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Prochaine directrice générale de l’OMCUn titre de CH Media sur Ngozi fâche Genève internationale

Plus de 120 ambassadeurs et responsables d’organisations internationales dénoncent dans une lettre un article traitant de «grand-mère» la première femme à la tête de l’OMC.

Ngozi Okonjo-Iweala entame lundi son mandat à Genève (archives).
Ngozi Okonjo-Iweala entame lundi son mandat à Genève (archives).
KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

La Genève internationale en veut à CH Media après le titre controversé sur la prochaine directrice générale de l’OMC Ngozi Okonjo-Iweala. Plus de 120 ambassadeurs, numéros deux ou patrons d’organisations internationales se sont plaints dans une lettre au groupe.

Dévoilée vendredi soir par l’ambassadrice autrichienne Elisabeth Tichy-Fisslberger, qui a présidé le Conseil des droits de l’homme de l’ONU l’année dernière, celle-ci reproche aux journaux alémaniques du groupe un article «dégradant» pour la Nigériane et pour l’Organisation mondiale du commerce (OMC). D’abord ciblé sur les réseaux sociaux, le titre qui parlait «d’une grand-mère» à la tête de l’institution a ensuite provoqué une colère internationale.

Dans une autre lettre révélée cette semaine, plusieurs hautes dirigeantes africaines de l’ONU avaient accusé le groupe de «racisme» et de «sexisme» contre celle qui deviendra lundi la première femme et la première Africaine à la tête de l’OMC. L’ambassadeur britannique auprès de l’OMC avait lui aussi déploré une discrimination.

La Suisse prudente

De son côté, la Suisse reste prudente face aux journaux alémaniques, rappelant les libertés fondamentales et celle des médias. Dans la lettre dévoilée vendredi soir, les signataires, parmi lesquels plusieurs disent être des grands-mères, alertent aussi sur les effets d’un tel article pour elle.

«Considérez-vous que présenter des personnalités internationales dans des termes plutôt péjoratifs et rabaissants constitue un soutien utile à la politique très engagée de la Suisse comme Etat-hôte ?», demandent-ils au groupe de médias. Face aux critiques outrées par la formulation dans ses journaux, dont l’Aargauer Zeitung ou la Luzerner Zeitung, celui-ci s’était rapidement excusé et avait modifié son article en ligne.

CH Media avait exclu toute motivation raciste derrière ce titre. «En lisant le texte, on s’en rend compte», avait souligné le directeur éditorial du groupe, Pascal Hollenstein, cité par le site spécialisé persoenlich.com. Ministre nigériane à plusieurs reprises, «Dr Ngozi», comme elle souhaite être appelée, a également oeuvré au sein d’organisations internationales.

ATS

22 commentaires
    Jean-Louis E.

    Dans ce concert de louanges unanimes j’aimerais avoir un peu l’avis de journalistes d’investigation nigérians pour nous dire si elle est aussi fabuleuse que cela. Je me méfie toujours des publi reportages et des écrits hagiographiques.