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ÉditorialUne Suisse ouverte débattra sereinement

Patrick Monay, Chef de la rubrique Suisse
Patrick Monay, Chef de la rubrique Suisse

C’était il y a quelques jours, à l’ouverture de la session parlementaire consacrée à la crise du coronavirus. L’UDC embouchait sa trompette habituelle en réclamant «le maintien strict des contrôles aux frontières pour éviter l’arrivée de personnes contaminées». Aujourd’hui, cette perspective semble fort heureusement écartée. Si la situation épidémiologique reste acceptable, la Suisse rouvrira dès le 15 juin tous ses points de passage avec la France, l’Allemagne et l’Autriche. Espérons qu’il en sera de même avec l’Italie par la suite.

À l’approche des vacances d’été, c’est une éclaircie bienvenue dans un ciel touristique maussade. Mais aussi une bonne nouvelle pour la sérénité du débat politique suisse. Car une échéance cruciale se profile à la rentrée: la votation sur l’initiative de l’UDC qui veut en finir avec la libre circulation des travailleurs européens. Si la Suisse devait l’aborder en étant repliée sur elle-même, toutes frontières bouclées, ce serait du pain bénit pour ce texte vengeur.

La crise sanitaire démontre par A plus B que la vie économique et sociale est plus compliquée quand la liberté de mouvement est entravée. Songez aux ouvriers agricoles étrangers qui manquent à l’appel dans nos champs. Ou aux infirmières, acclamées pour leur travail, que nos hôpitaux doivent souvent engager hors de nos frontières. Saborder la libre circulation menacerait en outre la relation bilatérale avec notre principal partenaire commercial, l’UE.

La campagne s’annonce néanmoins tendue avant le scrutin du 27 septembre. Concurrence européenne oblige, le chômage en forte hausse pèsera lourd dans la balance. Nos mesures de protection du marché du travail, comme la préférence indigène à l’embauche réactivée dès le 8 juin, ne seront pas de trop pour contrer la stratégie lapidaire du premier parti de Suisse.

«La crise sanitaire démontre que la vie économique et sociale est plus compliquée quand la liberté de mouvement est entravée»