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Covid-19Une classe a été placée en quarantaine à l’école primaire de Laconnex

Le syndicat des maîtres déplore la difficulté de maintenir la distance de 1,50 m en classe et d’accéder aux masques.

Image d’illustration. Photo: Salvatore Di Nolfi
Image d’illustration. Photo: Salvatore Di Nolfi
KEYSTONE

À Laconnex, les parents d’élèves de l’école primaire ont appris ce week-end qu’une classe a dû être fermée et les enfants placés en quarantaine jusqu’au 19 septembre inclus. Début septembre, 39 élèves d’une école versoisienne ont dû être confinés à domicile. Pour autant, le Département de la santé se veut rassurant: les écoles, contrairement aux crèches il y a quelques semaines, ne connaissent actuellement pas de foyers épidémiques, indique son porte-parole, Laurent Paoliello. On enregistre néanmoins des cas tant chez les enseignants que chez des élèves.

À Laconnex, comme à Versoix, c’est l’enseignant qui a été testé positif. Dans les deux situations, les gestes barrières n’ont pas été appliqués à la lettre. «La distance de 1,50 m n’a pas été respectée et le maître ne portait pas de masque, rapporte Laurent Paoliello au sujet du cas à Laconnex. Comme il n’a pas été possible de déterminer précisément avec qui a eu lieu ce contact rapproché ni pendant combien de temps, nous avons décidé de placer toute la classe en quarantaine.» Du travail à effectuer à domicile est fourni aux enfants, indique le Département de l’instruction publique. La tenue de cours en ligne, via webcam, est, elle, réservée au degré secondaire.

«Plan inadapté et inapplicable»

La présidente du syndicat des enseignants du primaire (SPG), Francesca Marchesini, regrette qu’on puisse tenir les professeurs pour responsables de ne pas avoir appliqué des mesures qu’elle qualifie d’«inadaptées». La Fédération des enseignants genevois a d’ailleurs déploré, la semaine passée «l’exposition et l’identification publiques du personnel scolaire, ainsi que la diffusion de communications qui semblent laisser entendre des manquements dans l’application des mesures et consignes sanitaires de sa part». Pour Francesca Marchesini, «il faut être clair: le plan sanitaire est inapplicable et incohérent. Lorsqu’on fait de l’appui scolaire, qu’on travaille dans l’enseignement spécialisé ou avec des tout-petits entre autres exemples il est impossible de maintenir la distance de 1,50 m et ce n’est d’ailleurs pas forcément souhaitable.»

Il faudrait porter un masque dans ces situations. Et c’est là que le bât blesse, selon elle: «Nous n’avons pas reçu automatiquement des masques, contrairement aux enseignants du secondaire II. Si nous en voulons, nous devons en demander à la direction. Dans certains établissements, il faut même remplir une fiche et justifier ou motiver le besoin. C’est problématique. On peut en avoir besoin en urgence, chacun devrait pouvoir être équipé systématiquement.»

Notion de «contact étroit» floue

La notion de «contact étroit» pose aussi problème. L’Office fédéral de la santé publique la définit par le fait d’avoir été «à moins de 1,5 mètre pendant plus de quinze minutes (en une fois ou cumulées)» d’un malade. «Cela a pu prêter à confusion, reconnaît Laurent Paoliello. En réalité, dès le moment où la distance ne peut pas être respectée, il faut porter un masque. Cette notion de quinze minutes est un élément d’appréciation destiné aux autorités sanitaires pour déterminer s’il faut placer ou non un contact en quarantaine. Ce n’est pas un outil à disposition des gens, on ne peut pas dire qu’on peut passer quatorze minutes près d’une personne sans masque sans risquer de contaminer ou de l’être. Il suffit parfois de quelques secondes. Mais plus le contact est long, plus la probabilité d’une infection sera élevée.»