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L’éditorialUn message brouillé et masqué

Genève le 29.11.2018, Tribune de Genève, Frédéric Julliard (Rédacteur en chef) © Georges Cabrera
Genève le 29.11.2018, Tribune de Genève, Frédéric Julliard (Rédacteur en chef) © Georges Cabrera
TDG

Devra-t-on obligatoirement porter un masque pour prendre le bus ou le tram à Genève? C’est le souhait du conseiller d’État Mauro Poggia. Le propos du magistrat MCG surprend à plus d’un titre. Les experts genevois et ceux de la Confédération ont quand même expliqué au bon peuple, au plus fort de la pandémie, à quel point les masques constituaient une mauvaise solution. On les disait même dangereux en cas d’utilisation incorrecte. Les voilà soudain devenus indispensables! Ce revirement renforce l’idée que les discours négatifs sur les masques servaient surtout à… masquer la vérité gênante de leur pénurie et de notre impréparation.

Lire notre sujet: Mauro Poggia veut imposer le masque dans les bus

Obliger tous les usagers des transports à se masquer dénote par ailleurs une prudence et une sévérité surprenantes de la part d’un élu qui, responsable de la police et de l’ordre public, a toléré une manifestation réunissant plus de 10’000 personnes, en violation évidente des normes sanitaires.

Enfin, au moment où l’État tente d’encourager le retour dans les transports publics pour éviter un engorgement automobile généralisé, le message risque de refroidir les usagers, en assimilant le bus à un «attrape-virus».

Bien sûr, la situation inédite que nous vivons n’offre pas de solutions simples. Prises entre la nécessité de relancer l’activité économique et le besoin de protéger la population contre une seconde vague épidémique, les autorités marchent sur un fil.

Mais on peut s’étonner des incohérences du message délivré par le Canton. Si le virus reste répandu et dangereux, si une deuxième vague menace, d’accord pour les masques obligatoires. Mais il fallait alors interdire la manifestation géante du 9 juin.

À force de modifier ses recommandations selon le thème du moment, le gouvernement risque de ne plus être entendu par les Genevois.