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Emirats arabes unisUne Britannique accuse de viol le ministre émirati de la Tolérance

Alors qu’elle préparait un festival littéraire à Abou Dhabi, Caitlin McNamara, 32 ans, affirme avoir été conduite dans une villa et agressée sexuellement par le ministre Moubarak al-Nahyane.

La jeune femme affirme avoir été agressée sexuellement par  Moubarak al-Nahyane, 69 ans, ministre de la Tolérance et membre de la richissime famille royale régnante d’Abou Dhabi.
La jeune femme affirme avoir été agressée sexuellement par Moubarak al-Nahyane, 69 ans, ministre de la Tolérance et membre de la richissime famille royale régnante d’Abou Dhabi.
KEYSTONE

Une Britannique, qui organisait un festival littéraire aux Emirats arabes unis, affirme dimanche dans le journal The Sunday Times avoir été agressée sexuellement en février à Abou Dhabi par le ministre émirati de la Tolérance, qui a démenti.

Dans une luxueuse villa

Interrogée par l’AFP, la police britannique a expliqué avoir été contactée le 3 juillet par une femme «pour signaler un viol». Elle a été entendue pour «cette infraction qui aurait eu lieu en février 2020 (...) en dehors du Royaume-Uni», a-t-elle précisé.

Le Sunday Times relaie dans le détail dimanche le témoignage de cette femme, Caitlin McNamara, 32 ans, qui préparait le lancement du festival littéraire Hay aux Emirats arabes unis.

SMS et relevés téléphoniques à l’appui, elle affirme avoir été conduite, le soir du 14 février, dans une luxueuse villa où l’attendait Moubarak al-Nahyane, 69 ans, ministre de la Tolérance et membre de la richissime famille royale régnante d’Abou Dhabi.

Elle pensait y parler de l’organisation du festival, auquel devaient participer de grands noms de la littérature. Mais selon elle, le cheikh a rapidement commencé à lui infliger des attouchements avant de l’agresser sexuellement sur un lit où il l’avait poussée.

Sollicité pour un commentaire par l’AFP, le ministère émirati n’a pas donné suite.

«Un odieux abus de confiance»

Cité par le Sunday Times, le cabinet d’avocats Schillings, qui représente le ministre, a «démenti». «Notre client est surpris et attristé par cette accusation, qui survient huit mois après l’incident présumé et par l’intermédiaire d’un journal national», a-t-il ajouté.

Caitlin McNamara explique être finalement parvenue à se dégager et à regagner son hôtel avant de fuir vers Dubaï, mais avoir reçu, dans les jours qui ont suivi, de nombreux SMS et appels de la part du ministre.

A Dubaï, elle a signalé les faits aux services consulaires britanniques le 16 février. Elle est ensuite partie à Oman avant de rentrer à Londres début mars.

Dans une déclaration transmise à l’AFP, la présidente du festival Hay, Caroline Michel, a estimé que l’agression présumée constituait «un odieux abus de confiance».

«Comme nous l’avons fait dès le départ, nous apportons tout notre soutien et notre assistance à Caitlin pour que son affaire soit portée devant la justice et que justice lui soit rendue», a-t-elle ajouté, soulignant que le festival ne retournera pas à Abou Dhabi «tant qu’il restera en poste».

AFPE/NXP