs: «mise en danger de la vie d'autrui et pollution des eaux».

C'est en réalité l'invitation à une conférence de presse conjointe du Conseil d'Etat et du Conseil administratif qui se tiendra lundi qui a mis en émoi les médias. Un peu trop explicite, le sujet ne pouvait que lancer la chasse aux informations.

Un combat déjà ancien

Si on ne connaîtra que lundi le détail de la plainte pénale, le fait que les deux collectivités travaillent désormais ensemble est déjà une information. En mars 2015, la Ville de Genève annonçait sa volonté de repartir au combat contre la centrale. Le Conseil administratif mandatait pour cela Corinne Lepage, qui avait déjà défendu la Municipalité dans sa lutte contre Superphénix dans les années nonante.

Il y a une année, elle avait promis de définir une stratégie pour porter l'affaire devant la justice. Visiblement, son dossier a convaincu le Conseil d'Etat de se rallier à la procédure.

Aussi des déchets radioactifs

Mise en service en 1972, la centrale a connu au fil des ans différents problèmes, qui ont alerté les autorités genevoises (lire ci-contre). Sur ses cinq réacteurs, seuls trois fonctionnent. Un est en phase de démantèlement et un autre est à l'arrêt depuis six mois en raison d'un défaut d'étanchéité dans l'enceinte de confinement.

De plus, dès 2010, EDF a souhaité bâtir sur le site un entrepôt pour stocker 2000 tonnes de déchets radioactifs. Le Canton de Genève et la Ville ont vainement tenté de faire interdire par voie judiciaire sa construction. La nouvelle plainte pénale déposée pourrait donc viser à la fois la fermeture de la centrale et le dépôt en phase de construction.

Contacté, le conseiller aux Etats écologiste Robert Cramer se dit certain d'une chose: «Corinne Lepage est une des meilleures spécialistes du droit de l'environnement en Europe. Si elle se lance, c'est que sa plainte est sérieusement construite.»

Le motif de la plainte contre X

On en profite pour lui demander la raison pour laquelle la plainte est dirigée contre X. «Dans ce type de dossier, il est difficile de définir un unique responsable, explique-t-il. C'est une chaîne de responsabilités et seule l'enquête peut permettre de les attribuer.»

De son côté, EDF ne souhaite pour l'instant pas répondre à la presse: «Nous sommes au courant du dépôt de cette plainte, admet toutefois la chargée de communication d'EDF pour le site du Bugey. Mais nous ne ferons pas plus de commentaires.»