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CoronavirusUn vaccin contre le Covid-19 bientôt testé à Genève

Les premiers tests précliniques seront réalisés sur des souris dans les semaines à venir.

L’élaboration de ce vaccin est le fruit d’une collaboration des HUG avec l’Université de Genève, le Centre de recherche en infectiologie de l’université Laval de Québec et MaxiVAX, société genevoise spécialisée dans les biotechnologies.
L’élaboration de ce vaccin est le fruit d’une collaboration des HUG avec l’Université de Genève, le Centre de recherche en infectiologie de l’université Laval de Québec et MaxiVAX, société genevoise spécialisée dans les biotechnologies.
Keystone

Un vaccin contre le SARS-CoV-2, à l’origine de la maladie du Covid-19, développé à Genève sera testé sur des souris ces prochaines semaines. Si les résultats sont positifs, des essais cliniques pourraient être rapidement menés, ont annoncé les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) ce mardi 2 juin.

L’objectif affiché de tout vaccin est de créer une «mémoire» immunologique afin d’éviter au patient, lors d’un nouveau contact avec un virus ou une bactérie, que ceux-ci ne se développent en maladie. «Si le système immunitaire a déjà pu préparer les armes nécessaires, cela lui permettra d’agir plus vite», résume Nicolas Mach, médecin-adjoint responsable dunité au Département d’oncologie des HUG. Ce vaccin contre le SARS-CoV-2 se compose de deux éléments. Le premier: une cible. Soit, dans ce cas-ci, une partie du virus. «C’est une constituante visible par le système immunitaire et qui va donc permettre l’activation de celui-ci, explique le professeur. Elle se présente notamment sous forme de petits morceaux d’ADN.» À cela s’ajoute la seconde composante du vaccin: un immunostimulateur. Les morceaux d’ADN sont intégrés dans des cellules enveloppées dans une membrane semi-perméable, avant d’être injectés dans le patient afin de diffuser en continu une substance désirée – ici le virus. Ce procédé est baptisé l’encapsulation cellulaire. «Cela sert à renforcer la réponse immunitaire, dans le but de développer davantage d’anticorps et de lymphocytes spécifiques.»

Cette technologie fait déjà l’objet de tests cliniques de phase II menés par les HUG dans le domaine de l’immunothérapie des cancers. Les informations de sécurité et d’efficacité cliniques déjà obtenues dans les études d’immunothérapie anticancéreuse permettront d’ailleurs d’accélérer le développement du vaccin et de passer plus rapidement en phase de test clinique. «Nous devrions pouvoir établir en quelque six semaines si les souris ont développé ou non des anticorps spécifiques. Si ces essais se montrent concluants, nous pourrions espérer démarrer les tests cliniques début 2021. Mais il y a encore beaucoup d’inconnues pour préciser un véritable calendrier.»

Ce vaccin est mis au point en collaboration avec la Faculté de médecine de l’Université de Genève (UNIGE), le Centre de recherche en infectiologie de l’Université Laval de Québec et MaxiVAX, société genevoise spécialisée dans les biotechnologies.