Une minijupe vole dans le ciel de Genève

TéléfilmLa série helvético-africaine tournée à Genève par Paulin Tadadjeu Dadjeu est disponible cette semaine sur RTS.CH.

Paulin Tadadjeu Dadjeu, cinéaste helvético-camerounais, titulaire d’un master en cinéma de la HEAD de Genève, est l’auteur de la première série africaine de Suisse.

Paulin Tadadjeu Dadjeu, cinéaste helvético-camerounais, titulaire d’un master en cinéma de la HEAD de Genève, est l’auteur de la première série africaine de Suisse. Image: Lucien Fortunati

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Comme un fragment de dessin animé, une minijupe verte à pois blancs traverse le générique de la série Une affaire de minijupe. Les six premiers épisodes de cette œuvre très originale sont disponibles dès ce mardi 5 décembre, uniquement sur le site Internet de la RTS (www.rts.ch). Ils seront suivis par six autres la semaine prochaine. Dès janvier 2018, ce sera au tour de TV5Monde de prendre le relais, cette fois-ci dans ses programmes habituels destinés à 354 millions de foyers!

Nous voici en été dans une ville bien connue, magnifiée par le regard neuf de Paulin Tadadjeu Dadjeu, qui la connaît depuis 2006. Ce jeune réalisateur né au Cameroun a lancé l’idée en 2013 de ce feuilleton joué par des comédiens amateurs choisis pour la plupart dans la population genevoise d’origine africaine. Un projet mené à bien au prix d’efforts considérables et d’un sprint final haletant. (voir la «Tribune de Genève» du 29 juin 2017). Il s’agissait de financer la postproduction de la série au moyen d’un crowdfunding heureusement achevé en août dernier.

Jeudi 1er décembre sur la scène de l’Alhambra, ils étaient tous là, les très nombreux comédiens de la série, pour une avant-première fort applaudie. On y a entendu notamment la conseillère administrative Sandrine Salerno expliquer les raisons de l’engagement de la Ville pour cette minijupe: «D’une part, cette série reflète le caractère multiculturel de Genève, d’autre part elle participe à la déconstruction des stéréotypes.»

La justesse de cette dernière remarque se vérifie dès les deux premiers épisodes présentés ce soir-là. Voici Papa Kito, fonctionnaire international rescapé avec sa soeur Bernadette d’un contexte politique africain compliqué. Il vit à Genève avec sa jeune épouse africaine et la fille métisse qu’il a eue d’un premier mariage. Cette adolescente jouée par Naomie Dieudonné rêve d’assister au concert de Justin Bieber, vêtue comme ses copines d’une minijupe. Papa Kito (Philippe Liondjo) n’est pas d’accord et le fait savoir. Il n’est pas un mauvais père mais sa crainte qu’Annie «tourne mal» et rate ses études est la plus forte. Un souci que beaucoup de parents partagent, d’où qu’ils viennent et quel que soit leur profil.

Ainsi de scène en scène, avec humour et sans longueur, des particularités font ressortir des similitudes, permettant à tout un chacun de se projeter dans des personnages que la finesse du scénario met à l’abri de la caricature. Plusieurs parcours et plusieurs histoires s’entremêlent, offrant un panorama de notre société telle qu’elle est aujourd’hui. Il fallait un regard comme celui de Paulin Tadadjeu Dadjeu pour nous le montrer si bien. Benjamin Chaix

Créé: 04.12.2017, 17h44

Infobox

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.