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Football«Vevey avait préparé un vrai traquenard»

Au même titre que ses joueurs, Alain Geiger a sué mercredi soir avant de voir son Servette passer l’épaule en Coupe (2-4). Mais le coach grenat a surtout passé une très bonne soirée, dans une atmosphère particulière.

Eric Lafargue

Alain Geiger, Vevey s’est réjoui du respect qu’a montré Servette au «petit» mercredi. Vous en dites quoi?

Premièrement, qu’il aurait fallu être fou pour les prendre de haut. Ils nous avaient préparé un vrai traquenard, dans le bon sens du terme. Pour se mettre dans leur bulle, ils ont fait référence à l’histoire de club, à leurs grandes années. Je les ai bien connues, j’ai joué contre Vevey à l’époque. Mercredi, pour eux, c’était l’événement. Ils nous ont analysés sous toutes les coutures, préparé ce match comme aucun autre, leurs supporters ont encore fait monter la température. J’ai prévenu l’équipe qu’on ne pouvait pas s’attendre à un match facile.

Et deuxièmement?

Qu’eux aussi nous ont témoigné énormément de respect. On a été accueilli comme des rois, chacun a eu droit à sa corbeille de fruits, à une petite attention. Au final, on gagne, d’accord. Et quelque part, c’est sûrement mieux que ce soit Servette qui aille représenter la Suisse romande plus loin dans le tableau. Mais je crois qu’il faut parler d’un événement sportif particulièrement bien réussi.

Voir autant de monde autour du stade, ça ne vous a pas gêné?

Ça dépend de quoi on parle. Je peux comprendre qu’autant de supporters se soient réunis. D’ailleurs, je me dis que Vevey ne les a sans doute pas dissuadés de venir. Le seul bémol de la soirée de ce côté-là, c’est que certains ont encastré une barrière à l’arrière de notre bus en partant.

Ah…

En revanche, on a été surpris. Ça faisait un an, au moins, qu’on n’avait pas joué un match dans une telle atmosphère. On a pris l’habitude d’entendre l’arbitre, les joueurs. Là, rien. Ça a été dur pour passer les ordres depuis le banc. La Coupe, c’est avant tout des émotions. En l’occurrence, elles étaient clairement de leur côté.

«Il faut parler d’un événement sportif particulièrement bien réussi.»

Alain Geiger, entraîneur du Servette FC

Des émotions, c’est ce qu’il vous a manqué pour passer une soirée plus tranquille?

Mais entrer dans une compétition comme la Coupe de Suisse, ça n’a rien d’évident. Vevey avait peut-être ce petit avantage sur nous. Il s’agissait de son sixième match, nous du premier. Ça demande un déclic, c’est une habitude à prendre. Ma petite crainte, c’est qu’on ne parvienne pas suffisamment dans les prochains tours à entrer dans l’état d’esprit Coupe. C’est dur en jouant tous les trois jours. Je vais m’efforcer d’essayer de transmettre ça à mes joueurs.

L’affaire aurait tout de même pu être classée en cinq minutes…

C’est vrai. Après, c’est l’histoire du foot. On ne rentre pas nos occasions, Vevey prend confiance, on tombe dans son rythme et tout devient très dur.

Si vous n’avez laissé que Jérémy Frick, Gaël Clichy et Gaël Ondoua au repos, c’est que vous aviez senti le coup venir?

Vous l’avez dit, on n’a pas pris ce match à la légère. Aussi parce qu’on s’est rendu compte du nombre d’équipes de Super League éliminées par des formations moins bien classées. Concernant Frick, Clichy et Ondoua, ils avaient vraiment besoin de souffler, après avoir beaucoup enchaîné.

«Dans les années 80, à Servette, on était un peu les nantis. À Vevey, les joueurs arrivaient au stade à vélo»

Alain Geiger, entraîneur du Servette FC

On ne vous apprend rien en rappelant que Servette n’est plus qu’à deux victoires de sa première finale en Coupe depuis vingt ans…

On a ça dans un coin de la tête, bien sûr. Mais si on rejoue un match comme celui de mercredi contre Kriens, je ne suis pas sûr qu’on verra les demi-finales. Alors la finale, c’est loin… Je sais que n’avoir «que» quatre matches à gagner pour remporter un trophée, ça ressemble à une aubaine. Mais c’est tout aussi piégeux.

Vous disiez avoir connu le grand Vevey Sports de l’époque. Vous en gardez quels souvenirs?

Un très joli but que j’avais inscrit à Genève. Il avait été pris en photo, on m’y voit en train de lever le bras. Je la regarde parfois. Et puis surtout, le choc des deux mondes quand on allait jouer là-bas. À Servette dans les années 80, on était un peu les nantis. Tandis qu’à Vevey, les joueurs arrivaient au stade à vélo. On aimait bien en rigoler.