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Rendez-vous des mangeursUne Semaine du goût «antigaspi»

Du 17 au 27 septembre, la manifestation encourage une consommation locale et responsable à travers la Suisse.

Leysin sera le village alpin du goût. Toute la semaine, les producteurs locaux iront à la rencontre des mangeurs.
Leysin sera le village alpin du goût. Toute la semaine, les producteurs locaux iront à la rencontre des mangeurs.
Leysin Tourisme

Consommer local, la Semaine suisse du goût en a presque fait son cheval de bataille. Depuis vingt ans, la manifestation réunit mangeurs et producteurs helvétiques autour d’événements culinaires à la découverte de produits authentiques. Aujourd’hui, à la veille d’une 20e édition qui vient de dévoiler un riche programme à savourer du 17 au 27 septembre, la relocalisation de la nourriture est un «enjeu de taille».

Selon son directeur Josef Zisyadis, le contexte de la pandémie n’a fait qu’accentuer cet objectif. «En confinement, les gens ont d’abord dû renouer avec leur propre cuisine et remettre les mains aux fourneaux. Avant de pouvoir aller à nouveau au contact des producteurs et des restaurateurs. Notre but est d’amplifier cette reconnexion.»

Tout se mange

La question de la proximité des aliments – et donc de la saisonnalité – se pose alors naturellement. Tout comme les enjeux écologiques. Ainsi, en plus d’encourager une consommation locale, la 20e Semaine du goût se mettra à l’heure de l’«antigaspi».

Les lieux labellisés «Fourchette verte Vaud» se pencheront notamment sur le gaspillage alimentaire. «Il s’agit de montrer que tout se mange, que ce soit dans le cochon ou dans la carotte, ajoute Josef Zisyadis. On ne peut pas sortir de cette crise sans se poser des questions sur la nourriture et la planète.»

«On ne peut pas sortir de cette crise sans se poser des questions sur la nourriture et la planète»

Josef Zisyadis, directeur de la Semaine du goût

Puisque le plaisir de manger reste au cœur de la manifestation parrainée cette année par le chef trois étoiles Franck Giovannini, la Semaine met à nouveau en place ses «bons jeunes» destinés aux 16-25 ans. Pour la somme de 60 francs, ils peuvent s’offrir un menu gastronomique dans une douzaine d’établissements. Les inscriptions sont ouvertes dès le 15 août.

Village et rue du goût

Des repas spéciaux dans les restaurants partenaires, aux foires et aux marchés en passant par les dégustations de vin ou de produits du terroir, puis aux ateliers de cuisine et diverses animations pour petits et grands, il y en aura bien pour tous les goûts. Quelque 2500 événements portent le label de la manifestation (dont 126 dans le canton de Vaud).

Cette année, ce n’est pas une ville mais une «région du goût» qui a été désignée pour être l’épicentre de la manifestation. Situé entre Saint-Gall et les Grisons, le Heidiland est «réputé pour ses pinots noirs, ses fromages et ses produits de la pêche» selon le directeur de l’événement. À elle seule, la zone accueillera près de 150 événements durant ces dix jours. Puis viendra la cérémonie de clôture le 27 septembre et l’annonce d’ores et déjà très attendue de la ville du goût 2021, qui sera romande cette fois-ci.

Josef Zisyadis, président de la Semaine du goût.
Josef Zisyadis, président de la Semaine du goût.
Patrick Martin

Deux autres nouveautés émergent en terres vaudoises. Et en altitude, puisque durant la totalité de la manifestation, la commune de Leysin devient le village alpin du goût. Une première. Ainsi écoles, commerces, maraîchers, artisans et restaurateurs proposent visites de brasseries, fromageries, fermes d’alpage ou encore festivals de fondue ou de burgers. À Lausanne, c’est l’avenue de Cour qui deviendra la première rue du goût.

En vingt ans d’exercice, le président Zisyadis remarque que «la population a évolué et s’est inquiétée de plus en plus de ce qu’elle mange. Notre fierté est d’avoir pu servir d’intermédiaire et d’avoir affirmé le pouvoir des mangeurs.» Omniprésent dans le domaine du goût – il est également coprésident de Slow Food Suisse, gageons qu’il sait flairer les tendances.