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Commerce de proximitéUne poissonnerie toute neuve débarque à Carouge

A l’enseigne de «Pesca Rouge», un commerce voué au beau poisson et aux fruits de mer vient de naître au cœur de la Cité Sarde. Le premier depuis des lustres à Genève. Visite.

David et Anaïs Comerro avec, à droite, Titouan, le sculpteur de plateau de fruits de mer.
David et Anaïs Comerro avec, à droite, Titouan, le sculpteur de plateau de fruits de mer.
STEEVE IUNCKER-GOMEZ

C’est une collègue qui nous a filé le tuyau. «En passant avec le tram, j’ai vu qu’une poissonnerie allait ouvrir rue Ancienne», nous a-t-elle annoncé il y a un bon mois déjà. On n’en a pas cru un mot, bien sûr. Une nouvelle poissonnerie à Genève? Ha ha ha! Quelle bonne blague! Et pourquoi pas un aiguiseur de hallebarde ou un vendeur de Traction Avant? Cela fait des décennies (lire encadré) que nul commerce de ce genre n’est né au bout du lac.

On est quand même allé traîner nos antennes du côté de Carouge. Et là: surprise! À l’enseigne de Pesca Rouge (attention, jeu de mots!), un poissonnier tout frais, tout beau, tout neuf vient en effet de fleurir au cœur de la Cité sarde. L’eusses-tu cru?

On pousse la porte. Pour se retrouver nez à nez avec un appétissant banc couvert de glace. Rougets et saint-pierres, loups et lieus, lottes, soles et bonites s’y pavanent, entiers ou en filets, dans leur plus bel état. Les yeux brillent, les chairs luisent, les branchies rougeoient. Ces bêtes-là viennent de sortir de leurs flots. À leurs côtés trônent les locaux d’eau douce: perches, truites et féras fumées. Et puis voilà ces chères coquilles: huîtres, tourteaux, bigorneaux, saint-jacques, coques and Co. Sans oublier les crustacés vivants, langoustes, tourteaux et homards, qui frétillent gentiment dans leur vivier. Voyez le tableau. Voyez la marine, plutôt.

Marinières rouges

Cette poissonnerie de rêve, c’est David et Anaïs qui l’ont imaginée puis créée. Il est annécien. Elle est d’origine bretonne, de Carantec, dans la baie de Morlaix. Il est «tombé amoureux de sa femme, puis de la Bretagne». Il œuvrait dans le commerce de textiles. Le web l’a poussé à la reconversion. Elle travaillait à Genève dans une galerie d’art, puis dans l’événementiel. Voilà, grosso modo, pour les CV. Passons aux poissons.

«J’aime la pêche, depuis tout petit», raconte avec entrain David, barbichette sur marinière rouge. Pendant ce temps, son épouse, cheveux blonds sur marinière rouge itou, passe des commandes d’une main tout en répondant, de l’autre, aux appels téléphoniques incessants des Carougeois curieux. Très occupée, la poissonnière. «On a des amis ostréiculteurs. C’est un milieu qu’on connaît bien. Quand j’ai vu ce qui se passait au niveau poisson à Genève, je me suis dit qu’il y avait de la place pour un commerce de proximité avec un bon rapport qualité-prix.»

Départ en trombe

La boutique a ouvert il y a trois semaines. «On a démarré en trombe, et ça va crescendo depuis», se réjouit David. La maison propose des plats du jour, aquatiques bien sûr, que Madame mitonne; de l’épicerie fine, d’origine bretonne bien sûr; des plateaux de fruits de mer sur mesure; un bar à huîtres dès que la météo sanitaire le permettra. Et surtout des poissons d’une indiscutable fraîcheur, on l’a dit. «La plupart d’entre eux viennent de la Criée à Roscoff. Douze heures après, ils sont ici. Pour les poissons du lac, je travaille en direct avec deux pêcheurs, un Français et un Suisse.» Pas de jaloux.

Restent les huîtres – Prat-Ar-Coum, Perle Noire, Morvan-Varquez –, qui font la fierté du poissonnier. «Elles sont sorties de l’eau la veille de leur mise en vente», assure-t-il, en les couvant du regard. Comprenez qu’hier encore ces jolis bivalves barbotaient en Bretagne. Bienvenue à Carouge-sur-Mer, les mollusques.

25 commentaires
    Pauline Hausamann

    Quand on voit le prix du marché moyen à la criée en France (y a cas googler...) et le prix de vente pratiqué sur la photo ci-dessus on se dit que le consommateur suisse est de nouveau le pigeon. Ok ils sont là pour faire du chiffre d’affaire et ils ont des charges, des frais d’importation, mais le kilo de palourdes à 55.— relève du plus haut comique.