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Encre bleueUn jeûne très chocolaté

SABINE PAPILLOUD

Non mais on se pince. Ils sont déjà là! Qui ça? Les lapins de Pâques, pardi. C’est dire s’ils sont fâchés avec le calendrier! Pâques, c’est dans six semaines. Ce qui nous porte à début avril, quand les terrasses des restaurants nous accueilleront de nouveau à bras ouverts, si l’on en croit les promesses de Berne.

Élisabeth, qui a l’œil pour ce genre d’incongruité, a repéré ces léporidés chocolatés sur les rayons du géant orange le 11 février déjà. Soit un jour avant que les flocons ne viennent napper de blanc le paysage et faire souffler sur nos contrées un air venu d’ailleurs. Et deux jours avant le début des vacances de février, dites vacances de neige. Or donc, en plein hiver, ces friandises pascales patientent sagement sur les étals, tous frais sortis de leur terrier. Et cette exposition ne plaît pas du tout à la dame. «Non mais on rêve! s’agace la Genevoise. Encore une fois on va nous dire que ce sont les clients qui le deman­dent. Comme les fraises à Noël, les framboises et les myrtilles. On marche sur la tête!»

Parce qu’elle n’a rien demandé, pour les lapins en chocolat. Nous non plus. Particulièrement celles et ceux qui essaient de ne pas se vautrer dans les douceurs pour compenser la dureté des temps. Plus celles et ceux qui font léger par conviction. C’était hier le mercredi des Cendres. Soit le début du Carême, pour les personnes à qui cela parlerait encore. Et qui dit carême dit, notamment, jeûne alimentaire. Et comment tenir ces bonnes résolutions, six longues semaines durant, avec ces hordes de lapins en chocolat brun, blanc ou noir qui envahissent étals et présentoirs pour nous narguer avec leur joli petit minois à croquer?
Le jeûne va en pâtir, c’est sûr. Et certains vont empâter...