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Encre bleueUne barrière en plus...

LAURENT GUIRAUD

Après les fameux «gestes barrière» est venu le temps des barrières tout court. La suite logique au grand repli que nous opérons ces temps-ci, la faute à qui vous savez.

À la nuit tombée, qui nous tombe dessus chaque soir un peu plus tôt, le pouls de la ville et des alentours bat désormais au ralenti. Les bistrots et leurs enseignes sont éteints; les vitrines des commerces jugés non indispensables peu ou pas éclairées; les devantures de cinéma ne diffusent plus grand chose, comme celles des théâtres, des lieux de réunion ou de fête.

Les trottoirs sont arpentés par quelques piétons clairsemés. Des jeunes qui passent avec des cartons pizza à la main, en quête d’un banc public pour aller les manger au frais. Des touristes égarés. Des promeneurs de chiens.
Bonjour tristesse, comme disait l’autre.

Notez que ce grand repli chez soi correspond aussi à l’arrivée des premiers frimas. Quoi de plus normal que de vouloir se lover au chaud dans sa tanière, pour autant qu’on en ait une, afin d’y être à l’abri? Sauf que rien n’est plus normal aujourd’hui.

«Une barrière en plus, c’est un risque en moins», claironne ainsi une grande affiche placardée dans les rues. C’est la nouvelle campagne des milieux de santé publique pour inciter la population au vaccin contre la grippe.
Après la toux dans le coude, la distance sociale, le port du masque et les mains propres, place donc à la piqûre. Nous sommes décidément gâtés!

Sauf que, là, ce n’est pas obligatoire. Ou pas encore. Qui sait ce qu’au nom de la lutte contre la pandémie nous serons bientôt amenés à faire?

Mais Julie, tu dérailles? C’est contre la grippe, ce vaccin! Merci, j’avais compris. Mais ce qui nous semblait impensable hier est arrivé. Autant se demander déjà comment réagir, le moment venu.

7 commentaires
    Céline Medani

    Bravo Julie! Ça fait du bien de vous lire, on se sent moins seule... Dingue!?!?! Vous n'avez pas été censurée ? Ou diagnostiquée "complotiste"? :-)