En France voisineUne députée de l’Ain tacle le sénateur qui a lancé la polémique sur l’essence
Olga Givernet, élue de l’Assemblée nationale, s’en prend à Loïc Hervé, qu’elle accuse d’avoir une vision caricaturale et clivante de la coopération transfrontalière qu’elle défend.

Un sénateur ne devrait pas dire ça. C’est ainsi que l’on pourrait résumer les réactions à la sortie de l’élu haut-savoyard, Loïc Hervé. Ses déclarations regrettant que la ristourne du gouvernement sur le prix de l’essence profite à d’autres, en l’occurrence les Suisses, plutôt qu’aux seuls ménages français modestes ne passent pas. Et pas seulement à Genève où le conseiller d’État, Mauro Poggia s’est empressé de se saisir du sujet pour reprocher aux voisins français de ne prendre en compte que ce qui leur profite.
Mais la polémique lancée par le sénateur français ne trouve pas que des critiques sévères à Genève. C’est Olga Givernet, députée de l’Ain qui tacle aujourd’hui son collègue de la Haute Assemblée, membre de l’UDI, parti allié des Républicains, dans un communiqué intitulé «Stop à la polémique sur l’essence».
Dans ce texte, l’élue constate d’abord que «tout au long du mois d’août, le sénateur de la Haute-Savoie Loïc Hervé a surfé sur une polémique qu’il a lui-même alimentée à l’envi, s’insurgeant contre nos voisins suisses qui viendraient creuser nos déficits publics en profitant de la différence avantageuse du prix à la pompe côté France… Et accusant au passage le gouvernement de n’avoir pas anticipé ce phénomène en instaurant cette mesure».

L’élue qui fait partie de la majorité présidentielle souligne que nombre de parlementaires du territoire se sont penchés sur le sujet dès la mise en place de la première ristourne de 18 centimes par litre. En connaissance de cause, le gouvernement comme le parlement n’ont pas souhaité remettre en question une mesure qui bénéficie à tous les Français, au simple prétexte que les Suisses ne sont pas des contribuables.
Certes, l’État n’a pas vocation à financer (ou plutôt à moins taxer) les résidents étrangers. Mais la frontière est
depuis toujours un lieu d’échanges où les habitants sont habitués à réaliser leurs achats de part et d’autre. Ce
qui pénalise peut-être la France ici, la favorise ailleurs et il en va de même pour la Confédération Suisse».
«Une image fausse, caricaturale, délétère»
Fort de ce constat, la députée regrette d’abord que la polémique lancée par le sénateur Hervé, loin de remédier au problème soulevé, a naturellement profité, en Suisse, aux populistes de tout poil, Mauro Poggia en tête, qui n’ont pas manqué de saisir cette perche tendue pour taper sur la France et les Français dans leur ensemble.
En France, au niveau national, Loïc Hervé, s’est «répandu dans la presse radio et télé, donnant des Suisses et des habitants de la frontière une image de nantis et de profiteurs de crise. C’est une image fausse, caricaturale et délétère qui est véhiculée par cette prise de position, qui omet les efforts conjoints et constants de la France et de la Suisse sur la question frontalière, particulièrement en matière fiscale (rappelons la Contribution Franco-Genevoise, la prolongation de l’accord sur le télétravail des frontaliers), et qui semble oublier tout le travail mené entre les élus et les administrations des deux pays avec amitié et bienveillance».
«Le Grand Genève, la vie frontalière et l’amitié franco-suisse ne sauraient être réduits à un débat stérile sur le prix de l’essence. Ce feuilleton n’aura permis qu’à exacerber les ressentiments et les préjugés de certains. À l’instar de sa sortie sur le pass sanitaire l’année dernière (laquelle n’avait pas davantage débouché sur quelque chose de concret), le Sénateur Loïc Hervé semble se complaire dans une dérive populiste qui semble si éloignée de sa famille politique d’origine».
Olga Givernet appelle enfin «les Français comme les Suisses à éviter ces tensions et ces discours clivants
qui ne profitent à aucun des deux pays, et encore moins à la région transfrontalière».
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