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CinémaVenise attend sa Mostra en septembre, signe d’espoir

La 77e Mostra de Venise, qui doit se tenir début septembre, est vue comme un «signe d’espoir» par le monde du cinéma paralysé par la pandémie.

L’équipe de la Mostra continue à travailler à l’organisation du festival post-coronavirus, pour respecter les nouvelles règles de sécurité et de distanciation physique.  AFP/archive
L’équipe de la Mostra continue à travailler à l’organisation du festival post-coronavirus, pour respecter les nouvelles règles de sécurité et de distanciation physique. AFP/archive

La 77e Mostra de Venise, qui doit se tenir début septembre, est vue comme un «signe d’espoir» par le monde du cinéma, dans une année marquée par les fermetures de salles, les suspensions des tournages et les annulations de festivals pour cause de pandémie.

La période douloureuse, où un virus a paralysé la planète et fait des dizaines de milliers de morts, a obligé les grandes productions à reporter leurs tournages et les grands festivals à annuler leurs éditions 2020, à commencer par le 73e Festival de Cannes, normalement prévu pour se dérouler en mai.

Plus tardif dans la saison, le rendez-vous vénitien est quant à lui maintenu par ses organisateurs, en particulier son incontournable directeur Alberto Barbera. Il a confirmé vendredi que la 77e édition se tiendrait bien du 2 au 12 septembre.

«Ce sera une édition avec des caractéristiques uniques dans son histoire et pour cette raison aussi on s’en souviendra», a promis M. Barbera, dans une annonce sur son compte Instagram. «Nous ne savons pas exactement ce qui sera possible de faire», a-t-il cependant reconnu, tout en espérant «pouvoir repartir de la meilleure manière possible».

Convaincue qu’à la fin de l’été la situation sanitaire sera plus sûre, l’équipe de la Mostra continue à travailler à l’organisation du festival post-coronavirus, pour respecter les nouvelles règles de sécurité et de distanciation physique.

«Dans le milieu du cinéma, qui naît des idées, des passions, tout le monde pense que le meilleur endroit pour célébrer le septième art et montrer sa vitalité, c’est le plus vieux festival du monde», explique à l’AFP Giorgio Gosetti, chef de la section parallèle La Giornata degli Autori (La Journée des auteurs), l’une de plus innovante pendant la Mostra.

«Pas arrêté de travailler»

«C’est comme si nous recommencions à zéro depuis 1932, date de sa création», estime-t-il.

Alberto Barbera a toutefois exclu à plusieurs reprises qu’elle puisse se dérouler en ligne, pour des spectateurs virtuels. Mais nombreux sont les cinéphiles et les amoureux de rendez-vous qui pensent que le nombre de films sélectionnés, généralement plus de 200, et de stars invitées sur le tapis rouge du Lido, sera sensiblement réduit.

«Nous n’avons pas arrêté de travailler», a confié à l’AFP Angela Prudenzi, l’une des membres du comité de sélection du festival, estimant que cette année «les yeux seront tous tournés vers les films, ce qui est une très bonne chose».

La liste des films qui seront projetés en septembre reste secrète. Elle est généralement publiée chaque année à la fin juillet.

Mais problème: le Festival de Cannes va dévoiler mercredi sa propre sélection, une liste de 50 à 60 films bénéficiant du label «Cannes 2020», spécialement créé après l’annulation de la 73e édition.

Or traditionnellement, chacun des deux grands festivals du cinéma mondial souhaite la primeur pour sa sélection, et que les films présentés le soient en première mondiale. Quid donc des films choisis cette année par Cannes, et qui forcément ne bénéficieront pas du rayonnement habituel du rendez-vous sur la Croisette?

Certains, comme «The French Dispatch» de Wes Anderson et le film d’animation «Soul» des studios Pixar, ont dû repousser leur date de sortie.

Ce pourrait être aussi le cas du dernier long-métrage de Nanni Moretti, «Tre piani» (Trois étages), basé sur le roman éponyme de l’Israélien Eshkol Nevo, et pour lequel le délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux, a montré un vif intérêt.

Un label «Cannes 2020»?

Le magazine de référence Hollywood Reporter assure, lui, que le film du réalisateur italien, grand habitué de la Croisette où il fut palmé (en 2001) et président du jury (en 2012), devrait être présenté dans la Cité des Doges.

Souvent vus comme rivaux, Cannes et la Mostra vont-ils cette fois, vu les circonstances exceptionnelles, réussir à s’entendre?

«Depuis le début de la crise sanitaire, Alberto Barbera et moi-même discutons de la possibilité d’un geste partagé pour l’industrie du cinéma», ont déclaré ces derniers jours Thierry Frémeaux. «Nous ne savons toujours pas à quoi cela pourrait ressembler, mais il (Barbera) est ouvert et favorable à l’idée», a-t-il assuré.

«Ceux qui auront le label de Cannes ne seront pas projetés à Venise mais ils peuvent être lancés dans d’autres festivals, comme Toronto ou San Sebastian», tempère de son côté Giorgio Gosetti, indépendant de la Mostra mais généralement bien informé.

Pour la Mostra, «le défi consiste à présent à réaliser le festival de façon innovante», constate le documentariste Piero Cannizzaro.

«Le coronavirus nous oblige à chercher de nouvelles solutions, à mettre les mains dans la pâte pour obtenir un autre type de pain. Au final, ce sera positif», assure le réalisateur qui, comme beaucoup de ses confrères, a vu plusieurs projets s’arrêter à cause de la pandémie.

«Qu’une industrie qui souffre en ce moment, comme celle du cinéma, redémarre est un message d’optimisme», s’est félicité quant à lui, dans une interview au journal Il Manifesto, Giona Nazzaro, délégué général de la Semaine de la Critique, une autre des sections parallèles de la Mostra.

AFP/NXP