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Lettre du jourUn soutien pour les entreprises

keystone

Genève, 7 novembre

Avec la pandémie du Covid-19, les mesures sanitaires nécessitent de fermer des entreprises ou interdire des activités économiques. Rien à redire!

Par contre, certains politiques s’insurgent que l’État n’ait pas assez de moyens pour soutenir l’économie ou que la Berne fédérale soit trop pingre avec Genève… Ils clament que la situation économique intenable des magasins nécessite que l’on revoie les décisions dans le sens d’une réouverture des activités…

Mais, si l’on souhaite être cohérent et donc efficace avec la pandémie, il faut que l’État intervienne et ne recule pas devant ces demi-mesures proposées. En effet, le virus n’a que faire des états d’âme de la population, des patrons ou politiciens!

Bien évidemment, il faut beaucoup d’argent… Or il serait temps justement de le chercher là où il se terre, soit en s’attaquant à la fiscalité!

Premièrement, l’optimisation fiscale doit être mise à contribution en guise de solidarité.

Pour rappel, il existe de nombreux dispositifs légaux pour réduire les impôts des personnes physiques, morales et entreprises. En particulier par une délocalisation des charges déductibles de l’impôt dans un pays à forte fiscalité et par un transfert d’un maximum de produits dans un pays à la fiscalité faible, voire nulle (de grandes sociétés ne payent aucun impôt). De plus, des cantons avec des charges fiscales très faibles et des communes genevoises avec un centime additionnel très bas y participent!

Deuxièmement, il faut s’attaquer aux paradis fiscaux. Pour exemple, aux Seychelles, l’impôt sur les bénéfices est de 0% pour les IBC, il n’y a pas de TVA, pas d’impôt anticipé sur les dividendes, pas de taxe professionnelle, etc. Entre 2015 et 2019, au moins 31 banques européennes réalisaient des opérations dans des paradis fiscaux et 32 dans des États membres de l’UE comme l’Irlande, le Luxembourg et Malte, dont 29 déclaraient des bénéfices élevés dans des pays où elles n’employaient en réalité aucun personnel.

En conclusion, des sommes gigantesques peuvent être mises à disposition des entreprises, sans diminuer le salaire des employés ou diminuer les impôts, tout en assurant la solidarité fiscale!

Séverin Brocher