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Polémique en FranceUnef, sexe, race: Le Bas et le haut

Les réunions racisées ou non-mixte du syndicat étudiant français sont de nouvelles discriminations

Ce billet est signé par un blogueur de la llateforme de Blogs en partenariat avec la Tribune de Genève et n’engage pas la rédaction.

Militants de l’Unef manifestant en mars dernier à Évry, en banlieue parisienne.
Militants de l’Unef manifestant en mars dernier à Évry, en banlieue parisienne.
AFP

Comme écrit précédemment le syndicat n’est pas à son coup d’essai. L’ancienne présidente Lilâ Le Bas avait déjà mis en place des réunions non mixtes entre 2016 et 2018. Plusieurs femmes membres de l’organisation avaient accusé de viol, d’agression ou de harcèlement certains responsables masculins. En 2018 Libération affirmait avoir recueilli le témoignage de 16 militantes de l’UNEF. Ces membres féminins du syndicat étudiant, qui compte des milliers d’administratifs à travers la France, se disaient victimes de harcèlement et, pour certaines, d’agressions sexuelles et de viols. La période courait de 2005 à 2013. Vrai ou non? On ne sait pas grand-chose des faits précis et du contexte entre les personnes. Les témoignages sont univoques. On doit croire sans savoir. Fallait-il accabler tous les hommes à cause de quelques-uns? Non.

Dans une organisation marquée par Mai 68 et la révolution sexuelle, que signifient harcèlement et agression? Je rappelle que la sollicitation en elle-même n’a rien de criminel, elle fait partie des relations. Seule la contrainte par la force est un crime. Avec la surmultiplication de l’émotion, je constate qu’on neutralise le sens critique et la rigueur intellectuelle qui doivent présider à toute procédure d’enquête. Pour défendre son organisation, pour ne pas laisser penser qu’il s’agit d’un nid de violeurs, Lilâ Le Bas disait alors: «Blâmer l’organisation, c’est trop facile: il s’agit de comportements individuels.» S’il s’agit de comportements individuels, pourquoi faudrait-il pénaliser tous les mâles ou tous les blancs? Il n’y a aucune autre raison qu’une volonté systémique d’ostraciser et d’exclure l’ennemi. Lilâ Le Bas a donc elle aussi organisé des réunions non-mixtes, sans hommes, pour, disait-elle, éviter aux femmes victimes de se trouver face à leur agresseur.

La culture de la victime

Je fais la même critique que dans mon précédent billet pour les réunions sans blancs: «L’UNEF n’est compétente ou mandatée ni pour recueillir des dépositions de présumées victimes, ni pour juger de cas.» Ce n’est donc pas à l’UNEF de s’occuper de ces aspects des choses. Sans compter qu’il existe toujours un risque de contamination de la parole, par les encouragements de personnes qui servent une idéologie sexiste misandre sous prétexte d’aider des femmes. Je redoute la compétition victimaire et l’habituelle complaisance des militantes, pour qui on ne questionne jamais une accusatrice. Je rappelle au passage qu’une accusation peut être véridique, qu’elle peut être discutable ou qu’elle peut être fausse. L’UNEF considère qu’une forme de ségrégation est bonne. La politisation et la féminisation du syndicat laissent à mon avis place à des dérives. Le problème est en partie dans la contamination entre militantes. «Libé» par exemple décrivait ainsi un moment du Congrès de Toulouse en 2013: «Du fond de la salle s’élève alors le chant du MLF : «Reconnaissons-nous, les femmes. Parlons-nous, regardons-nous. Ensemble, on nous opprime, les femmes. Ensemble, révoltons-nous.» La moitié de la salle chante à cœur joie et applaudit à tout rompre.» Par la grâce d’un refrain collectif et par l’absence de critique sur celui-ci, elles deviennent toutes victimes. Elles font de la culture de la victime.

La nouvelle discrimination anti-homme est une fausse route. La politique de non-mixité pourrait cependant être envisagée dans certains cas: «Les réunions non mixtes, que certains décrient, sont un instrument important: elles ont permis que les femmes se rendent compte que ce qu’elles vivaient n’était pas individuel mais collectif et qu’il fallait répondre de manière collective.» Pourtant je suis en désaccord. En plus de l’incompétence de l’UNEF à traiter d’affaires criminelles et médico-psychologiques, la collectivisation de cette question est néfaste. À partir de crimes individuels on fait une idéologie totale. Pourtant comme le disait Le Bas «il s’agit de comportements individuels» Tous les hommes ne sont pas des agresseurs, tant s’en faut, quels que soient leurs défauts. Tous les comportements, même si parfois offensants, ne sont pas d’intention criminelle. De même toutes les femmes ne sont pas par essence des menteuses. Mais toutes ne sont pas non plus des victimes. Or la non-mixité rend tous les hommes potentiellement coupables et bons à exclure. En collectivisant les cas de réelle agression on généralise et on discrimine.

Interdit aux hommes

La non-mixité est un choix assez fréquent chez les féministes. Au fait, si une femme trans, soit un homme qui se dit femme, veut y participer, est-il/elle accepté? La justification idéologique de réunions non-mixtes peut trouver de l’écho mais elle est trop habitée par des aspects négatifs et les dérives de groupes idéologiques influents. L’intention sous-jacente va toujours plus loin qu’une simple dénonciation. Réunions non mixtes, festival afro féministe Nyansapo non mixte, projets de métros non mixtes, etc., etc. Les féministes n’ont qu’un nouvel apartheid à proposer au monde. C’est sinistre. On trouve dans ce néoracisme et dans le féminisme 2.0 le même harcèlement social constant, à l’égard principalement du mâle blanc. J’y trouve aussi une tristesse de voir où la France est rendue par rapport aux années 1970-1980. L’émission proposée il y a quelques jours par France 2, «Rire ensemble contre le racisme», était déprimante. Même le sketch de Muriel Robin sur la fille qui apprend à sa mère qu’elle sort avec un noir, n’était plus drôle. Jean-Luc Lemoine faisait plus terne qu’un verre dépoli, sans aucun charisme ni force. Sa coprésentatrice noire Nadège Beausson-Diagne posait des questions sans intérêt, affublée d’une coiffure digne d’Obélix. Je crois qu’avec ses faux cheveux blonds, elle s’approprie la culture blanche française. En prétendant lutter contre le racisme on en a lancé une nouvelle vague. J’ai regardé une courte séquence avant de zapper. Je ne supporte plus les émissions qui font la morale. Dernière touche sur l’UNEF et son racisme anti-blancs. En 2019 lors de l’incendie de Notre-Dame de Paris, deux membres du bureau national ont qualifié l’émotion de délire de petits blancs, ou livré des commentaires comme «Franchement les petits blancs font pitié». Autant que les petits racisés pleurnicheurs? L’exemple est venu de haut. La vice-présidente d’alors, Hafsa Askar, postait sur Tweeter ce genre de commentaire. Il y a encore d’autres exemples. Ceux-ci sont assez parlants. Racisme et sexisme sont les deux mamelles du progressisme moderne.

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8 commentaires
    Mathilde Lavenex

    Excellent papier. Cela fait du bien de lire des choses comme ça de temps en temps, ça nous change de l'habituelle doxa. La féministe de gauche que je suis - mais qui n'entend pas se laisser dicter ses opinions par les extrêmes de ces mouvements - applaudit.