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AstronomieUne exoplanète de l’étoile Beta Pictoris se dévoile un peu plus

Les chercheurs du Centre national de recherche scientifique ont pu mesurer pour la première fois la lumière émise par une exoplanète «proche» de la Terre.

PicSat a été lancé en 2018 par le PSLV du lanceur de l'agence spatiale indienne, pour observer le transit de la jeune exoplanète Beta Pictoris.
PicSat a été lancé en 2018 par le PSLV du lanceur de l'agence spatiale indienne, pour observer le transit de la jeune exoplanète Beta Pictoris.
AFP

Elle a été découverte il y a un an seulement, mais l’exoplanète Beta Pictoris c, à juste 63,4 années lumière de la Terre, se dévoile un peu plus avec la première mesure de sa lumière, indique le CNRS vendredi.

Elle avait fait la Une en août dernier quand sa présence a été détectée grâce à la méthode des vitesses radiales, c’est-à-dire en mesurant les petits déplacements qu’elle imprime à son étoile, Beta Pictoris, en orbitant relativement près autour d’elle.

Mais cette proximité, à environ 2,7 fois la distance séparant la Terre du soleil, empêchait de la voir avec les télescopes classiques, qui sont aveuglés par le rayonnement lumineux de son étoile.

Pour l’observer, les chercheurs du CNRS, de l’Observatoire de Paris et de plusieurs Universités françaises, avec leurs partenaires étrangers, ont utilisé les données de l’interféromètre Gravity, installé sur le Très grand télescope (VLT) au Chili, selon leur étude parue vendredi dans la revue Astronomy & Astrophysics.

«L’équipe de recherche internationale a pu capter pour la première fois la lumière émise par Beta Pictoris c», dit le communiqué. Et ce en pointant précisément les télescopes du VLT à l’endroit où les calculs permis par sa détection initiale le plaçaient.

«En effet Gravity est très sensible, mais son champ de vue est lui très réduit», note le communiqué.

«C’est la première fois qu’une observation directe d’exoplanète repose sur les données apportées par la méthode des vitesses radiales», ajoutent les chercheurs.

On connaissait la masse de Beta Pictoris c, environ 3.000 fois celle de la Terre, grâce à cette méthode. En la combinant avec sa luminosité, les scientifiques peuvent étudier les mécanismes de sa formation.

On la savait jeune, puis qu’appartenant à un système vieux de seulement 20 millions d’années, contre 4,6 milliards d’années pour notre système solaire.

L’étude confirme par exemple qu’elle se refroidit. Et les données récoltées vont pousser les chercheurs à comprendre pourquoi elle est six fois moins lumineuses que sa grande soeur, Beta Pictoris b, alors qu’elle a une masse très proche.

AFP/NXP