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L’éditorialUn seul juge au final: le peuple

Dans la grande Genferei de l’affaire Maudet, le procès du magistrat et de ses quatre coaccusés constitue une genevoiserie à lui tout seul. Un conseiller d’État en exercice sur le banc des accusés, de surcroît en pleine campagne électorale… On ne s’étonnera pas, après cela, que nos compatriotes helvétiques trouvent les mœurs politiques du bout du lac légèrement exotiques.

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Qu’apportera ce procès? Il pourrait éclairer les mécanismes ayant conduit un magistrat à se faire offrir un somptueux voyage en famille et des fonctionnaires à valider l’ouverture d’un bar en un temps record. Ces pratiques sont-elles propres aux accusés, ou s’agit-il d’un système plus général et plus ancien?

On pourrait également sortir des audiences avec une notion plus claire de l’«acceptation d’un avantage», infraction que le Parquet reproche à l’ancien PLR. Les politiciens reçoivent souvent des cadeaux et des invitations. À partir de quand accepter ces attentions devient-il illégal?

Le volet pénal ne représente qu’un élément dans une affaire où s’imbriquent la politique, la morale et l’argent.

Il y a, enfin, l’influence que le verdict exercera sur la campagne électorale. C’est finalement le point qu’il faut considérer avec le plus de détachement. Parce que le volet pénal ne représente qu’un élément dans une affaire où s’imbriquent la politique, la morale et l’argent. Et parce qu’un jugement ne doit pas déterminer un choix électoral. Que Pierre Maudet soit acquitté ou non, le peuple devra se prononcer sur une question bien plus large: compte tenu de ce que l’on sait des huit candidates et candidats, en qui avons-nous confiance pour renforcer le Conseil d’État et sortir Genève de la crise?

Chacune et chacun devra se poser cette question avant de voter. Si le procès peut jouer un rôle dans l’appréciation finale, il ne doit pas la dicter. En démocratie, il n’y a qu’un seul juge: le peuple.

19 commentaires
    Lance A

    Je persiste dans mon sentiment que la TDG roule pour Maudet. J'ai même failli verser une larme quand on raconte (dans l'autre article) comment Maudet voulait sauver le tourisme des Émirats pour le bien de Genève. Évidemment, ce n'est pas la TDG qui va questionner l'aspect immoral du régime emirati et ce que ça implique comme compromission. Pour moi le fond de cette affaire est là, des réseaux qui ne pensent qu'au fric, et qui ne trouvent même plus anormal de recevoir des cadeaux somptueux.