Une presse de Gutenberg ressuscitée célèbre Luther
Pour les 500 ans de la Réforme, une exposition retrace la révolution de l'imprimerie avec une presse de 3 mètres.

Il encre le rouleau sur le marbrier - «c'est assez sensuel comme geste!» –, le passe sur les formes d'impression, ouvre le battant du volet mobile appelé «frisquette», insère une feuille de papier, actionne le levier et voilà les chapitres 1 et 4 de la Genèse imprimés. Mercredi, Gabriel de Montmollin, théologien et directeur du Musée international de la Réforme (MiR), s'est improvisé imprimeur, aux commandes d'une presse à l'ancienne. A l'occasion du 500e anniversaire de la Réforme, le MiR propose une exposition interactive qui se tient jusqu'au 31 octobre sur la révolution de l'imprimerie. «Elle a été un formidable catalyseur de la Réforme», résume Gabriel de Montmollin. Pour l'occasion, une presse de Gutenberg de trois mètres de haut a été reconstituée.
«Pour ce 500e, nous voulions revenir sur la mécanique qui a bouleversé le christianisme et les mentalités, continue le directeur. Sans le développement fulgurant de l'imprimerie, la Réforme n'aurait pas connu une telle expansion au XVIe siècle. Lorsque Martin Luther écrit ses 95 thèses, il veut critiquer le comportement de son Eglise. Ce qu'il pense être une dispute théologique interne prend en réalité une autre dimension: il s'aperçoit peu à peu que ses idées sont diffusées, les imprimeurs s'en sont emparés et l'imprimerie leur donne un retentissement inattendu!» Plus de 300 000 exemplaires de ses écrits sortent de presse entre 1517 et 1520.
La presse ressuscitée trône dans un immense cube de verre installé dans la cour du MiR. A un rythme de huit pages par jour, la machine imprimera artisanalement la plus actuelle des traductions bibliques: la Bible des écrivains, des Editions Bayard. Quelque 800 pages au total. Alors on s'est permis une petite entorse au respect d'authenticité: pas de caractères de plomb mobiles – il y en aurait 4 millions à assembler pour composer le texte de cette Bible… – comme c'était le cas à l'époque. Pour gagner du temps, le texte est apposé en relief sur des plaques. Une poignée d'artistes mettra le point final à cette bible avec des illustrations inédites. Les célèbres thèses de Luther, elles, sortiront d'une autre presse, contemporaine, dans les locaux de l'Association pour la conservation du patrimoine (API). Le typographe Yvon Jay a composé le texte en caractères de plomb et Andréas Schweizer, conservateur de l'API, imprimé des fac-similés. Les impressions sont en vente au MiR.
L'imprimerie n'a pas seulement servi de catalyseur à la Réforme: des écrits scientifiques et littéraires ont également bénéficié de cette invention. Une deuxième partie de l'exposition présente quelques-uns de ces best-sellers, des Essais de Montaigne à l'Eloge de la folie d'Erasme.
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