Passer au contenu principal

Double explosion à BeyrouthLe gouvernement libanais décrète l'état d'urgence pour deux semaines

Fin de notre direct. La double explosion survenue mardi a fait au moins 113 morts et plus de 4000 blessés.

LIVE TICKER FIN DU LIVE

L'essentiel en bref
  • Une double explosion a frappé la capitale du Liban, mardi 4 août en fin de journée, faisant au moins 113 morts et 4'000 blessés, selon un dernier bilan du ministère de la santé. Mercredi, des dizaines de personnes étaient encore portées disparues.

  • Un incident dans un bâtiment contenant une cargaison de 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium serait à l’origine de la double explosion, ont déclaré les autorités libanaises. Trois jours de deuil national ont été décrétés par le premier ministre, qui a promis que les responsables de la catastrophe devront « rendre des comptes ».

  • De nombreux pays ont proposé de l’aide au Liban, notamment la Suisse qui, par le biais de l'Aide humanitaire de la Confédération, examine la possibilité d’envoyer sur place une assistance humanitaire. Le Département fédéral des affaires étrangères va détacher sur place jeudi matin une équipe d’experts afin de soutenir son ambassade à Beyrouth, qui a subi d'importants dégâts.

La diaspora libanaise a réclamé également des comptes

«Il n'y a pas de mots», lance Hazaa Khalil, propriétaire d'un restaurant à Londres. «Nous avons déjà assez souffert: la pandémie de coronavirus, les gens qui meurent de faim, notre argent bloqué à la banque (...) Et maintenant, nous devons gérer un désastre. Personne n'est tenu pour responsable, ni les politiciens ni le gouvernement».

«Cette tragédie est une preuve de plus de l'incompétence de la classe politique qui a gouverné le Liban depuis plusieurs décennies», s'indigne Antoine Fleyfel, philosophe et théologien franco-libanais, vivant en France.

La mairie de Tel-Aviv s'illumine aux couleurs du Liban

La métropole israélienne Tel-Aviv a illuminé mercredi soir son hôtel de ville aux couleurs du drapeau libanais en solidarité avec le pays du Cèdre, toujours techniquement en état de guerre avec Israël.

En soirée, la large façade de la mairie s'est illuminée de deux barres rouges ceinturant un cèdre vert sur fond blanc, alors que des Israéliens se rassemblaient à proximité sur la place Rabin en solidarité envers le Liban, a constaté un photographe de l'AFP.

Craintes pour la sécurité alimentaire

Après les explosions mortelle mardi dans le port de Beyrouth, qui ont aussi éventré les silos de céréales, l'Agence des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) craint «à brève échéance, un problème de disponibilité de farine».

«J'ai reçu un très court message du responsable de la FAO à Beyrouth: en effet on craint qu'une grande quantité des réserves de blé sur le port ait été affectées ou détruites par l'explosion. Les stocks sont gravement endommagés» a déclaré le responsable des urgences de la FAO, joint par l'AFP depuis Paris mercredi matin.

Une autre source onusienne a confirmé à l'AFP dans l'après-midi que le silo national libanais avait été «complètement détruit» dans l'explosion, et que les réserves de grains qu'il contenait étaient désormais «inutilisables» pour la consommation.

La Tour Eiffel sans lumière à partir de minuit à Paris

La Tour Eiffel va être éteinte à partir de ce mercredi soir à minuit pour rendre hommage à toutes les victimes de la double explosion qui a ravagé Beyrouth la veille, peut-on lire sur le compte Twitter de la maire de la capitale française, Anne Hidalgo.

Attentat Hariri: le verdict reporté

Le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) a annoncé mercredi reporter la lecture du jugement dans le procès de quatre hommes accusés d'avoir participé en 2005 à l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, suite aux explosions qui ont ravagé Beyrouth mardi.

L'annonce du verdict, prévue vendredi, est reportée au 18 août «par respect pour les innombrables victimes», a déclaré le tribunal basé aux Pays-Bas dans un communiqué.

AFP
Le bilan s'alourdit: 135 morts

Le bilan de l'explosion qui a dévasté mardi le port de Beyrouth s'est alourdi à 135 morts et près de 5000 blessés, a annoncé mercredi le ministre libanais de la Santé cité par la chaîne de télévision al-Manar. Plusieurs dizaines de personnes sont toujours portées disparues, a-t-il précisé.

L'aide internationale commence à arriver au Liban
  • Quelques heures après le drame, le Premier ministre libanais Hassan Diab avait lancé un «appel urgent à tous les pays amis et aux pays frères».

  • Le Koweït a fait état mercredi de l'arrivée au Liban d'un avion contenant de «l'aide médicale», alors que les hôpitaux, déjà éreintés par la crise économique et la pandémie de nouveau coronavirus, ont été submergés par les victimes.

  • Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a lui annoncé ouvrir un hôpital de campagne dans la capitale libanaise.

  • Le président français Emmanuel Macron avait dit la veille sur Twitter qu'un détachement de la sécurité civile et «plusieurs tonnes de matériel sanitaire» serait envoyés au Liban. La France, ancienne puissance mandataire, a ainsi acheminé mercredi de l'aide par trois avions.

  • La Suisse va envoyer jeudi matin une équipe d'experts à Beyrouth.

  • Un responsable de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Michael Ryan a affirmé que l'institution onusienne avait «commencé à expédier des kits de traumatologie et de chirurgie depuis l'entrepôt régional de Dubaï».

Macron au Liban jeudi

Une enquête à été ouverte mercredi en France par le parquet de Paris pour «blessures involontaires», après les explosions qui ont ravagé Beyrouth, où le président français Emmanuel Macron est attendu jeudi. «Un premier décompte permet d'identifier 21 personnes de nationalité française blessées dans l'explosion», a indiqué le parquet de Paris dans un communiqué.

Nouveau bilan: 113 morts

Au moins 113 personnes ont péri dans l'explosion dévastatrice au port de Beyrouth et des dizaines sont portées disparues, selon un nouveau bilan fourni mercredi par le ministre de la Santé, Hamad Hassan.

L'énorme déflagration survenue mardi soir a aussi fait 4000 blessés. «Il y a certainement encore (des victimes) sous les décombres et nous recevons des dizaines d'appels pour des disparus», a-t-il précisé à des journalistes, en marge d'une réunion du gouvernement.

Une équipe d'experts suisses au Liban

La Suisse va envoyer jeudi matin une équipe d'experts au Liban afin de soutenir son ambassade à Beyrouth. Un avion doit décoller de Berne-Belp avec à son bord une dizaine de personnes, dont des ingénieurs, spécialistes en infrastructures, un conseiller en sécurité, un logisticien, un responsable de télécommunications et une psychologue.

Ces personnes viendront soutenir l'équipe de l'ambassade dans ces différents domaines, a indiqué mercredi le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). La représentation diplomatique a subi d'importants dégâts. Légèrement blessée, l'ambassadrice de Suisse va bien, compte tenu des circonstances, et reprend le travail mercredi.

L'état d'urgence décrété à Beyrouth

Le gouvernement libanais a décrété «un état d'urgence dans la ville de Beyrouth pendant deux semaines», a annoncé en conférence de presse la ministre de l'Information, Manal Abdel Samad, précisant qu' «un pouvoir militaire suprême sera immédiatement chargé des prérogatives en matière de sécurité».

La justice alertée à six reprises, affirme le directeur des douanes

«Nous avons alerté la justice à six reprises sur la dangerosité de stockage du nitrate d'ammonium au port. En vain», affirme à L'Orient-Le Jour le directeur des douanes. «Chaque carton qui est entreposé relève de la responsabilité de la direction du port» de Beyrouth, explique Badri Daher.

L'épouse de l'ambassadeur néerlandais au Liban gravement blessée

Le ministère néerlandais des Affaires étrangères a indiqué mercredi que l'épouse de l'ambassadeur des Pays-Bas à Beyrouth, Jan Waltmans, a été gravement blessée à la suite de la double explosion qui a ravagé mardi la capitale libanaise. Un porte-parole du ministère a précisé qu'elle a été hospitalisée. Il a également ajouté que quatre autres personnes avaient été blessées à l'intérieur des locaux de l'ambassade, situé dans le quartier d'Achrafieh, particulièrement touché et qui a subi de gros dommages.

La catastrophe de trop

Pour des Libanais, exsangues, qui assistaient impuissants à l'effondrement économique et social de leur pays, les explosions dévastatrices du port de Beyrouth mardi sont la catastrophe de trop.

Depuis plusieurs mois déjà, un nombre toujours croissant de Libanais frappés par le naufrage économique se tournaient vers les organisations humanitaires, dont les services étaient essentiellement dédiés aux près de deux millions de réfugiés syriens ou palestiniens vivant dans le pays.

Le port de Beyrouth n’est plus opérationnel

Selon une source au port de Tripoli du quotidien libanais L'Orient-Le Jour, «le port de Beyrouth n’est plus opérationnel et ne le sera plus pendant un moment». «Les dégâts sont encore en train d’être évalués, mais les destructions sont énormes, que ce soit sur les quais, au niveau des bâtiments ou encore au niveau du système informatique. La direction du port de Beyrouth est totalement dépassée», témoigne-t-elle.

Une commission d’enquête indépendante réclamée

Les représentants des syndicats de toutes les professions des secteurs sanitaire et médical au Liban ont appelé mercredi les dirigeants à former une «cellule d'enquête indépendante» pour définir qui sont les responsables de la double explosion qui a ravagé Beyrouth mardi et fait une centaine de morts et plus de 4000 blessés.

Pénurie de farine

Les silos, qu'on distingue nettement sur les images du port dévasté, ont été gravement détruit par les déflagrations. Ils contenaient d'importantes quantités de farine et de grains qui pourraient venir à manquer à très court terme.

«Le Liban importe 80% de sa nourriture», a expliqué à l'AFP Maya Terro, fondatrice de «Food Blessed», une ONG libanaise qui distribue des aides alimentaires. Le port était la principale porte d'entrée des importations.

L'Agence des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation, la FAO, craint «d'avoir à brève échéance un problème de disponibilité de farine pour le pays».

«J'ai reçu un très court message du responsable de la FAO à Beyrouth: en effet on craint qu'une grande quantité des réserves de blé sur le port aient été affectées ou détruites par l'explosion. Les stocks sont gravement endommagés» a déclaré le responsable des urgences de la FAO, Dominique Burgeon, joint par l'AFP depuis Paris.

L'inflation des produits alimentaires de base avait déjà grimpé en flèche au Liban, touché par une profonde dépression économique, atteignant les 109% entre septembre et mai, selon le Programme Alimentaire mondial (PAM), autre agence de l'ONU.

Les forces de sécurité intérieure chargées de l'enquête

Le procureur général de la République libanaise, Ghassan Oueidate, a demandé mercredi aux forces de sécurité intérieure de mener les enquêtes nécessaires afin de déterminer les circonstances et les responsabilités de la double explosion au port de Beyrouth.

Ghassan Oueidate, dans une commission rogatoire, a indiqué qu'il demandait aux enquêteurs de «transmettre tous les rapports et documents liées au stockage de matières explosives dans l'entrepôt où l'explosion a eu lieu, d'identifier les responsables de leur stockage, de leur protection ainsi que les personnes chargées de la maintenance de l'entrepôt»

AFP/ATS/Clément Bonard/AE/Lucie Monnat