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CriminalitéVaste coup de filet contre la mafia calabraise

Près de 600 gendarmes français et carabiniers italiens ont interpellé 46 personnes et ont procédé à des saisies pour un montant de 900’000 euros.

Opération d’envergure franco-italienne contre la mafia calabraise.
Opération d’envergure franco-italienne contre la mafia calabraise.
Keystone/archive

Près de 600 gendarmes français et carabiniers italiens ont pris part mardi à un coup de filet des deux côtés de la frontière visant notamment la mafia calabraise et une bande criminelle française, interpellant 46 personnes et effectuant pour 900’000 euros de saisies.

Selon les carabiniers italiens, cette opération conjointe entre les carabiniers de Gênes (Ligurie, nord-ouest) et la gendarmerie de Paris et Marseille, avec l’aide de l’agence européenne de coopération judiciaire Eurojust, a permis d’arrêter à requête de la justice italienne 14 personnes «pour détention et trafic d’armes et de drogues, fabrication et détention de fausses pièces d’identité, ou aide à la cavale d’un membre de la «'Ndrangheta», la mafia calabraise.

Vaste dossier de trafic de stupéfiants

En outre, 32 autres personnes soupçonnées d’»association de bande armée, trafic de drogues et vol» ont été arrêtées sur requête de la justice française, toujours selon ce communiqué des carabiniers, qui évoque des saisies, dont la nature n’a pas été précisée, d’un montant de 900’000 euros.

«Le 15 septembre, 450 militaires de la gendarmerie française et 120 carabiniers italiens ont procédé à l’interpellation des protagonistes d’un vaste dossier de trafic de stupéfiants entre la France et l’Italie», a de son côté écrit le parquet de Marseille dans un communiqué.

«Cette opération de grande envergure conduite dans le cadre d’une équipe commune d’enquête placée sous l’autorité conjointe de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille et du parquet anti-mafia de Gênes a permis de démanteler une équipe criminelle française sévissant dans le sud de la France ayant partie liée avec la mafia calabraise, la «'Ndrangheta», a-t-il ajouté.

Cette enquête, lancée en 2018, a permis de «mettre en évidence l’existence d’un réseau actif entre Italie, France, Belgique et Hollande dans l’approvisionnement et la distribution d’armes et d’énormes quantités de stupéfiants», ont encore précisé les carabiniers.

Grosses quantités de coke

Toujours selon eux, elle a notamment démontré des transactions portant sur la vente de drogues (cocaïne, haschich et marijuana) et d’armes (y compris de guerre, comme des Skorpion et des AK47) entre Carmelo Sgro, lié au clan Gallico, et un narcotrafiquant français ayant des rapports avec la famille Magnoli, implantée depuis des années sur la Côte d’Azur, avec des ramifications en Belgique et aux Pays-Bas.

L’enquête a aussi abouti à l’identification d’un groupe d’Albanais alimentant ce groupe criminel avec d’énormes quantités de cocaïne.

Toujours selon le communiqué des carabiniers, la famille de Carmelo Sgro a favorisé la cavale de Filippo Morgante, haut responsable du clan Gallico, en l’aidant à se déplacer et en lui fournissant de faux papiers.

Une conférence de presse commune des procureurs de Marseille et de Gênes doit avoir lieu mercredi à 17 h à Marseille.

AFP/NXP