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Un recours in extremis pour sauver le ciné Plaza

Le groupe Facebook «Touchez pas au Plaza» a prodigué des conseils juridiques aux recourants.
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Le délai de recours contre la démolition du cinéma Plaza arrivait à échéance hier soir. Il ne devait plus y avoir aucun suspense dans cette affaire, puisque la Ville de Genève annonçait vendredi qu'elle renonçait à toute poursuite juridique. C'était sans compter le coup de théâtre de l'Association de sauvegarde de la salle de Saugey. Son président, le comédien José Lillo, affirme que cinq de ses membres viennent d'envoyer un recours. Pourquoi si tard? «Notre association est trop jeune pour être reconnue comme légitime pour recourir. Nous comptions sur la Ville, en vain. Nous ne savions pas jusqu'à maintenant que le recours peut être adressé par un citoyen si l'affaire représente une nuisance à ses intérêts supérieurs.» Ce sont donc des cinéastes, des voisins et des politiciens qui montent au créneau en leur nom propre, sans avocat, et pour des motifs différents. A l'aide, notamment, de conseils juridiques distillés sur le groupe Facebook «Touchez pas au Plaza». Le réalisateur Laurent Nègre plaide «un amoindrissement conséquent des possibilités dont je dispose pour montrer mes films», tandis que le député Vert Roberto Broggini, voisin du cinéma, fait valoir les «nuisances» qu'il subirait en cas de travaux.

La Ville a renoncé à recourir, estimant ses chances de succès «nulles» au vu de «l'historique juridique» qui n'a jamais permis de faire classer la salle. Alors quels sont les arguments chocs de ces citoyens recourants? «Le cœur du problème juridique repose sur la rentabilité ou non de l'exploitation du cinéma, reprend José Lillo. Pour démontrer qu'il n'est pas rentable, la société propriétaire s'appuie sur un rapport écrit par son ancien gérant, ce n'est pas crédible! Ce rapport est imprécis, il y a des erreurs de chiffres, certains sont artificiellement gonflés. Nous demandons un réexamen sérieux des possibilités d'exploitations du cinéma.» L'écrivain Paule Mangeat renchérit: «Pour qu'un repreneur fasse une offre concrète, il faut annuler cette autorisation de démolir. Tant qu'elle est pendante, aucun investisseur ne s'y risquera.»

Le conseiller municipal socialiste Pascal Holenweg, lui aussi recourant, accuse le Conseil administratif: «Sachant qu'une pétition et une motion sont en cours de traitement sur ce sujet, la Ville aurait dû émettre un recours provisoire le temps que le Conseil municipal s'en empare, quitte à le retirer par la suite.» Sophie Simon