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Commentaire sur l’e-IDUn refus logique, mais qui ne résout rien

La population suisse dit non au projet d’identité électronique. Cela devrait inciter l’État à définir les bases de son rapport au numérique.

Quand il y a trop d’incertitudes, les Suisses disent généralement non dans les urnes. Le refus d’une identité électronique – certes garantie par l’État mais fournie par des privés – découle sans doute de ce réflexe. Le projet de loi, trop vague, ne disait pas combien coûterait l’e-ID, ni même si elle allait s’imposer sur le marché. Il ne donnait pas non plus toutes les garanties nécessaires concernant l’utilisation des métadonnées. Le rapport à internet suscite sans surprise plus de méfiance que d’optimisme béat.

Les autorités helvétiques restent médiocres en matière de numérique. Mais au fond, le retard de la Suisse que Karin Keller-Sutter a volontiers reconnu dans cette campagne ne se résorbera pas uniquement en mettant sur les rails un nouveau projet d’identité électronique.

«Le retard de la Suisse – que Karin Keller-Sutter a volontiers reconnu dans cette campagne – ne se résorbera pas uniquement en mettant sur les rails un nouveau projet d’identité électronique.»

Dossier électronique du patient, vote électronique, cybersécurité: les dossiers en souffrance sont nombreux. Le numérique restera le parent pauvre de la politique suisse tant qu’il sera considéré comme un domaine transversal dans l’administration. Aujourd’hui, tout le monde s’en occupe un petit peu mais personne n’en est vraiment responsable.

Il demeurera en retrait tant qu’il n’y aura pas de volonté claire d’affecter un cadre, une réflexion et des moyens à ces révolutions technologiques qui bouleversent nos vies: quel rôle la Confédération veut-elle jouer dans l’encadrement d’internet? Quelle protection souhaite-t-elle assurer aux citoyens dans leur vie numérique? Et aux entreprises, soumises à des cyberattaques de plus en plus nombreuses? Et quelles opportunités?

Ces questions sont brûlantes. Personne ne semble vouloir vraiment les empoigner. Il serait pourtant nécessaire aujourd’hui de poser les bases du rapport souhaité entre l’État et la vie citoyenne électronique – pourquoi pas par le biais d’un article constitutionnel – pour avancer.

6 commentaires
    Mendriziotto

    Madame. Jamais je n'accepterais ça pourquoi, Une émission viens de passer sur l'espionnage de l'Amérique, nos banques, nos industries, Alors c'est toujours non,