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Crise dans le domaine culturel Un hashtag et des lumières rouges pour sauver la culture

Initiée par quatorze associations, la campagne nationale #Cultureismyjob lance un appel aux soutiens financiers. En parallèle, le milieu organise une «Nuit des Lumières Suisse» le 22 juin.

Les professionnels de la culture publient des photos d’eux avec le hashtag #Cultureismyjob.
Les professionnels de la culture publient des photos d’eux avec le hashtag #Cultureismyjob.
DR

«Le 100% des contrats et des tournées sont annulés jusqu’en novembre au minimum», «Pas de perspective de reprise avant au mieux octobre et pas de retour à la normale avant 2021», «Zéro projet culturel depuis mars et ce jusqu’à nouvel avis (probablement pas avant fin de l’année). Perte partielle de salaire». Des chiffres, des faits, des constats bruts. Embaumés d’un spleen partagé: «Remise en question de l’importance et de la place de la culture dans notre société, déception de l’absence de soutien étatique, perte de motivation générale», lit-on sur le mur Facebook d’un jeune techniscéniste romand.

Brandissant le hashtag #Cultureismyjob, des milliers d’acteurs culturels suisses se sont joints à la campagne nationale initiée au début du mois par quatorze associations. Sur les réseaux sociaux, ils publient une photo d’eux avec le hashtag et décrivent leur situation, leurs craintes, mais aussi leur passion. Rassemblés sous une même bannière, ils entendent mettre en lumière les dizaines de milliers de professionnels de tous horizons (artistes, techniciens, artisans ou administrateurs), mais aussi le rôle et la mission de la culture dans l’économie et la société. Et lancent un appel conjoint à l’augmentation et au prolongement des indemnisations et aides financières. Leur mantra: «La culture est notre métier et nos métiers sont en danger.»

Car le microcosme culturel déchante depuis plusieurs semaines. À la mi-mai, institutions et compagnies découvraient que les RHT ne seraient versées qu’au prorata de leur part non subventionnée. Dans la foulée, le Conseil fédéral annonçait la suppression des RHT pour les patrons et les apprentis dès la fin du mois de mai, et que le renouvellement tacite du droit aux APG devenait conditionnel et devrait faire l’objet de demandes spécifiques. Certains, coincés sous une épée de Damoclès, attendent une décision qui tarde à venir. D’autres n’ont pas reçu un sou, ou des sommes si minimes qu’ils se retrouvent au bord du gouffre. Plusieurs entreprises de l’événementiel vivent, ou plutôt survivent, sous la menace permanente d’une faillite. Le gouvernement a certes annoncé de nouveaux soutiens à venir. Mais l’urgence, c’est maintenant, martèlent les acteurs du monde culturel.

«Nuit des Lumières»

En parallèle, une action symbolique joliment baptisée «Nuit des Lumières», se prépare au niveau national. Le 22 juin, les acteurs culturels sont invités à parer les locaux de leurs entreprises, bureaux ou institutions d’éclairages rouges, de 22 h à minuit. «Lorsque les bâtiments de toute la Suisse brilleront de rouge, nous montrerons combien nous sommes réellement. Nous attirerons l’attention sur notre situation très tendue», souligne artos, Association des professionnels de la scène culturelle romande, relayant la démarche commencée par SVTB – ASTT, Association suisse des techniciens de théâtre et de spectacle.

En revanche, artos et SVTB – ASTT demandent à leurs membres de ne pas se joindre à des manifestations non autorisées. Les appels commencent à fleurir sur les réseaux: «Nous avons appris par divers canaux que certains groupes de personnes ont l’intention de «sortir dans la rue» cette semaine, indique artos dans un communiqué. Concrètement, il est prévu d’installer des banderoles devant l’espace de l’Expo de Berne pour attirer l’attention sur notre branche.» Les deux associations invitent à la prudence: «À ce stade, il est important de garder la tête froide même si les émotions prennent parfois le dessus, et de nous demander si un rassemblement non autorisé est la bonne façon d’attirer l’attention.»