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Lettre du jourUne réalisation consternante

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Cologny, 19 juin Usager fréquent des lignes de bus E et G, j’ai eu tout loisir de suivre la construction de la plage des Eaux-Vives avec d’abord l’enthousiasme suscité par un projet séduisant, ensuite une curiosité bienveillante lorsque le chantier s’est ouvert, puis des interrogations à mesure que les travaux avançaient et désormais de la consternation au vu des résultats.
Les panneaux installés à l’entrée du chantier sont toujours en place, ce qui permet de comparer l’image idyllique qu’ils projettent avec une réalité bien décevante. Le touriste non prévenu qui aborde Genève par le quai Gustave-Ador voit la rade en partie cachée par des installations qu’avec un peu d’imagination il pourrait prendre pour les halles de montage d’une usine d’hydravions.
Quant au monument commémoratif du débarquement des Suisses au Port-Noir le 1er juin 1814, qui figure sur les armoiries de Cologny, il a désormais de hideuses structures métalliques pour toile de fond en direction de la ville. Ce gâchis irrémédiable aurait été impensable à Zurich et à Lucerne, les deux autres villes de Suisse à bénéficier d’une rade! Il existe toutefois une lueur d’espoir touchant les deux monstrueuses taupinières servant de toilettes: le remède – peu coûteux – consisterait à les «végétaliser» en plantant notamment sur leur pourtour des plantes grimpantes (lierre, vigne vierge, glycine, etc.) qui, en grandissant, finiraient par recouvrir ces pseudo-yourtes.
Au cas où les responsables du chantier y auraient déjà songé, j’enfonce peut-être une porte ouverte, mais qu’ils se hâtent alors de procéder aux plantations suggérées.